10 choses à sa­voir sur… Yaël Braun-Pi­vet

Dé­pu­tée LREM des Yve­lines, cette ex-avo­cate di­rige la com­mis­sion des Lois, dé­fend le texte sur la mo­ra­li­sa­tion et dé­couvre les joies de la po­li­tique

L'Obs - - Sommaire -

1 MI­CRO

La vi­déo, da­tée du 19 juillet, a fait le tour du web. Ce jour-là, Yaël Braun-Pi­vet pré­side en com­mis­sion des Lois les dé­bats sur la loi de mo­ra­li­sa­tion. Ou­bliant que le mi­cro du vice-pré­sident est ou­vert, elle laisse échap­per sa co­lère : « At­tends, on a une res­pon­sable de texte qui est in­exis­tante, c'est comme si elle était à Nou­méa sur une chaise longue… Et on a un groupe qui dort, qui ne sait pas mon­ter au cré­neau, qui est vau­tré. » Ex­pli­ca­tion : les élus ma­cro­nistes semblent vou­loir ex­pé­dier les tra­vaux au plus vite et la dé­pu­tée des Yve­lines a le sen­ti­ment de se re­trou­ver seule au front. « Je ne me sen­tais vrai­ment pas sou­te­nue. Je ne jette pas la pierre à mon groupe mais il faut qu’on trouve notre place. »

2 TOMBEUSE

Pour en­trer à l’As­sem­blée, l’ex-avo­cate de 46 ans a réus­si à faire plier Jacques Myard. Cet in­dé­crot­table dé­pu­té LR des Yve­lines quitte le Pa­lais-Bour­bon après vingt-quatre ans de bons et loyaux ser­vices. Une dé­faite qu’il ne di­gère tou­jours pas. « Je ne connais pas cette dame », ré­pond-il avant de rac­cro­cher. Puis de rap­pe­ler pour plai­der qu’il n’a « pas été bat­tu par elle, mais par Ma­cron ». Un peu des deux, as­su­ré­ment.

3 IN­AT­TEN­DUE

Yaël Braun-Pi­vet n’est que la deuxième femme à ac­cé­der à la tête de la com­mis­sion des Lois sous la Ve Ré­pu­blique – vingt ans après Ca­the­rine Tas­ca. Elle est aus­si la pre­mière no­vice à oc­cu­per un tel poste, ha­bi­tuel­le­ment ré­ser­vé aux vieux rou­tiers de la po­li­tique. La dé­pu­tée n’avait pour­tant pas les fa­veurs de l’Ely­sée : « Je n’avais de re­la­tions spé­ciales avec per­sonne, j’ai pré­sen­té mon par­cours et été élue. Pour une fois, ce n’est ni un ami, ni un “pres­sen­ti” et je trouve ça bien! »

4 CA­NARD

« J’es­père que vous n’al­lez pas en ra­jou­ter! », confie-t-elle quand « l’Obs » l’ap­pelle. No­vice, mais dé­jà pru­dente, car elle a été échau­dée par « le Ca­nard en­chaî­né ». L’heb­do­ma­daire a rap­por­té qu’elle en­ten­dait s’oc­cu­per de ses en­fants le mer­cre­di. Faux, jure-t-elle. Elle au­rait aus­si de­man­dé quand étaient vo­tés les dé­crets… qui ne sont pas vo­tés mais pris par le gou­ver­ne­ment. « Je ne sau­rais pas ce qu’est un dé­cret? Mais on ap­prend ça en pre­mière an­née de droit! »

5 JALOUSÉE

Son poste lui vaut cri­tiques et ja­lou­sies. « Elle est un peu juste pour pré­si­der une telle com­mis­sion, ba­lance en pri­vé un de ses membres. On la sent friable et pas sûre de ses ar­gu­ments. » Beau­coup, comme le LR Sé­bas­tien Huy­ghe, la soup­çonnent d’avoir été « bom­bar­dée là pour son pro­fil, c’est-à-dire la pa­ri­té, et le pré­ten­du par­cours d’avo­cat, alors qu’elle n’a pas exer­cé de­puis quinze ans! » Ré­ponse de l’in­té­res­sée : « J’ai dé­jà connu ces pro­cès en in­com­pé­tence pen­dant la cam­pagne. Mais je me sens lé­gi­time à ma place. »

6 ROBE NOIRE

Née à Nan­cy, Yaël Braun-Pi­vet a étu­dié le droit à la fa­cul­té de Nan­terre puis est en­trée au bar­reau de Pa­ris. Elle exerce sept ans, d’abord en tant qu’avo­cate en droit pé­nal dans le ca­bi­net ré­pu­té d’Her­vé Te­mime, puis dans son propre ca­bi­net avec deux as­so­ciés à Neuilly.

7 TAIPEI

« Mais c’est où, ça? » Voi­là sa ré­ac­tion quand son ma­ri, cadre chez L’Oréal, lui an­nonce qu’ils partent vivre à Taipei (la ca­pi­tale de Taï­wan). L’avo­cate lâche son mé­tier et prend ses trois en­fants sous le bras en 2003. Deux ans après, re­be­lote, cette fois-ci pour cinq ans à To­kyo, où elle a deux autres en­fants et s’es­saie à la po­li­tique comme tré­so­rière de la sec­tion PS. La fa­mille vi­vra en­suite deux ans au Por­tu­gal, avant de ren­trer en France en 2012.

8 RES­TOS DU COEUR

« Bé­né­vole à plein­temps » aux Res­tos du Coeur à son re­tour en France, l’ex-ju­riste di­rige un centre à Chan­te­loup-les-Vignes, puis pi­lote la créa­tion d’un autre à Sar­trou­ville dans les Yve­lines. En col­la­bo­ra­tion avec le bar­reau, elle lance le ré­seau « ac­cès à la jus­tice », des consul­ta­tions gra­tuites d’avo­cats dans les centres d’ac­cueil.

9 MAR­CHEUSE

Elle as­siste aux pre­mières réunions d’En Marche! et adhère à l’au­tomne der­nier. « Dans le cadre d’un par­ti tra­di­tion­nel, je ne vois pas com­ment j’au­rais pu exis­ter », dit-elle. Quand elle ap­prend qu’il est pos­sible de dé­po­ser un dos­sier pour ob­te­nir l’in­ves­ti­ture du par­ti, elle dé­pose le sien le len­de­main.

10 AFFAMÉE

On la joint alors qu’elle saute sa pause dé­jeu­ner entre deux réunions. « J’ai l’ha­bi­tude. De­puis que je suis à la com­mis­sion des Lois, je dé­jeune un jour sur trois! » Pour ré­pondre à ses dé­trac­teurs, elle se sur­charge de tra­vail. « Je prou­ve­rai que je suis bien à ma place. Ac­tuel­le­ment je ne peux pas faire plus, je suis à l’as­sem­blée six jours sur sept… » Quant à ses cinq en­fants : « Je ne les vois plus. Mais ils me disent : “Ma­man, tu t’es oc­cu­pée de nous pen­dant des an­nées. Vas-y, c’est su­per ce qui t’ar­rive!” »

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