Lit­té­ra­ture Si noire Amé­rique

BRIT BENNETT a 27 ans, COLSON WHITEHEAD, 47, et JOHN EDGAR WIDEMAN, 76 : ces écri­vains de trois gé­né­ra­tions ra­content la dif­fi­cile éman­ci­pa­tion des Noirs aux Etats-Unis. “L’Obs” les a ren­con­trés

L'Obs - - SOMMAIRE - Par DI­DIER JA­COB

ÉCRIRE POUR SAUVER UNE VIE, par John Edgar Wideman, tra­duit de l’an­glais par Ca­the­rine Ri­chard-Mas, Gal­li­mard, 224 p., 20 eu­ros. LE COEUR BAT­TANT DE NOS MÈRES, par Brit Bennett, tra­duit de l’an­glais par Jean Esch, Au­tre­ment, 345 p., 20,90 eu­ros.

UNDERGROUND RAILROAD, par Colson Whitehead, tra­duit de l’an­glais par Serge Chau­vin, Al­bin Mi­chel, 416 p., 22,90 eu­ros.

Co­ra fuit. Cette jeune esclave, qui a en­du­ré les pires sé­vices dans une plan­ta­tion de co­ton gé­rée d’une main de fer par la fa­mille Ran­dall, en Géor­gie, se laisse convaincre par Cae­sar, esclave comme elle, de prendre la poudre d’es­cam­pette. Mais les obs­tacles sont nom­breux et les dan­gers, om­ni­pré­sents. Les pro­prié­taires blancs font ré­gner la ter­reur par­mi leurs es­claves afin que l’idée même de se faire la belle ne leur ef­fleure pas l’es­prit. Co­ra et Cae­sar sont donc ac­ti­ve­ment re­cher­chés, si­tôt leur dis­pa­ri­tion dé­cou­verte, et leur fra­gile exis­tence, mise à prix. Un chas­seur d’es­claves, Rid­ge­way, se lance à leurs trousses avec d’au­tant plus d’en­thou­siasme qu’il ne se re­met pas d’avoir lais­sé fi­ler la mère de Co­ra, qui avait éga­le­ment fui la plan­ta­tion. En at­tra­pant sa fille, il se ven­ge­ra de Ma­bel, et de tous les es­claves noirs, ces mi­grants du xixe siècle qui au­ront cher­ché à ga­gner une terre plus clé­mente – le nord des Etats-Unis.

Pour écrire son ro­man, Colson Whitehead, frin­gant écri­vain new-yor­kais qui vient de re­ce­voir le pres­ti­gieux prix Pu­lit­zer, s’est ins­pi­ré d’un fait his­to­rique : au mi­lieu du xixe siècle, un ré­seau clan­des­tin de pas­seurs s’était consti­tué pour ve­nir en aide aux fuyards ter­ri­fiés. An­ciens es­claves eux-mêmes ou sym­pa­thi­sants blancs, ces mi­li­tants de la li­ber­té, qui ris­quaient d’être lyn­chés par les pro­prié­taires su­distes, avaient ap­pe­lé leur or­ga­ni­sa­tion Underground Railroad. Il s’agis­sait, en réa­li­té, d’un ré­seau de planques amé­na­gées sou­vent dans des granges ou des gre­niers, à l’abri des re­gards. Le gé­nie de Colson Whitehead est d’avoir ima­gi­né qu’un vé­ri­table che­min de fer sou­ter­rain ache­mi­nait les es­claves vers le Nord. Quand elle aper­çoit, après avoir des­cen­du un es­ca­lier abrupt me­nant à un tun­nel se­cret, une lo­co fu­mante stop­per de­vant elle, Co­ra n’en croit pas ses yeux. Comme si le Pôle Ex­press était ve­nu la cher­cher pour par­tir à la ren­contre du Père Noël.

