DA­VID YURMAN, L’AR­TISTE-JOAILLIER

L'officiel Hommes - - SOMMAIRE - au­teur Her­vé De­wintre

Voi­ci une his­toire ty­pi­que­ment new-yor­kaise où s’en­tre­mêlent l’éner­gie ver­ti­cale des gratte-ciel Art dé­co de Man­hat­tan, la vi­ta­li­té cos­mo­po­lite du Bronx, l’at­ti­tude pro­gres­siste de Green­wich Vil­lage. Une his­toire vis­cé­rale donc, presque tel­lu­rique. Dans cet ef­fer­ves­cent bouillon architectural et cultu­rel, la vo­ca­tion du fu­tur joaillier se dé­ve­lop­pa avec ai­sance, mais elle prit, pour éclore, un biais in­at­ten­du. En 1958, Da­vid a 11 ans, c’est un pen­seur pré­coce qui se ré­fu­gie vo­lon­tiers dans la li­brai­rie de son quar­tier. Un livre dé­pei­gnant la grotte de Las­caux l’in­ter­pelle ; la beau­té ru­gueuse des lignes simples et franches de ces fa­meuses fresques pré­his­to­riques l’éblouit : c’est cer­tain, il se­ra ar­tiste. Le reste ap­par­tient, comme on dit, à la lé­gende. Les pre­miers suc­cès et les pre­mières amours vinrent, non pas grâce aux bi­joux, mais par le biais de la sculp­ture. C’est, en ef­fet, au cô­té du sculp­teur Er­nes­to Gon­za­lez que le jeune Da­vid Yurman ap­prit la mé­thode de créa­tion de formes en trois di­men­sions par sou­dure bout à bout à par­tir de tiges en mé­tal fon­du. Il peau­fine sa tech­nique au­près de Jacques Lip­chitz, la per­fec­tionne au­près de Theo­dore Ros­zak, fi­gure ma­jeure de l’école newyor­kaise, avant de créer son propre ate­lier sur Sul­li­van Street. Mais, di­sons-le fran­che­ment, ce que doit sur­tout Da­vid Yurman à la sculp­ture, c’est la ren­contre avec Sy­bil Klein­rock qui de­vien­dra bien­tôt sa femme, sa muse, sa par­te­naire à vie. Au­jourd’hui en­core, lorsque vous ren­con­trez le joaillier, on sent bien que sa ma­nière à lui de vous faire un com­pli­ment, c’est de vous dire : “Vous de­vriez ren­con­trer Sy­bil, je suis sûr qu’elle va vous ado­rer.” Le duo fonc­tionne à mer­veille : c’est pour Sy­bil que Da­vid des­si­na son pre­mier col­lier. Sur­tout, en­semble, ils ap­prirent à dire non. Ju­gez plu­tôt : en sep­tembre 1979, Da­vid et Sy­bil Yurman se ma­rièrent au temple Ema­nuel. Deux heures plus tard, Sy­bil avait en­core sa cou­ronne de ma­riage dans les che­veux, ils ar­ri­vèrent à un ren­dez-vous d’af­faire des­ti­né à for­ma­li­ser la ces­sion de leur pre­mière en­tre­prise. La vente était le ca­deau de ma­riage de Sy­bil. L’offre s’avé­re­ra pourtant, à la grande sur­prise des amou­reux, trop faible. L’ache­teur pré­ten­dit que le pro­jet avait peu de chances de ren­con­trer le suc­cès. Les jeunes époux se re­gar­dèrent en si­lence, se com­prirent et la re­fu­sèrent d’un bloc. L’ave­nir leur don­na rai­son : 1980, ils fon­dèrent la marque de joaille­rie Da­vid Yurman, avec un best-sel­ler dans leurs ba­gages, le bra­ce­let “Cable”: un hit si in­con­tes­table qu’il reste de­puis sa créa­tion le bi­jou iconique de la mai­son Yurman. La France a fait un bon ac­cueil à la griffe newyor­kaise, sur­tout de­puis son ins­tal­la­tion en 2010 au Prin­temps Hauss­mann. Un en­droit mixte car Evan – fils unique de Da­vid et Sy­bil Yurman – a eu la bonne idée de faire glis­ser la mai­son fa­mi­liale vers le ter­ri­toire du bi­jou mas­cu­lin. On adore tout par­ti­cu­liè­re­ment l’uti­li­sa­tion trou­blante de la mé­téo­rite sur la ligne de bi­joux “An­vil”, une col­lec­tion vé­ri­ta­ble­ment frap­pante par son de­si­gn dis­rup­tif, son es­sence mé­tal­lur­gique et ses lignes au­gu­rales.

Se­con­dé par sa femme Sy­bil et son fils Ewan, Da­vid Yurman in­carne de­puis trente-sept ans à tra­vers sa marque la quin­tes­sence du luxe dé­con­trac­té.

Au mi­lieu, en mé­daillon, bra­ce­lets en cuir de la col­lec­tion “An­vil”, ce­lui du haut avec une fer­me­ture en ar­gent et acier, le se­cond en ar­gent et bronze. Ci-des­sous, une étape de la fa­bri­ca­tion.

Bra­ce­let en bronze et ar­gent avec des dia­mants gris dit “Co­gnac” de la col­lec­tion “An­vil”.

Bra­ce­let en ar­gent avec des dia­mants noirs de 0,37 ca­rat de la col­lec­tion “An­vil”.

Bra­ce­let en axier in­oxy­dable et ar­gent de la col­lec­tion “An­vil”.

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