Un ré­seau à la Une

Car­ré­ment Fleurs : un es­prit fa­mi­lial avant tout

L'Officiel de La Franchise - - SOMMAIRE - Ju­lie Fal­coz

Car­ré­ment Fleurs est une grande fa­mille. On pour­rait le croire en tout cas tant les fran­chi­sés ont ce mot à la bouche. Ni­co­las Jar­don­net, mul­ti-fran­chi­sé près de Bor­deaux, parle d’une “en­tre­prise fa­mi­liale”, tan­dis que Franck Pey­ret, fran­chi­sé à Fir­mi­ny (42) de­puis jan­vier 2018, évoque son “es­prit de fa­mille”. “Car­ré­ment Fleurs, c’est l’his­toire d’un couple d’en­tre­pre­neurs, Bru­no et Chan­tal Pain, an­ciens fran­chi­sés, qui a créé l’en­seigne, avec du mo­bi­lier si­gné par un ar­chi­tecte et plu­sieurs ma­ga­sins en propre pen­dant quelques an­nées”, dé­marre Da­niel Bous­si­ra, di­rec­teur gé­né­ral. Le pre­mier contrat de li­cence est si­gné en 2012 (et des contrats de fran­chise à par­tir de 2016). “Il reste en­core des fran­chi­sés en li­cence, on at­tend la fin de leur contrat pour les bas­cu­ler en contrat de fran­chise au fur et à me­sure”, pré­cise-t-il. Au­jourd’hui, il existe 35 uni­tés, dont 5 en suc­cur­sale. Le concept de l’en­seigne ? Des ma­ga­sins si­tués sur des axes pé­ri­phé­riques pas­sants, en en­trée ou sor­tie de ville, ou­verts du lun­di au di­manche de 8h30 à 20h30. “On ne s’im­plante pas en centres com­mer­ciaux ni en centres-villes parce que nous vou­lons être vi­sibles tout au long de l’an­née, tous les jours”. À l’ex­té­rieur, un mix de pro­duits en libre-ser­vice et des com­po­si­tions flo­rales à l’in­té­rieur. Chaque uni­té compte, au moins, deux fleu­ristes di­plô­més et des ap­pren­tis. Si les ma­ga­sins sont en pé­ri­phé­rie des villes, on en trouve ma­jo­ri­tai­re­ment dans le Sud-Ouest de la France, le siège se si­tuant à Agen. “Quand on a com­men­cé à se dé­ve­lop­per en de­hors de notre ré­gion d’ori­gine, nous sommes al­lés vers Nîmes, en Rhône-Alpes, dans le Centre, avec quelques points de vente à Dreux, Chartres et Pa­ris et un ma­ga­sin dans le Nord”. Du coup, le ré­seau sou­haite s’étendre par­tout en France, à rai­son de 3 à 5 uni­tés par an,

pour pou­voir conti­nuer à ac­com­pa­gner ses par­te­naires de la meilleure ma­nière qui soit.

Une re­de­vance faible

L’autre grande ca­rac­té­ris­tique de Car­ré­ment Fleurs est de pro­po­ser une re­de­vance peu éle­vée, à sa­voir 12 500 eu­ros par an, mon­tant in­dexé sur un in­dice de consom­ma­tion de l’Insee, pla­fon­né à 3 % du chiffre d’af­faires HT par an. C’est une idée des fon­da­teurs, au mo­ment de la créa­tion du ré­seau : “Ils se sont de­man­dé ce qui était ac­cep­table de payer pour un com­mer­çant in­dé­pen­dant, sur­tout après la crise de 2008. L’idée étant de ne pas at­ta­quer com­plè­te­ment son compte d’ex­ploi­ta­tion, tout en lui per­met­tant de dé­ve­lop­per son chiffre d’af­faires. Quand il dé­passe 400 000 eu­ros, c’est 12 500 eu­ros de re­de­vance. En-des­sous, l’en­seigne res­ti­tue la dif­fé­rence de fa­çon à ne pas al­ler au-de­là de ce pla­fond de 3 %”. Un faible mon­tant qui per­met de se dé­mar­quer de la concur­rence. Outre l’es­prit de fa­mille, les fran­chi­sés ap­pré­cient l’ac­com­pa­gne­ment pro­po­sé par la tête de ré­seau. “Je suis sa­tis­fait par le sui­vi suf­fi­sam­ment ré­gu­lier, leurs pro­po­si­tions de pro­duits, mais aus­si par la com­mu­ni­ca­tion. On peut té­lé­pho­ner quand on veut et on a tou­jours une ré­ponse. On trouve une so­lu­tion en­semble”, ré­vèle Franck Pey­ret. “Ce sont des gens peu en­va­his­sants. Quand on dé­marre, on est plus sui­vi. Les re­la­tions s’es­tompent au fur et à me­sure de l’au­to­no­mie ac­quise. À nous d’al­ler cher­cher la com­mu­ni­ca­tion, en tout cas ils sont tou­jours là”, ren­ché­rit Ma­rie-Hé­lène Da Pie­dade, fran­chi­sée à Auch (32). “Dans notre phi­lo­so­phie, nous sommes plus pré­sents sur les deux pre­mières an­nées. Le but est que le par­te­naire soit le plus au­to­nome pos­sible. Il ac­quiert cette in­dé­pen­dance de fa­çon à ce que la re­la­tion passe à un autre ni­veau”, va­lide le di­rec­teur gé­né­ral. En­suite, il y a entre trois et quatre vi­sites par an, et des échanges té­lé­pho­niques et par e-mail si be­soin. “Concer­nant la ges­tion, on leur de­mande de se com­pa­rer aux autres ma­ga­sins qui ont le même vo­lume d’ac­ti­vi­té”, af­firme-t-il. Ou­til ap­pré­cié par la fran­chi­sée d’Avi­gnon : “C’est ex­trê­me­ment