Si le livre de Whitehead a été ci­té par Ba­rack Oba­ma comme fi­gu­rant dans sa liste de lec­tures d’été en 2016, s’il a été re­com­man­dé par Oprah Win­frey, la pré­sen­ta­trice TV la plus connue au monde, et ré­com­pen­sé par le Na­tio­nal Book Award en plus du Pu­lit­zer, c’est sans doute à cause de son ef­fi­ca­ci­té re­dou­table, de ses per­son­nages cha­ris­ma­tiques et parce que le sus­pense ne fait, au fil du livre, qu’aug­men­ter avec les coups de théâtre. Pour­tant, John Edgar Wideman, re­mar­quable écri­vain et dis­tin­gué pro­fes­seur à Brown Uni­ver­si­ty, est loin de re­com­man­der la lec­ture du livre : « Avec mes étu­diants, dit-il, nous au­rions fait tant de cor­rec­tions qu’il n’en se­rait pas res­té grand­chose. » Reste que le ro­man de Whitehead a eu le mé­rite de ra­fraî­chir la mé­moire du pu­blic amé­ri­cain : « Il y a eu des livres sur l’es­cla­vage, mais au­cun ro­man sur ce ré­seau clan­des­tin, ex­plique son au­teur. Et au­cun écri­vain blanc, chez nous, n’écri­rait sur le su­jet. » A la sor­tie du pre­mier ro­man de Whitehead, « l’In­tui­tion­niste » (pa­ru chez Gal­li­mard en 2003), l’icône de la lit­té­ra­ture blanche pro­tes­tante, John Up­dike, s’était pour­tant ex­ta­sié. Y a-t-il donc un apar­theid des su­jets de ro­man aux Etats-Unis ? Peut-être, mais Colson Whitehead ne s’en émeut pas plus que ça. Fan de mu­sique et de films d’hor­reur, ce qua­dra­gé­naire est un par­fait exemple de mé­tis­sage à la new-yor­kaise : non pas blanc et noir, mais classique et pop, in­fluent et co­ol. A l’écou­ter, la souf­france du peuple noir est plus un ma­té­riau fic­tion­nel qu’un mal­heur qu’il vi­vrait comme une tra­gé­die per­son­nelle.

De pas­sage à Pa­ris il y a quelques se­maines pour par­ti­ci­per au Week-End des Ecri­vains du Monde or­ga­ni­sé par le Co­lum­bia Glo­bal Cen­ters, John Edgar Wideman, qui vient de pu­blier « Ecrire pour sauver une vie », est né, lui, dans un ghet­to noir de Pitts­burgh il y a plus de soixante-dix ans. « Pitts­burgh était une ci­té in­dus­trielle, une ville d’émi­grants, ra­conte-t-il. Sa po­pu­la­tion était ori­gi­naire d’Eu­rope de l’Est, d’Al­le­magne et de Tché­co­slo­va­quie. Il y avait aus­si une forte im­mi­gra­tion afro-amé­ri­caine. Mon ar­rière-ar­rière-grand-père était un esclave. J’ai très vite pris conscience que j’étais dé­fa­vo­ri­sé, que j’étais un out­si­der, mais j’avais vu mes pa­rents se battre toute leur vie et j’étais prêt à en faire au­tant. Mon père était ser­veur, il avait aus­si tra­vaillé dans des chan­tiers na­vals, dans les mines de Penn­syl­va­nie. Il avait tou­jours deux bou­lots en même temps, parce que les Noirs tou­chaient des sa­laires de merde. Mes pa­rents voyaient que j’avais de la ju­geotte, mais ils m’ont très vite fait com­prendre que l’on cou­rait un dan­ger mor­tel à ex­pri­mer li­bre­ment ses opi­nions. »

