In­ter­na­tio­nal

Du 20 au 22 sep­tembre der­niers, se te­nait le sa­lon de la fran­chise de Kua­la Lum­pur. Sou­cieuce de s’ou­vrir au com­merce en réseau dans le dé­but des an­nées 1990, la Ma­lai­sie cherche à de­ve­nir un vrai pays de la fran­chise, se­lon Gilles Men­guy, avo­cat.

L'Officiel de La Franchise - - SOMMAIRE - PAR GILLES MEN­GUY, avo­cat à la court, So­li­ci­tor of En­gland & Wales.

La Ma­lai­sie, l’ul­time fron­tière de la fran­chise

Comme l’a ré­cem­ment dé­cla­ré John O’Brien, le pré­sident de l’Asian Pa­ci­fic Fran­chise Con­fe­de­ra­tion, l’in­dus­trie de la fran­chise en Ma­lai­sie est “ex­ci­ting”. Ce mar­ché a pro­gres­sé de 12 à 15 % par an de­puis 2008 grâce aux ef­forts du gou­ver­ne­ment qui a in­sis­té sur la né­ces­si­té de s’orien­ter vers la fran­chise. Cette in­dus­trie re­pré­sente près de 6 mil­liards d’eu­ros de chiffre d’af­faires soit 2,5 % du PIB na­tio­nal. 670 marques de fran­chise sont pré­sentes en Ma­lai­sie, dont 70 % sont lo­cales. Les prin­ci­paux sec­teurs sont la res­tau­ra­tion, la vente au dé­tail, l’édu­ca­tion, ain­si que les soins es­thé­tiques.

LE SUC­CÈS DU SA­LON DE LA FRAN­CHISE DU 20 SEP­TEMBRE 2013 À KUA­LA LUM­PUR

Le sa­lon de la Fran­chise in­ter­na­tio­nal ma­lai­sienne, qui eu lieu le 20 Sep­tembre 2013 avec la par­ti­ci­pa­tion de 110 fran­chises lo­cales et étran­gères, fut un suc­cès et le plus grand évé­ne­ment de l’an­née en Asie du Sud-Est avec la te­nue de mul­tiples confé­rences, preuve de l’im­por­tance du mar­ché de la Fran­chise en Ma­lai­sie.

LA LOI MA­LAI­SIENNE DE LA FRAN­CHISE

En Ma­lai­sie, le fran­chi­sage a été in­ten­sé­ment en­cou­ra­gé et sou­te­nu par le gou­ver­ne­ment de­puis le dé­but des an­nées 1990. Les ré­sul­tats ob­te­nus en vingt ans nous montrent que la Ma­lai­sie est l’un des mar­chés de la fran­chise qui s’est le plus ra­pi­de­ment dé­ve­lop­pé en Asie à ce jour. En 1988, le “Ma­lay­sian Fran­chise Act” est adop­té (il fut mo­di­fié en 2012) et s’ap­plique pour la vente et l’ex­ploi­ta­tion de toute fran­chise. Il a été in­tro­duit afin de fa­ci­li­ter mais aus­si sur­veiller l’évo­lu­tion du sec­teur de la fran­chise. Dans ce but, les fran­chi­seurs, les mas­ters-fran­chi­sés et les fran­chi­sés des fran­chises étran­gères doivent s’en­re­gis­trer au­près du “Re­gis­trar” de la fran­chise avant de pou­voir mettre leurs pro­duits à la vente ou ache­ter des fran­chises en Ma­lai­sie, res­pec­ter plu­sieurs règles im­pé­ra­tives no­tam­ment un dé­lai de ré­trac­ta­tion de 7 jours ouvert au pro­fit du fran­chi­sé et pour le fran­chi­seur de com­mu­ni­quer un do­cu­ment d’in­for­ma­tion pré­con­trac­tuelle 10 jours avant la si­gna­ture des contrats. D’autres exi­gences sont à res­pec­ter, dont une est par­ti­cu­liè­re­ment im­po­pu­laire au­près des fran­chi­seurs et mas­ter-fran­chi­sés lo­caux. Ces der­niers doivent jus­ti­fier de trois an­nées d’ac­ti­vi­tés avant de pou­voir conclure des contrats de fran­chise. Ce­pen­dant dans la pratique, les fran­chi­seurs in­ter­na­tio­naux peuvent ob­te­nir l’ap­pro­ba­tion du “Re­gis­trar” s’ils sont dé­jà fran­chi­seurs avant de s’ins­tal­ler sur le mar­ché malaisien et s’ils existent dé­jà sur leurs mar­chés na­tio­naux. D’un point de vue ju­ri­dic­tion­nel, il pa­raît bon de rap­pe­ler que la Ma­lai­sie est si­gna­taire d’un trai­té de re­con­nais­sance et d’exé­cu­tion des ju­ge­ments dont est aus­si membre Sin­ga­pour. Le fran­chi­seur étran­ger qui veut conclure un contrat de mas­ter-fran­chise en Ma­lai­sie peut donc in­sé­rer une clause don­nant at­tri­bu­tion aux ju­ri­dic­tions de ce pays. L’im­por­tance de cette “dé­lo­ca­li­sa­tion” est évi­dente en rai­son de la tra­di­tion ju­ri­dique plus so­lide de ces ju­ri­dic­tions et ce­la même si les lois com­mer­ciales ma­lai­siennes sont is­sues du mo­dèle bri­tan­nique. Du fait de ce trai­té, la dé­ci­sion ob­te­nue se­ra tout à fait ap­pli­cable en Ma­lai­sie