“La fleur est un pro­duit frais donc il faut sa­voir ache­ter“

sti­mu­lant, on a ac­cès aux chiffres des autres. C’est im­por­tant pour la co­hé­sion et ce­la per­met d’ap­prendre plus vite et de mieux an­ti­ci­per”.

Tem­pé­ra­ment com­mer­cial

Et il en faut de l’ac­com­pa­gne­ment pour tra­vailler la fleur. Comme le dit Ma­rie-Hé­lène Da Pie­dade : “C’est une en­tre­prise hu­ma­niste et compte te­nu de la dif­fi­cul­té du mé­tier, c’est pri­mor­dial”. D’au­tant que la plu­part des fran­chi­sés ont dé­cou­vert le mé­tier de fleu­riste en se lan­çant avec Car­ré­ment Fleurs, la ma­jo­ri­té ve­nant d’uni­vers com­plè­te­ment dif­fé­rents comme la san­té, l’in­for­ma­tique ou l’au­to­mo­bile. Et il y a des contraintes à prendre en compte. Les ma­ga­sins sont ou­verts tous les jours de l’an­née, “un choix de vie dras­tique qui im­plique un en­ga­ge­ment mo­ti­vé et pas­sion­né”, in­dique Ma­rie-Hé­lène Da Pie­dade. “C’est un mé­tier dans le­quel on est de­bout. L’hi­ver, on est dans le froid avec la chambre froide et l’ex­té­rieur. Ce­la peut être un peu éprou­vant, il faut le prendre en compte”, pré­vient Da­niel Bous­si­ra. C’est pour ces rai­sons qu’il vaut mieux se consi­dé­rer comme un ex­ploi­tant et non comme un simple in­ves­tis­seur. L’en­seigne cherche avant tout des fran­chi­sés au tem­pé­ra­ment com­mer­cial, qui n’ont pas peur du contact avec la clien­tèle et qui savent gé­rer une équipe de vente. “Sans ou­blier les stocks et achats. C’est le nerf de la guerre. La fleur est un pro­duit frais donc il faut sa­voir ache­ter”, alerte le di­rec­teur gé­né­ral.

Chan­ge­ment de di­rec­tion

En 2017, l’en­seigne a été confron­tée au dé­cès de Bru­no Pain, co­fon­da­teur qui in­car­nait vé­ri­ta­ble­ment Car­ré­ment Fleurs. “Il y avait une très grande proxi­mi­té des di­ri­geants avec les fran­chi­sés et in­ver­se­ment. Lui et sa femme étaient ex­trê­me­ment ap­pré­ciés”, ra­conte Da­niel Bous­si­ra. 12e fran­chi­sé, Ni­co­las Jar­don­net confirme en pré­ci­sant qu’ils étaient amis : “Sa dis­pa­ra­tion au­rait pu re­mettre en ques­tion mon en­ga­ge­ment. Si vous chan­gez l’homme à la tête d’un ré­seau, for­cé­ment ce n’est pas la même chose”. Se­lon Ma­rie-Hé­lène Da Pie­dade, “la suite a été faite avec pu­deur et di­gni­té. Mme Pain a conti­nué avec la force qu’on lui connaît”.

“Ils sont tou­jours là“

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.