Jeune ro­man­cière née en Ca­li­for­nie, Brit Bennett pu­blie un ro­man d’ini­tia­tion, son pre­mier, « le Coeur bat­tant de nos mères ». Elle ra­conte l’his­toire de Na­dia, une ado­les­cente noire de 17 ans qui flirte avec Luke, beau gosse pas très fute-fute et fils du pas­teur. Quand Na­dia tombe en­ceinte de Luke, elle dé­cide d’avor­ter, ce qui ne semble guère émou­voir ce­lui-ci : il s’éva­nouit dans la na­ture. Na­dia part étu­dier dans une grande uni­ver­si­té du Mi­chi­gan. A son re­tour, elle dé­couvre que sa meilleure amie d’en­fance, Au­brey, pro­jette de se ma­rier avec Luke. Rien de ca­tas­tro­phique, sauf qu’Au­brey ap­prend que Na­dia et Luke ont eu une liai­son, et que Na­dia, contre toute at­tente, a re­com­men­cé à cou­cher avec lui. « J’ai gran­di à Ocean­side, en Ca­li­for­nie, où le ro­man se dé­roule », ra­conte Brit Bennett, au­jourd’hui consi­dé­rée comme l’une des ro­man­cières les plus pro­met­teuses outre-At­lan­tique. « C’est une ville de bord de mer, non loin de San Die­go. C’est aus­si une ville de gar­ni­son, avec un ré­gi­ment de ma­rines. C’était un étrange mé­lange de far­niente et de ri­gueur mi­li­taire. Dans mon en­fance, j’ai été sous l’in­fluence de deux Eglises dif­fé­rentes – ca­tho­lique du cô­té de ma mère, née en Loui­siane, et pro­tes­tante du cô­té de mon père, na­tif de Los An­geles. » A l’âge de 8 ans, elle écrit des nou­velles, lit James Bald­win et To­ni Mor­ri­son. Comme l’hé­roïne de son livre, Brit Bennett se heurte, en ar­ri­vant à Ann Ar­bor, la grande uni­ver­si­té du Mi­chi­gan, au ra­cisme la­tent du mi­lieu aca­dé­mique. « Ça a été un choc pour moi. Il y avait de la neige, c’était une ville uni­ver­si­taire ma­jo­ri­tai­re­ment blanche. J’étais loin de ma zone de confort. Evi­dem­ment, le ra­cisme que j’ai pu ob­ser­ver là-bas n’a rien à voir avec ce­lui dont ma mère a souf­fert. Au­jourd’hui, c’est moins fron­tal. C’est plu­tôt une in­ter­ro­ga­tion qu’on se pose par­fois : est-ce que je rêve ou est-ce que je viens d’en­tendre des pro­pos ra­cistes ? C’est de la sé­gré­ga­tion pas­sive. »

JOHN EDGAR WIDEMAN : “MON AR­RIÈRE-AR­RIÈRE-GRAND-PÈRE ÉTAIT UN ESCLAVE”

BRIT BENNETT : “ON PEUT PAR­LER DE L’IDEN­TI­TÉ NOIRE DE MA­NIÈRE NOU­VELLE”

Contrai­re­ment à Brit Bennett, John Edgar Wideman n’a pas eu be­soin de se de­man­der s’il rê­vait, lors­qu’il était confron­té au ra­cisme or­di­naire de l’ins­ti­tu­tion aca­dé­mique. Quand en 1959 il in­tègre, neuf ans avant la mort de Mar­tin Lu­ther King, la pres­ti­gieuse uni­ver­si­té de Penn­syl­va­nie, « il y avait 3 000 étu­diants sur le cam­pus. Une dou­zaine seule­ment étaient noirs. Il y avait par­fois des ré­cep­tions mixtes. Quand je m’y pré­sen­tais, je dé­cou­vrais que la seule chose qui était mixte, c’était moi. Le seul étu­diant de cou­leur par­mi trois ou quatre cents élèves ! Il n’y avait qu’un prof noir dans mon dé­par­te­ment. Je l’évi­tais, parce que je vou­lais qu’on ou­blie la cou­leur de ma peau. Je m’en veux au­jourd’hui de ne pas l’avoir fré­quen­té da­van­tage, d’au­tant que j’ai dé­cou­vert qu’il était l’un des pre­miers membres de Pré­sence afri­caine [groupe fon­dé avec le sou­tien de Cé­saire, Sen­ghor, Ca­mus ou en­core Ri­chard Wright, NDLR]. Ce sont les deux vi­sages du ra­cisme – la vio­lence, se faire mo­les­ter dans la rue, et la peur, tour­ner le dos à ses maîtres, ses ré­fé­rences, ses va­leurs. »

