Con­tre­coup de maîtres

AFTERMATH, PAR THE ROLLING STONES (UNI­VER­SAL/LE MONDE/TÉ­LÉ­RA­MA/L’OBS).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS ARMANET

Pour Noël 1965, les Beatles ont sor­ti « Rub­ber Soul » : leur pre­mier al­bum sans une seule re­prise, qua­torze chan­sons. Au même mo­ment, à Los An­geles, les Rolling Stones ex­pé­ri­mentent à leur tour en stu­dio nou­veaux sons et ins­tru­ments (et drogues). Le suc­cès de « Sa­tis­fac­tion » a don­né des ailes aux Glim­mer Twins. Au prin­temps 1966, « Aftermath », qu’on peut tra­duire par « Con­tre­coup » à l’al­bum de leurs frères en­ne­mis, est lui aus­si un chef-d’oeuvre (en qua­torze titres et en sté­réo). Les Stones roulent tout ter­rain : coun­try, folk, rhythm’n’blues, acid rock, pop, avec une te­nue de route ex­cep­tion­nelle. « La­dy Jane », bal­lade éli­sa­bé­thaine (Brian Jones au dul­ci­mer), un en­chan­teur « Mother’s Little Hel­per » (ri­va­li­sant avec « Paint it Black », qui le rem­place sur la ver­sion US), les tré­pi­da­tions d’« Un­der my Thumb » et, en apo­théose, la transe de « Goin’ Home », onze mi­nutes qui bous­culent tous les ca­nons de l’époque !

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