II / JEN­NY'S / LOS AN­GELES

L'officiel Art - - Carambolages / Adn -

JU­LIEN CECCALDI

Ori­gi­naire de Mon­tréal et tra­vaillant au­jourd'hui à New York, Ju­lien Ceccaldi est un jeune ar­tiste d'un ta­lent ex­cep­tion­nel. Nous avons d'abord dé­cou­vert ses fan­zines au­toé­di­tés et les vê­te­ments peints à la main qu'il ven­dait sur son site In­ter­net, puis ses col­la­bo­ra­tions avec d'autres ar­tistes dans divers lieux. Ju­lien vient de l'illus­tra­tion et de la bande des­si­née, et son tra­vail puise souvent dans les ar­ché­types des man­gas et des films d'ani­ma­tion ; il a ce­pen­dant mis au point un lan­gage très par­ti­cu­lier, qui touche aus­si bien les ama­teurs d'art que les lec­teurs de bande des­si­née. Sa pre­mière ex­po­si­tion chez Jen­ny's, “King and Slave”, a mon­tré que son lan­gage vi­suel peut être trans­po­sé dans le cadre d'une ga­le­rie sans rien perdre de sa force. Le pu­blic de Ju­lien s'est élar­gi de­puis un ou deux ans – Art­fo­rum a pu­blié l'un de ses des­sins en cou­ver­ture en 2014, et il a été l'un des centres d'at­trac­tion de la Bien­nale de Ber­lin l'été der­nier.

LIZ CRAFT

Nous ad­mi­rions Liz Craft avant même d'em­mé­na­ger à Los An­geles – non seule­ment pour ses oeuvres, mais aus­si pour la ga­le­rie Pa­ra­dise Ga­rage qu'elle co­di­ri­geait avec Pent­ti Monk­ko­nen – son ma­ri ar­tiste, avec le­quel nous tra­vaillons aus­si. Elle a éga­le­ment co-or­ga­ni­sé Pa­ra­mount Ranch, ini­tia­tive dont la presse in­ter­na­tio­nale s'ac­corde à dire qu'elle consti­tue, en de­hors des sen­tiers bat­tus, un mo­dèle al­ter­na­tif de foire d'art. Liz était très in­fluente à la fin des an­nées 1990 et dans les an­nées 2000, et il est ra­fraî­chis­sant de tra­vailler avec une femme qui, à tra­vers les bou­le­ver­se­ments qu'elle a connus dans le mi­lieu de l'art, conti­nue de faire en­tendre sa voix si sin­gu­lière. L'ex­po­si­tion de Liz dans notre ga­le­rie en jan­vier 2015, “The Se­cret Lives of Spi­ders”, était sa pre­mière en so­lo à Los An­geles de­puis des an­nées ; on pou­vait y voir des sculp­tures de femmes-arai­gnées évo­quant des ma­rion­nettes, ain­si que des oeuvres en cé­ra­mique – dont cer­taines ont été pré­sen­tées ré­cem­ment dans le cadre de l'ex­po­si­tion “Mir­ror Cells”, au Whit­ney Mu­seum de New York.

MAX HOOPER SCH­NEI­DER

On ne sau­rait dé­crire en un pa­ra­graphe le tra­vail de Max Hooper Sch­nei­der, qui se si­tue dans un uni­vers dont il a en­tiè­re­ment conçu l'ap­pa­rence et le fonc­tion­ne­ment. C'est un créa­teur de gé­nie, et c'est une réelle op­por­tu­ni­té pour nous de l'avoir à Los An­geles. Il n'a pas eu une for­ma­tion ar­tis­tique tra­di­tion­nelle, puis­qu'il a fait des études d'ar­chi­tec­ture pay­sa­gère et de bio­lo­gie. Il en tire une li­ber­té qui dé­borde la pra­tique conven­tion­nelle en ate­lier. Ses sculp­tures com­portent souvent des or­ga­nismes vi­vants et des ma­té­riaux vo­la­tils, et il est fas­ci­nant de le voir créer un ré­cit sous de telles contraintes – non seule­ment dans le cadre d'une ga­le­rie ou d'un es­pace d'ex­po­si­tion, mais aus­si par des in­ter­ven­tions sur le pay­sage na­tu­rel. Son ex­po­si­tion so­lo de 2014, “The Pound”s, est sans doute celle qui a fait le plus sen­sa­tion chez Jen­ny's – en tout cas, elle lui a ou­vert de nou­veaux ho­ri­zons. Max Hooper Sch­nei­der tra­vaille ac­tuel­le­ment à des oeuvres de com­mande de grande en­ver­gure, qui se­ront dé­voi­lées en 2017.

Ju­lien Ceccaldi, Un­tit­led, 2016. Liz Craft, Ma­gic Box, 2011. Max Hooper Sch­nei­der, Na­ture Theatre of Vio­lence Suc­ces­sion, dé­tail, 2015.

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