C’est que le ra­cisme était alors la chose la plus com­mu­né­ment par­ta­gée du monde. « Il y avait une ligne jaune, ra­conte en­core Wideman. Vous sa­viez qu’en al­lant dans cer­tains res­tau­rants vous ne se­riez pas ser­vi. Vous sa­viez que vous ne pou­viez flir­ter avec une fille blanche. A toutes les étapes de ma sco­la­ri­té, j’ai connu le ra­cisme ins­ti­tu­tion­na­li­sé. Tout était fait pour me rap­pe­ler que j’étais un nègre. J’étais plu­tôt cos­taud, je jouais au bas­ket, mais j’avais peur. J’au­rais vou­lu être un fan­tôme, n’ap­par­te­nant à au­cune com­mu­nau­té. Je sa­vais que des forces que je ne contrô­lais pas pou­vaient me dé­truire ou dé­truire ma fa­mille. » Près d’un de­mi-siècle plus tard, l’os­tra­cisme dont souf­fraient les écri­vains noirs a vé­cu. An­cien élève de Har­vard, Colson Whitehead a en­sei­gné à Prin­ce­ton, Co­lum­bia, Hous­ton, à l’uni­ver­si­té de New York ou en­core au Hun­ter Col­lege. Wideman lui-même est pro­fes­seur eme­ri­tus à l’uni­ver­si­té Brown, dans le Rhode Is­land, l’une des plus pres­ti­gieuses aux Etats-Unis. Il a été deux fois lau­réat du Pen/Faulk­ner Award. Sans par­ler des vraies cou­leurs mul­ti­ra­ciales que la lit­té­ra­ture amé­ri­caine a prises ces der­nières an­nées, à la suite de To­ni Mor­ri­son ou d’Alice Wal­ker, avec no­tam­ment les nou­velles voix afroa­mé­ri­caines de Chi­ma­man­da Ngo­zi Adi­chie, de Ta-Ne­hi­si Coates ou de Te­ju Cole. « Ce n’est pas seule­ment une mode, ex­plique Brit Bennett. Ces écri­vains ont fait souf­fler un vent nou­veau sur le mi­lieu lit­té­raire amé­ri­cain. On peut par­ler de l’iden­ti­té noire de ma­nière nou­velle, et ça cap­tive tout le monde. » Même si, pour Brit Bennett, les cadres de l’in­dus­trie du livre aux Etats-Unis n’ont ja­mais ces­sé d’être ma­jo­ri­tai­re­ment blancs.

La tren­taine in­tel­lo, Uzoa­ma­ka Ma­du­ka a long­temps ani­mé une re­vue à la mode, « The Ame­ri­can Rea­der ». Pour elle, la lit­té­ra­ture amé­ri­caine, c’est sur­tout des his­toires de « mecs blancs dé­pri­mants ». Quant aux écri­vains is­sus de l’im­mi­gra­tion, ils souffrent, se­lon elle, d’être ca­ta­lo­gués d’en­trée de jeu. « Ce que tout le monde at­tend de vous, si vous avez

des ori­gines afro, c’est que vous ra­con­tiez, par exemple, votre his­toire ni­gé­riane – mais, à la longue, c’est tel­le­ment fa­ti­gant. » John Edgar Wideman se montre, de son cô­té, peu op­ti­miste quant à l’éclo­sion de nou­veaux ta­lents afro-amé­ri­cains dans la fic­tion amé­ri­caine ac­tuelle. Pour lui, la sé­gré­ga­tion per­siste dans les es­prits, et les his­toires ra­con­tées par les écri­vains noirs, Colson Whitehead en tête, ne font qu’en­tre­te­nir, dans une société in­trin­sè­que­ment blanche et ra­ciste, l’image tra­di­tion­nelle du nègre. « Ne croyez pas, ex­plique-t-il, que le ra­cisme soit de moins en moins un pro­blème en Amé­rique. Il n’y a ja­mais eu d’amé­lio­ra­tion, seule­ment des mou­ve­ments de ba­lan­cier. Tan­tôt ça va mieux, tan­tôt c’est pire. Comme en ce mo­ment, avec Trump. » Oba­ma ? C’est la pre­mière fois que Brit Bennett vo­tait quand il a été élu. « Je ne croyais pas vivre ça un jour. Et, quand c’est ar­ri­vé, j’ai tout de suite su que je ne connaî­trais cette joie qu’une seule fois dans ma vie. »

