50 ans, tou­jours pu­ceau

LE LAURÉAT, PAR MIKE NICHOLS. CO­MÉ­DIE DRA­MA­TIQUE AMÉ­RI­CAINE, AVEC DUSTIN HOFFMAN, KATHARINE ROSS, ANNE BANCROFT (1H46, 1967).

L'Obs - - CRITIQUES - N. S.

La tête à claques de Dustin Hoffman, les jambes d’Anne Bancroft, cou­gar avant l’heure, le sou­rire de Katharine Ross, les chan­sons de Si­mon et Gar­fun­kel et les af­fé­te­ries ins­pi­rées de Mike Nichols : on ne pré­sente plus ce car­ton em­blé­ma­tique de la fin des six­ties et d’une gé­né­ra­tion en butte aux hy­po­cri­sies de l’Amé­rique conser­va­trice. A l’ori­gine, le film de­vait être in­ter­pré­té par Robert Red­ford. Trop mûr et sé­duc­teur pour Mike Nichols, qui lui pré­fé­ra Dustin Hoffman – âgé de 30 ans alors que son per­son­nage en a 21. Son rôle d’étu­diant pu­ceau pro­mis à un brillant ave­nir, qui couche avec Mrs. Ro­bin­son, la femme du pa­tron de son père, puis tombe amou­reux de sa fille, a lan­cé la car­rière de l’ac­teur et inau­gu­ré l’ère des stars an­ti-gla­mour, celle des Pa­ci­no, De Ni­ro et Gene Ha­ck­man. « Le Lauréat », qui fête ses 50 ans, a bien vieilli. Le re­voir au­jourd’hui, en co­pie res­tau­rée, per­met de réa­li­ser à quel point le ci­né­ma in­dé­pen­dant amé­ri­cain de ces vingt der­nières an­nées, de « Gar­den State » à « Boy­hood », n’a ces­sé de bi­be­ron­ner à sa source.

Katharine Ross et Dustin Hoffman.

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