Mes­guich se livre

ES­TUAIRES, PAR DA­NIEL MES­GUICH GAL­LI­MARD, 608 P., 32 EU­ROS.

L'Obs - - Lire - JACQUES NERSON

Quand Mi­chel Cour­not écri­vit dans « le Monde », en 1973, que Da­niel Mes­guich al­lait re­nou­ve­ler de fond en comble l’art de la mise en scène, lui ren­dit-il ser­vice ? Pas sûr. Pour un jeune homme de 21 ans, tout juste sor­ti du Con­ser­va­toire, se voir pro­cla­mé l’es­poir du théâtre fran­çais était un lourd far­deau. Som­mé d’éton­ner sans cesse, le sur­doué est sou­vent tom­bé dans la sur­en­chère. N’em­pêche qu’il a fait une car­rière flam­boyante. A pré­sent que son étoile a un peu pâ­li, l’an­cien en­fant pro­dige réunit des textes de cir­cons­tance. Les cailloux du Pe­tit Pou­cet. On peut pen­ser qu’il a tort de fer­railler contre la cri­tique de « Té­lé­ra­ma » qui le trouve « as­sa­gi », contre Al­fred Simon et Georges Lié­bert, deux his­to­riens du théâtre qui ne placent pas son tra­vail as­sez haut à son gré, ou contre les élèves du Con­ser­va­toire qui exigent – et ob­tien­dront – son dé­part, aux­quels il ré­pond par qua­rante pages pleines d’in­vec­tives. Mais quand il ne se dresse pas sur ses er­gots, quand il ra­conte son en­fance al­gé­roise ou com­mente son bien-ai­mé Sha­kes­peare, il sait se mon­trer pas­sion­nant. On rap­porte une belle pêche de ces « Es­tuaires ».

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