COLSON WHITEHEAD : “L’ES­CLA­VAGE N’EST PAS EN­SEI­GNÉ AUX ÉTATS-UNIS”

Dans « Ecrire pour sauver une vie », Wideman re­trace un fait di­vers qui a mar­qué l’his­toire de l’éman­ci­pa­tion : l’as­sas­si­nat, en 1955, d’Em­mett Till, un ado­les­cent noir tor­tu­ré par de jeunes Blancs, et je­té dans une ri­vière, alors qu’il sé­jour­nait dans le Mis­sis­sip­pi. La vi­sion de son crâne dé­fon­cé avait fait la une d’un ma­ga­zine de l’époque, « Jet », et cette image avait ter­ri­fié Wideman, tout comme elle avait se­coué l’Amé­rique tout en­tière. Dans son livre, Wideman ex­hume un autre fait tra­gique : l’exé­cu­tion som­maire pour viol, pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale, du père d’Em­mett, Louis Till, alors GI en Ita­lie dans les rangs de l’ar­mée amé­ri­caine. A une écra­sante ma­jo­ri­té, les GI exé­cu­tés en Eu­rope, pour des exac­tions di­verses, étaient noirs, note Wideman, qui a dé­dié son livre « à tous les pri­son­niers ». Quand on lui de­mande pour­quoi il n’a pas plu­tôt dé­dié son livre à son fils, qui a pas­sé vingt-cinq ans en pri­son pour avoir tué un ga­min blanc, il ne s’étend guère, comme s’il crai­gnait de s’at­ti­rer les foudres de l’Amé­rique blanche, alors que son fils vient de se voir fi­na­le­ment ac­cor­der une fra­gile li­ber­té. Comme s’il ne s’était ja­mais com­plè­te­ment af­fran­chi de sa peur.

Colson Whitehead a mis dix-sept ans avant de se dé­ci­der à écrire « Underground Railroad ». « A l’école, l’es­cla­vage n’est pas en­sei­gné aux Etats-Unis, ni dans le pri­maire ni dans le se­con­daire. En tout cas, j’étais per­sua­dé de­puis long­temps que ça fe­rait un bon su­jet de livre. Mais je n’étais pas prêt à l’écrire. Je cher­chais à l’évi­ter. Je tour­nais au­tour. » Whitehead a fi­ni en tout cas par se mettre à l’ou­vrage. Une sé­rie télé va suivre, adap­tée du livre et réa­li­sée par Bar­ry Jen­kins, le met­teur en scène de « Moon­light ». Ga­gne­ront-ils un Em­my Award ? Le di­ver­tis­se­ment, tou­jours le di­ver­tis­se­ment : Colson Whitehead a ap­pris à écrire en li­sant Ste­phen King, pas Frantz Fa­non. Et les BD de su­per-hé­ros qu’il dé­vo­rait dans son en­fance res­semblent à s’y mé­prendre à celles que li­sait n’im­porte quel ga­min blanc du Mid­west. Ain­si l’Amé­rique triomphe tou­jours, même si, se­lon Wideman, c’est tou­jours le « sale pays d’au­tre­fois ». En plé­bis­ci­tant « Underground Railroad », les lec­teurs amé­ri­cains ne se sont-ils pas, à bon compte, ache­té une conscience, quand les Noirs sont tou­jours les plus pauvres au pays du rêve ?

Né en 1941 à Wa­shing­ton, JOHN EDGAR WIDEMAN a gran­di à Ho­me­wood, le quar­tier noir de Pitts­burgh.

BRIT BENNETT a gran­di en Ca­li­for­nie. Les droits de son pre­mier ro­man ont été ache­tés par la War­ner et l’ac­trice Ker­ry Wa­shing­ton.

Né en 1969 à New York, COLSON WHITEHEAD a été jour­na­liste au « Vil­lage Voice ».

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