LA RÉ­VO­LU­TION “GRAN TURISMO”

Au­teur LAURENT-DA­VID SA­MA­MA

L'officiel Hommes - - ÉDITO -

C’est un club pour gent­le­men dri­vers de­vant le­quel sont ga­rées des cen­taines de su­per­cars – des As­ton Mar­tin, Fer­ra­ri, Mer­cedes et autres bo­lides. L’adresse ne fi­gure pour­tant sur au­cun guide. Et pour cause : elle est vir­tuelle. Son nom ? Gran Turismo, “GT” pour les connais­seurs, une fran­chise star du jeu vi­déo, le nec plus ul­tra de la si­mu­la­tion de course au­to­mo­bile. Lorsque le pre­mier opus de la sé­rie “GT” sort en 1997, ex­clu­si­ve­ment sur Plays­ta­tion, c’est un séisme. “Il y a un avant et un après Gran Turismo, ex­plique le jour­na­liste amé­ri­cain Greg­son Mathe. Sou­dain, on a fait ai­mer l’au­to­mo­bile à toute une gé­né­ra­tion de ga­mers, da­van­tage por­tée sur le sau­ve­tage des prin­cesses et la pos­si­bi­li­té de shoo­ter des ex­tra­ter­restres que par la mo­to­ri­sa­tion d’une Toyo­ta uni­que­ment ven­due au Ja­pon !” À son lan­ce­ment, la presse spé­cia­li­sée et les ob­ser­va­teurs sont en­thou­siastes. Ma­tias Mo­rei­ra, Pro­duct Ma­na­ger se­nior chez So­ny In­ter­ac­tive En­ter­tain­ment France, ex­plique : “Pour com­prendre la ré­vo­lu­tion GT, il faut se re­plon­ger dans le contexte de l’époque. Les joueurs avaient l’ha­bi­tude de jeux d’ins­pi­ra­tion ‘Ar­cade’, comme la sé­rie Need For Speed. Des jeux qui s’éman­ci­paient de la no­tion de réa­lisme pour mettre en avant l’im­pres­sion de vi­tesse. Lorsque Gran Turismo est ap­pa­ru, les joueurs ont dé­cou­vert un nou­veau tra­vail sur la mo­dé­li­sa­tion des vé­hi­cules, très lé­ché pour l’époque.” Un jeu qui a de­man­dé plus de quatre ans de tra­vail achar­né au Ja­po­nais Ka­zu­no­ri Ya­mau­chi.

ventes des plays­ta­tion en hausse

Au fil du temps, la fran­chise “GT” a éten­du son pé­ri­mètre, ses graphismes se sont af­fi­nés, ses op­tions mul­ti­pliées. Dix ans après, le jeu fait tou­jours ré­fé­rence. Pour fê­ter sa pre­mière dé­cen­nie, Po­ly­pho­nie Di­gi­tal dé­voile, en 2007, le très at­ten­du Gran Turismo 5 Pro­logue. Et l’opus de­vient le pre­mier épi­sode de la sé­rie à pro­po­ser un mode de jeu en ligne. Dès sa pre­mière se­maine de com­mer­cia­li­sa­tion, 65 000 exem­plaires du jeu sont ven­dus en France. À lui seul, GT 5

Pro­logue dope les ventes de la Plays­ta­tion 3 (+ 80%), seule console com­pa­tible avec le jeu. Vingt ans après, la fran­chise “GT” se porte à mer­veille. De­puis 1997, toutes édi­tions confon­dues, 76,5 mil­lions de jeux ont été ven­dus. L’ac­tua­li­té, c’est la sor­tie d’un nou­veau jeu, GT Sport, pro­fi­tant à fond de l’hé­ri­tage de la fran­chise. Au pro­gramme : plus de 150 voi­tures, des ci­ta­dines aux su­per­cars en pas­sant par des mo­dèles de course sans ou­blier les fa­meux concept-cars Vi­sion Gran Turismo créés spé­cia­le­ment par les construc­teurs. Seuls ou en ré­seau, les conduc­teurs s’af­fron­te­ront sur 40 tra­cés et des re­vê­te­ments va­riés. L’in­fluence du cycle jour/nuit et les condi­tions mé­téo chan­geantes ap­portent un plus in­dé­niable à des graphismes en­core amé­lio­rés. Au-de­là de ces in­no­va­tions, le grand mé­rite de cette ul­time mou­ture de “GT” pour­rait bien être de por­ter l’in­ter­ro­ga­tion phi­lo­so­phique au coeur du jeu. Dans un monde où l’au­to­mo­bile est de­ve­nue le sym­bole d’un mode de vie éco­lo­gi­que­ment in­te­nable, le plai­sir de conduire trou­ve­rait un prolongement ver­tueux in­at­ten­du grâce au vir­tuel. Ma­tias Mo­rei­ra, de So­ny France, l’ex­plique ain­si : “Tech­ni­que­ment, on a un ren­du proche du pho­to­réa­lisme. Par rap­port aux com­pé­ti­tions réelles ju­gées en­nuyeuses, les courses en ligne de­viennent plus ex­ci­tantes. Les quatre pre­miers FI­NISSENT AVEC une se­conde d’écart, il y a des chan­ge­ments in­ces­sants de lea­ders, de la ten­sion, de l’ac­tion !” À vos ma­nettes !

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