Eloge du cé­li­bat

DES FEMMES RE­MAR­QUABLES, PAR BAR­BA­RA PYM, TRA­DUIT DE L’AN­GLAIS PAR SA­BINE PORTE, BEL­FOND, 316 P., 17 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - VÉ­RO­NIQUE CASSARIN-GRAND

Comme celle de Jane Aus­ten, l’oeuvre ro­ma­nesque de Bar­ba­ra Pym (1913-1980) [en 1979, pho­to] s’est at­ta­chée à « ceux qui ne sont rien », pour re­prendre une ré­cente ex­pres­sion ma­cro­nienne. Sa car­rière lit­té­raire, qui a connu une éclipse de 1963 à 1977 parce que son édi­teur avait re­fu­sé un de ses ro­mans ju­gé « old fa­shio­ned », l’a contrainte à exer­cer un tra­vail ali­men­taire à l’In­ter­na­tio­nal African Ins­ti­tute, ce qui ex­plique son ap­proche an­thro­po­lo­gique de la classe moyenne bri­tan­nique dont elle dé­crit avec iro­nie les moindres dé­tails de la vie quo­ti­dienne. La nar­ra­trice, Mil­dred La­th­bu­ry, une jeune cé­li­ba­taire, consacre sa vie aux bonnes oeuvres de sa pa­roisse tout en conve­nant que « la ver­tu est certes chose ad­mi­rable, mais par­fois un tan­ti­net dé­pri­mante ». L’ar­ri­vée dans son im­meuble de He­le­na Na­pier, an­thro­po­logue, et de son ma­ri, o cier de ma­rine au charme ra­va­geur, va sou­mettre Mil­dred à la ten­ta­tion de mettre fin à son cé­li­bat. Mais est-ce bien rai­son­nable? « Peut-être vaut-il mieux s’abs­te­nir de cher­cher dé­li­bé­ré­ment l’âme soeur, ne pas se lan­cer en quête d’un fian­cé comme d’une cas­se­role ou d’une mar­mite. » Il est si fa­cile de se mé­prendre sur la qua­li­té.

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