SONS SUR ME­SURE

L'officiel Hommes - - SOMMAIRE - High-tech Au­teur MAT­TEO G. DALL’AVA Tra­duc­trice ALES­SAN­DRA DA­NIEL

au­teur Mat­teo G. Dall’ava, tra­duc­trice Ales­san­dra Da­niel

L’au­dio­phile est le gen­til­homme de la mu­sique, un “ar­bi­ter ele­gan­tia­rum” des ins­tru­ments, sou­cieux de trou­ver ce­lui en me­sure de des­si­ner des sil­houettes so­nores évo­luant au gré de ses ca­prices. Le monde des tour­ne­disques épouse cette phi­lo­so­phie en vo­lant à l’ar­ti­sa­nat les par­ti­cu­la­ri­tés du sur-me­sure. La ques­tion à se po­ser n’est pas de dé­ter­mi­ner le­quel est le meilleur mais le­quel est ca­pable de res­ti­tuer le meilleur son – se­lon vous.

Ar­ti­sa­nal, sur me­sure, per­son­na­li­sé… ces ad­jec­tifs propres au monde de l’ha­bille­ment trouvent tout na­tu­rel­le­ment leur place dans ce­lui de la hi-fi haut de gamme. À l’ate­lier de cou­ture suc­cède le la­bo­ra­toire nu­mé­rique et, si pré­cieuse que soit la tech­no­lo­gie, le tra­vail ma­nuel comme ce­lui de l’oreille confèrent aux in­ven­tions la même poé­sie que celle d’un pro­duit ar­ti­sa­nal. Des so­cié­tés pres­ti­gieuses telle Ori­gin Live de l’an­glais Mark Ba­ker ont joué un rôle ma­jeur dans la va­lo­ri­sa­tion des pla­tines. Leur signe dis­tinc­tif est ce pe­tit cous­si­net de pré­ci­sion du pla­teau qui fluc­tue sur une fine pel­li­cule d’huile bre­ve­tée ; la même tech­no­lo­gie uti­li­sée dans les mi­cro­scopes élec­tro­niques pour éli­mi­ner toute vi­bra­tion, la même qui per­met donc au mo­dèle “Voya­ger” d’of­frir aux au­di­teurs in­tran­si­geants un son pur. Ce pe­tit dé­tail coûte 14 000 livres ster­ling. Et si on parle de

bes­poke par­mi les icônes des pla­tines, nous trou­vons sur le po­dium le “Mas­se­lauf­werk” de Sper­ling Au­dio. Les fon­da­teurs, Ans­gar Sper­ling et Mi­chael Bön­nin­ghoff, l’ont vou­lu per­son­na­li­sable : tête de lec­ture, contre­poids, etc. Il pèse 50 kg car il faut sa­voir que plus un tel ap­pa­reil est lourd, plus la dis­per­sion des vi­bra­tions est grande… Le bras, en plus d’être double, est ré­glable en dis­tance et an­gu­la­tion par rap­port au disque pour une per­fec­tion du son digne du Livre Guin­ness

des re­cords. Cet uni­vers em­prunte éga­le­ment à la mode son goût de l’édi­tion li­mi­tée et de la col­lec­tion cap­sule. EN ÉDI­TION LI­MI­TÉE

La mai­son amé­ri­caine Shi­no­la – connue pour son sens de l’ar­ti­sa­nat poin­tu – a li­vré sa “Run­well Turn­table”, en édi­tion li­mi­tée (500 pièces), à 2 500 dol­lars avec une ga­ran­tie à vie. Elle est dé­sor­mais in­trou­vable. La ligne “Tech­no­lo­gi­cal” de la col­lec­tion d’ac­ces­soires “Zegna’s Toyz” lan­cée par la mai­son Ermenegildo Zegna pro­pose des en­ceintes et des casques mis au point avec la res­pec­tée firme Mas­ter & Dy­na­mic. Et si vous pen­siez ré­vo­lue l’époque de l’in­ven­teur en­fer­mé dans son ga­rage, c’est que vous n’avez en­core ja­mais mis en route la créa­tion de Giu­seppe Pin­to. Le tech­ni­cien ita­lien a construit son pre­mier “ON” (Old and New) dans sa cave. “ON” est une pla­tine “plug and play” ca­pable de gé­rer toutes les sources, de l’ana­lo­gique au di­gi­tal. La grande spé­ci­fi­ci­té des nou­veaux ac­teurs du sec­teur tient à leurs modes de fi­nan­ce­ment. À la dif­fé­rence de l’ar­ti­sa­nat, en­vi­sa­ger de nou­velles créa­tions im­plique des in­ves­tis­se­ments éle­vés. Les in­gé­nieurs de la so­cié­té slo­vène MAG-LEV ont fait ap­pel au site web de crowd­fun­ding Kicks­tar­ter pour fi­nan­cer leur pro­jet : un mé­ca­nisme sans mo­teur ni cour­roie qui fonc­tionne avec un sys­tème de sus­ten­ta­tion magnétique. S’il évoque un pro­duit luxueux, son prix est bien in­fé­rieur à ce­lui des mo­dèles ci­tés plus haut : 780 dol­lars. “Love” a été par­mi les pre­miers à ap­pa­raître sur le site de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif. Il ne s’agit pas à pro­pre­ment par­ler d’un tourne-disques, car c’est lui-même qui tourne au­tour du disque qui, lui, ne bouge pas, grâce au bras tan­gen­tiel. “Love” peut être gé­ré par une ap­pli­ca­tion dé­diée, qui per­met de choi­sir l’ordre des titres sans de­voir pas­ser par la tête de lec­ture. Tou­jours sur Kicks­tar­ter, on re­marque le pro­jet néer­lan­dais “Wheel” des­si­né par Mi­niot. De l’étui en bois, Pe­ter

