L’oa­sis De­la­croix

MAU­RICE DE­NIS ET EU­GÈNE DE­LA­CROIX, DE L’ATE­LIER AU MU­SÉE. MU­SÉE EU­GÈNE-DE­LA­CROIX, PA­RIS-6E, 01-44-41-86-50. JUS­QU’AU 28 AOÛT.

L'Obs - - Sortir - BER­NARD GÉNIÈS

Ce fut le der­nier ate­lier de De­la­croix (1798-1863). Près de soixante-dix ans après sa mort, le peintre Mau­rice De­nis et quelques autres en­tre­prirent de sau­ver cette de­meure qui me­na­çait de dis­pa­raître. Pe­tit pro­blème : toutes les oeuvres de l’ar­tiste, ain­si que ses biens, avaient été dis­per­sées dès 1864. Plu­sieurs col­lec­tion­neurs furent donc sol­li­ci­tés, par­mi eux le ba­ron Vit­ta (qui fit don de plu­sieurs ta­bleaux du peintre) ou le gra­veur Etienne Cour­nault (il don­na au mu­sée des ob­jets rap­por­tés par De­la­croix de son sé­jour au Ma­roc en 1832). Mau­rice De­nis joua un grand rôle dans cette mo­bi­li­sa­tion qui al­lait permettre d’ou­vrir au pu­blic cet ate­lier dé­sor­mais ap­pe­lé Mu­sée Eu­gène-De­la­croix. Ses ta­bleaux et ses des­sins, les toiles de ses ad­mi­ra­teurs (Emile Ber­nard, Paul Gau­guin, Paul Cé­zanne et, bien en­ten­du, Mau­rice De­nis) font re­vivre l’éclo­sion de cette char­mante de­meure pa­ri­sienne que l’on vi­site au­jourd’hui sans omettre de faire quelques pas dans son mi­ra­cu­leux jar­di­net plan­té d’oeillets d’Inde, de sauge, de ro­siers et d’un fi­guier. Der­rière les mu­railles de Pa­ris, c’est une oa­sis où il est bon, l’été, de ve­nir re­prendre son souffle.

« Apo­théose de De­la­croix » (1894), de Paul Cé­zanne (mu­sée d’Or­say).

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