Eloge du por­cisme

LE PUR­GA­TOIRE, PAR CHUCK PALAHNIUK, TRA­DUIT PAR HÉ­LOÏSE ESQUIÉ, SONATINE, 400 P., 20 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - AR­NAUD GON­ZAGUE

La boîte mail de l’en­fer est « @au­tre­monde.en­fer ». On le sait, puisque c’est de là que Ma­di­son Spen­cer, 13 ans, une fillette obèse, aso­ciale et su­prê­me­ment in­tel­li­gente, nous ra­conte ses aven­tures et sou­ve­nirs, à nous « les pré-morts ». Ma­di­son a suc­com­bé à un mys­té­rieux « scé­na­rio d’as­phyxie éro­tique » et a été di­rec­te­ment ex­pé­diée chez Ha­dès. Pour­quoi ? Peut-être parce que, de son vi­vant, elle a fait tour­ner en bour­rique ses pa­rents en te­nant, à leur in­ten­tion, un faux jour­nal in­time zoo­phile (cette zoo­phile-là ne s’en­seigne pas dans les écoles vé­té­ri­naires) ? Ou bien, pour avoir en­voyé son grand-père ad patres en lui fra­cas­sant le zi­zi avec un vo­lume de Dar­win ? En tout cas, un soir d’Hal­lo­ween, elle re­vient han­ter notre monde et dé­couvre que sa mère, une ac­trice bo­boïs­sime, a in­ven­té en son hon­neur une nou­velle re­li­gion, le por­cisme, dans la­quelle il faut pé­ter, se cu­rer le nez et se sa­luer en di­sant : « Mange ta merde, torche-cul. » On l’au­ra com­pris : la so­brié­té n’est pas le fort de Chuck Palahniuk (pho­to), au­teur du culte « Fight Club » (1996). Son écri­ture, tape-àl’oeil et d’une grin­çante drô­le­rie, croque très bien les ma­rottes d’une Amé­rique com­plè­te­ment fol­dingue.

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