LE BUT DU GOU­VER­NE­MENT MALAISIEN : DE­VE­NIR LE CENTRE RÉ­GIO­NAL DE LA FRAN­CHISE EN 2016

Le Plan na­tio­nal de dé­ve­lop­pe­ment de la fran­chise a dé­fi­ni une orien­ta­tion stra­té­gique afin de faire de ce pays le centre de la fran­chise dans la ré­gion d’Asie du Sud-

Est. Ce pro­gramme de cinq ans, s’éten­dant sur la pé­riode 2012 - 2016, vise à mettre en place un pro­gramme de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique na­tio­nal et la créa­tion d’une “high in­come so­cie­ty”. Ce pro­gramme se dé­cline en trois étapes : la pre­mière est de ren­for­cer les ac­teurs de la fran­chise et de dé­ve­lop­per leur réseau ; la deuxième est de créer une ro­buste et dy­na­mique in­dus­trie na­tio­nale de la fran­chise et la der­nière est de faire de la Ma­lai­sie le centre de la fran­chise en Asie du Sud-Est.

LA CRÉA­TION DE PLU­SIEURS PRO­GRAMMES POUR AMÉ­LIO­RER LA FRAN­CHISE

Le gou­ver­ne­ment malaisien croit for­te­ment au po­ten­tiel du sys­tème de fran­chise lo­cale et dans le même temps re­con­naît le be­soin de puis­sants moyens fi­nan­ciers afin de per­mettre au sys­tème de croître et de se dé­ve­lop­per au maxi­mum. Le gou­ver­ne­ment a ain­si pris cinq ini­tia­tives pour ai­der les en­tre­prises lo­cales :

1) Le Fran­chise Fi­nan­cing Scheme per­met aux en­tre­pre­neurs, fu­turs fran­chi­seurs, d’ob­te­nir des fi­nan­ce­ments par l’in­ter­mé­diaire d’ins­ti­tu­tions fi­nan­cières spé­ci­fiques. Le to­tal des fonds dis­po­nibles est de 17 mil­lions d’eu­ros.

2) Le Fran­chise De­ve­lop­ment Aid Fund a pour but de four­nir une aide aux en­tre­pre­neurs in­di­vi­duels ou aux so­cié­tés lo­cales en fa­vo­ri­sant l’ex­por­ta­tion des pro­duits lo­caux. Si l’en­tre­pre­neur est agréé, ses in­ves­tis­se­ments peuvent être rem­bour­sés par ce fond à hau­teur de 90 % de ceux-ci (dans la li­mite de 23 000 eu­ros).

3) Le gou­ver­ne­ment a aus­si créé deux pro­grammes de dé­ve­lop­pe­ment des fran­chi­sés : le Gra­duate Fran­chise Pro­gram et le Wo­men Fran­chise Pro­gram qui sont ré­ser­vés pour le pre­mier aux in­di­vi­dus dis­po­sant au moins d’un di­plôme et pour le se­cond aux femmes.

4) De plus, le mi­nis­tère du Com­merce as­sure aux fran­chi­sés lo­caux un concours d’un mon­tant maxi­mum de 11 550 eu­ros pour ai­der à fi­nan­cer ces der­niers lors de l’ou­ver­ture de leur com­merce. En conclu­sion, grâce aux ef­forts du gou­ver­ne­ment malaisien et au flair des en­tre­pre­neurs du pays, la Ma­lai­sie est en train de construire un pays de la fran­chise plein de pro­messes.

Les Pe­tro­nas To­wers, à Kua­la Lum­pur, furent les tours les plus hautes du monde jus­qu’en 2004.

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