L’éter­nel re­tour des “six­ties”

MA­NÈGE, PAR DA­NIEL PAROKIA, BU­CHET-CHAS­TEL, 272 P., 16 EU­ROS.

L'Obs - - LIRE - VÉ­RO­NIQUE CASSARIN-GRAND

Da­niel Parokia (pho­to) ne manque pas d’élé­gance. Dès le pre­mier cha­pitre, il as­so­cie son lec­teur à la ge­nèse du pro­ta­go­niste de son ro­man : « Il au­rait sur­gi d’une grande ville de grand ma­tin. Ima­gi­nez un homme nuan­cé, y com­pris au plan ves­ti­men­taire. » Son nom est Mat­teo Bel­li­ni. En sor­tant de son bu­reau, il se fait ren­ver­ser par une au­to­mo­bile. Au vo­lant, Ma­thil­da d’En­cey, son pre­mier amour, qu’il avait failli épou­ser vingt-six ans plus tôt et qui file en lui lais­sant son nu­mé­ro de té­lé­phone. En at­ten­dant de la re­voir pour rem­plir le constat, Mat­teo se laisse ga­gner par les sou­ve­nirs de leur ren­contre, en 1964, dans la ban­lieue cos­sue de Lyon. Fas­ci­né par le style de vie de cette fa­mille de grands bour­geois qui l’avaient ra­pi­de­ment adop­té, Mat­teo était loin d’ima­gi­ner le piège qu’ils al­laient lui tendre et le dé­chi­re­ment de re­non­cer à Ma­thil­da qui s’en­sui­vrait. Parokia s’ins­pire de « l’Eter­nel re­tour » qu’il trans­pose dans la France des an­nées 1960 dont il ci­sèle avec une pointe de nos­tal­gie chaque dé­tail. On y en­ten­dait Gi­glio­la Cin­quet­ti, Ni­co­let­ta, Lu­cky Blon­do et Isa­belle Au­bret. On ral­liait Sa­na­ry-sur-Mer par la na­tio­nale 7 en Mor­gan rouge dé­ca­po­tée. La che­ve­lure des filles, « fla­ves­cente dans l’été nais­sant », s’en­vo­lait au rythme de twists en­dia­blés. Long­temps après, Mat­teo et Ma­thil­da peuvent-ils tout re­com­men­cer ?

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