Kolk­man est pas­sé à la créa­tion d’une pla­tine avec un sys­tème de lec­ture tan­gen­tiel pla­cé sous le pla­teau. “Le disque tourne aus­si bien verticalement qu’horizontalement et émet un son en to­tale au­to­no­mie”, dé­clare le fon­da­teur. DES CRÉA­TIONS EXCEPTIONNELLLES

Les ama­teurs de twea­king (le fait d’ap­por­ter des amé­lio­ra­tions en ajou­tant ou en chan­geant les élé­ments stan­dards par des com­po­sants d’ex­cep­tion) ont bien sûr la pos­si­bi­li­té de cus­to­mi­ser la cou­leur, de choi­sir les pick-up, les câbles, se­lon le son et le ren­du dé­si­rés. En gé­né­ral, l’écoute se fait dans le sa­lon ; mais si l’au­dio­phile vou­lait écou­ter sa mu­sique ailleurs ? Une ré­ponse nous vient du lec­teur de vi­nyles “Rok­blok”. Quand on le re­garde, on di­rait une simple pe­tite boîte en bois. Les créa­teurs de Pink Do­nut af­firment que ce “pe­tit lec­teur de disques a été ima­gi­né pour pou­voir écou­ter ses disques grâce à des dif­fu­seurs in­té­grés OU UNE CONNEXION SANS fil. IL SUF­FIT DE TROU­VER une sur­face plane pour le po­ser.” La start-up ca­li­for­nienne a aus­si créé la pla­tine de poche “Shee­trok”, une simple feuille de pa­pier à la­quelle il a été ajou­té une tête de lec­ture. Elle fonc­tionne sans cou­rant ; il suf­fit de po­ser le disque sur la feuille et de le faire tour­ner avec la main. Mais re­ve­nons dans la salle de sé­jour. Des créa­tions aus­si exceptionnelles exigent des am­pli­fi­ca­tions de la même trempe. Par­mi ces der­nières, la pe­tite so­cié­té sa­voyarde Nau­tile Acous­tique, la haute cou­ture du son, donne le ton. Les mains du maître ar­ti­san Pas­cal Ma­rie réa­lisent dans le pe­tit la­bo­ra­toire toutes les pièces du sys­tème au­dio HR-D15 VLTS. de cette ma­nière, la struc­ture de l’en­ceinte, com­po­sée de dif­fé­rents types de bois, d’épais­seurs va­riées, peut ca­na­li­ser les vi­bra­tions vers des zones de sor­tie spé­ci­fiques afin d’ob­te­nir un son lim­pide. Son as­pect tra­di­tion­nel et plus de 400 heures de tra­vail jus­ti­fient un bud­get d’en­vi­ron 39 000 eu­ros. Tou­jours made in France mais avec un de­si­gn da­van­tage fu­tu­riste, le “Phan­tom” de De­via­let, a été pri­mé plu­sieurs fois. Un ob­jet unique qui, grâce à la tech­no­lo­gie ré­vo­lu­tion­naire HBI (Heart Bass Im­plo­sion), est en me­sure de dé­ve­lop­per des basses fré­quences dans un es­pace très com­pact. Voi­là votre pro­chaine ob­ses­sion : com­ment per­son­na­li­ser la vieille pla­tine de papa… 1. Le “Mas­se­lauf­werk-1” de Sper­ling Au­dio, à par­tir de 55 000 €. 2. “Shee­trock” par Pink Do­nut, en vente sur Kicks­tar­ter pour la mo­dique somme de 15 $. 3. La “Run­well Turn­table” de Shi­no­la, 2 500 $… et dé­sor­mais in­trou­vable. 4. L'en­ceinte en co­lonne de Nau­tile Acous­tique com­po­sée de dif­fé­rents types de bois, d'épais­seurs va­riées, peut ca­na­li­ser les vi­bra­tions vers des zones de sor­tie spé­ci­fiques afin d'ob­te­nir un son lim­pide. À par­tir de 39 000 €.

Ci-des­sus, le “ON” de Giu­seppe Pin­to, dé­jà pro­duit à plus de 300 exem­plaires. Page de gauche, le “MAG-LEV Au­dio”, dis­po­nible en pré­com­mande sur Kicks­tar­ter.

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