Femmes fa­tales

LES AMAZONES, PAR ADRIENNE MAYOR, LA DÉ­COU­VERTE, 562 P., 25 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - LAURENT LE­MIRE

Der­rière la lé­gende, en l’oc­cur­rence celle por­tée avec grâce de­puis des siècles par « l’Iliade », il y a tou­jours une pous­sière de vé­ri­té. Adrienne Mayor, de l’uni­ver­si­té de Stan­ford, est al­lée à la re­cherche des Amazones, ces guer­rières dont on dit qu’elles se cou­paient un sein pour mieux ti­rer à l’arc alors que toute l’his­toire de l’art vante leur fière et en­tière poi­trine. Où se si­tue donc la réa­li­té ? Sans doute plus à l’est si l’on en croit cette ex­plo­ra­tion sa­vante et cap­ti­vante. En s’ap­puyant sur les textes an­ciens, mais aus­si en exa­mi­nant les po­te­ries, les sculp­tures et les pein­tures qu’elle re­pro­duit dans son livre, elle montre qu’il y eut au nord de la mer Noire des tri­bus scythes où des femmes ne tuaient certes pas leurs en­fants mâles mais com­bat­taient à l’égal des hommes. Pour étayer cette hy­po­thèse, il a fal­lu l’ap­port de l’ana­lyse gé­né­tique. Car jus­qu’alors, lors­qu’on trou­vait un sque­lette avec des armes, les ar­chéo­logues consi­dé­raient qu’il s’agis­sait d’un homme… L’ex­tra­or­di­naire en­cy­clo­pé­die d’Adrienne Mayor dé­montre que c’était loin d’être tou­jours le cas. Ce qui n’ôte rien à la fas­ci­na­tion qu’exercent tou­jours ces dignes hé­ri­tières de Pen­thé­si­lée.

“Ama­zone bles­sée”, Franz von Stuck (1905).

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