En­tre­tien « Le FN de Ma­rine Le Pen, c’est le pays de Oui-Oui. » Par l’his­to­rien Ni­co­las Le­bourg

Par son re­fus du dé­bat et de l’au­to­cri­tique, la pré­si­dente du par­ti est res­pon­sable de la crise ac­tuelle, ana­lyse l’his­to­rien Ni­co­las Le­bourg, spé­cia­liste de l’ex­trême droite et au­teur d’un livre sur les nu­mé­ros deux du FN

L'Obs - - Sommaire - Propos recueillis par MA­RIE GUICHOUX

Le règne de Flo­rian Phi­lip­pot, comme numéro deux du Front national, est-il ter­mi­né?

La ques­tion est ou­verte, même si la tra­di­tion au Front national est de ti­rer sur le numéro deux plu­tôt que sur le numéro un. Au­jourd’hui, l’équi­libre des pou­voirs est in­stable et Ma­rine Le Pen ne doit qu’à el­le­même de se re­trou­ver dans cette si­tua­tion. Elle a don­né à Phi­lip­pot plus de pou­voir que n’en ont ja­mais eu les nu­mé­ros deux dans l’his­toire du FN. A son ar­ri­vée, l’énarque était nu. Elle lui a don­né la stra­té­gie, l’im­plan­ta­tion, le porte-pa­ro­lat qua­si mo­no­po­lis­tique dans les mé­dias. Si elle avait été une femme po­li­tique co­hé­rente et ra­tion­nelle, pour l’avoir à sa botte, elle ne l’au­rait pas lais­sé consti­tuer des rap­ports de force per­son­nels et pla­cer ses hommes par­tout. Or, elle a fait l’exact in­verse. Plu­sieurs fois, elle s’est mise en dan­ger pour le pro­té­ger, ce qui est éton­nant. En sanc­tion­nant So­phie Mon­tel, la numéro deux du numéro deux, elle a ex­po­sé ses dif­fi­cul­tés dans le ma­na­ge­ment du par­ti. Mais comme per­sonne n’ira lui dire qu’elle doit pas­ser la main, alors que beaucoup y pensent à la suite de son dé­bat face à Macron, ce sont les oreilles de Phi­lip­pot qui sifflent.

N’a-t-il pas aus­si com­mis des er­reurs?

Au mo­ment des dé­par­te­men­tales et des ré­gio­nales, Phi­lip­pot veut re­jouer la sé­quence qui a va­lu à Ma­rine Le Pen son suc­cès lors des eu­ro­péennes de 2014. La

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