La pho­to de la se­maine

L'Obs - - Sommaire - RO­NAL­DO SCHEMIDT / AFP

Au Ve­ne­zue­la, Ca­ra­cas est di­vi­sée en deux par­ties : l’une où l’on ne voit au­cune ma­ni­fes­ta­tion contre le gou­ver­ne­ment, et l’autre qui est le théâtre de tous les af­fron­te­ments entre les forces de sé­cu­ri­té et l’op­po­si­tion. Le jour où j’ai pris cette pho­to, l’at­mo­sphère était très ten­due. Le face-à-face, qui a du­ré plu­sieurs heures, s’est dé­rou­lé sur deux pâ­tés de mai­sons. De nom­breux jeunes s’étaient or­ga­ni­sés. De­vant eux, il y avait des cen­taines de po­li­ciers et de gardes na­tio­naux équi­pés de mo­tos, de bou­cliers et de vé­hi­cules blin­dés. Pour se pro­té­ger, les ma­ni­fes­tants avaient dres­sé une grande bar­ri­cade, avec du bois, des pneus, de la fer­raille et des gra­vats. La garde na­tio­nale a fi­na­le­ment réus­si à les re­pous­ser. De­puis le toit d’une mai­son aban­don­née, plu­sieurs jeunes ont at­ta­qué les forces de sé­cu­ri­té avec des cock­tails Mo­lo­tov et des pierres. Sur une mai­son, de l’autre cô­té de la rue, un ma­ni­fes­tant avait ce « lan­ce­ro­quettes ». Les po­li­ciers pen­saient avoir réus­si à dis­per­ser les op­po­sants, mais ils ont été at­ta­qués par sur­prise et ont dû se mettre à l’abri. J’ai pris une pho­to à ce mo­ment-là, dans le chaos des pierres et des gaz la­cry­mo­gènes. Mais j’ai dû fuir, car la po­lice, en guise de re­pré­sailles, a aus­si at­ta­qué la presse et les se­cou­ristes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.