CEL­LULES SOUCHES

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Sommaire - PAR LAU­RENCE BEUR­DE­LEY

Les cel­lules souches sont-elles l’ave­nir de l’homme ? On connaît de mieux en mieux leur pré­cieux pou­voir. On sait quels sont les fan­tas­tiques moyens dont elles dis­posent. Leur champ d’ap­pli­ca­tion ne cesse de s’étendre. À l’uti­li­sa­tion à vi­sée mé­di­cale s’ajoute dé­sor­mais la ré­ju­vé­na­tion du vi­sage. “C’est comme si on in­ver­sait le sens du vieillis­se­ment”, as­sure le doc­teur Vio­lette Par­zin Gri­bins­ki, di­rec­trice mé­di­cale du Fo­re­ver La­ser Ins­ti­tut à Ge­nève. “L’uti­li­sa­tion des res­sources na­tu­relles de son propre corps pour ré­gé­né­rer la peau et ra­len­tir son vieillis­se­ment, voi­là le fu­tur de la mé­de­cine es­thé­tique an­ti-âge”, af­firme cette pion­nière en la ma­tière, qui a in­tro­duit cette tech­nique pro­met­teuse à l’ins­ti­tut ge­ne­vois. De plus, “les in­jec­tions de cel­lules souches au­to­logues res­pectent l’har­mo­nie na­tu­relle du vi­sage de cha­cun, n’al­tèrent pas son es­sence. Elles ne tendent pas vers la stan­dar­di­sa­tion de l’ap­pa­rence, ni des cri­tères de beau­té. L’ef­fet est pro­gres­sif et du­rable”, ajoute-t-elle.

UNE PRO­Cé­DURE PAR éTAPES

Une se­maine avant l’in­ter­ven­tion en cli­nique, il est de­man­dé au pa­tient-don­neur dif­fé­rents exa­mens sé­ro­lo­giques : HIV, sy­phi­lis, hé­pa­tites B et C. Ces ana­lyses ont pour but de connaître les an­té­cé­dents du pa­tient et de pré­ve­nir tout risque de conta­mi­na­tion du sys­tème com­plexe du la­bo­ra­toire de la Swiss Stem Cell Foun­da­tion, qui per­met d’iso­ler et de condi­tion­ner les cel­lules souches pro­ve­nant du tis­su grais­seux du pa­tient-don­neur.

Le pro­to­cole opé­ra­toire se dé­roule en deux phases.

Le pre­mier jour, le mé­de­cin pré­lève sous anes­thé­sie lo­cale en­vi­ron 150 ml de graisse par mi­croas­pi­ra­tion, sou­vent dans la face in­terne des cuisses, là où elle est de meilleure qua­li­té. L’ex­trait est ré­par­ti dans trois tubes de 50 ml. Les condi­tions opé­ra­toires sont dras­tiques, comme celles d’une li­po­suc­cion. Il est es­sen­tiel qu’au­cune bac­té­rie ne s’in­filtre dans la graisse au mo­ment de son ex­trac­tion. “La tech­nique d’as­pi­ra­tion est très im­por­tante. Elle est faite len­te­ment à la main pour gar­der un maxi­mum de cel­lules souches vi­vantes et opé­ra­tion­nelles. Si elle est pra­ti­quée de fa­çon bru­tale, les cel­lules souches meurent”, ex­plique le Dr Par­zin Gri­bins­ki. Les tubes sont en­suite ache­mi­nés à la Swiss Stem Cell Foun­da­tion de Zu­rich, où sont im­plan­tés les la­bo­ra­toires d’ana­lyse. La graisse est cen­tri­fu­gée, pu­ri­fiée. Les cel­lules souches sont iso­lées et condi­tion­nées. Toute la pro­cé­dure est exé­cu­tée en chambre sté­rile, à air fil­tré en per­ma­nence et taux d’hu­mi­di­té cons­tant, par des bio­lo­gistes équi­pés comme des cos­mo­nautes. Au­cun risque d’er­reur. Les cel­lules souches du pa­tient sont ren­voyées 24 heures plus tard à la cli­nique ge­ne­voise, pour le dé­rou­le­ment de la se­conde par­tie de l’acte mé­di­cal. Phase 2 : la ré­in­jec­tion des cel­lules souches du pa­tient-don­neur (en­vi­ron un mil­lion pour 5 mil­lions re­cueillies), pra­ti­quée en bloc opé­ra­toire, dure en­vi­ron une heure. Elle est ef­fec­tuée à l’ai­guille (et non à la ca­nule) dans le derme. Les points d’in­jec­tion sont es­pa­cés de un ou 2 cm. L’ap­pli­ca­tion de crème anes­thé­siante est par­fois in­di­quée. “Je n’ob­tiens pas le même ef­fet avec une ca­nule”, ex­plique le Dr Vio­lette Par­zin Gri­bins­ki.

Ex­pli­ca­tion : l’ai­guille pro­voque une ré­ac­tion in­flam­ma­toire qui émet une sorte de si­gnal dé­clen­chant l’ac­tion des cel­lules souches. In­jec­tées dans le derme, elles en­gendrent des fi­bro­blastes “neuves, jeunes, actives, ré­sis­tantes” qui vont fa­bri­quer du nou­veau col­la­gène, de l’élas­tine, de l’acide hya­lu­ro­nique et une mul­ti­tude d’autres pro­téines et mo­lé­cules, com­po­sants es­sen­tiels de la jeunesse cu­ta­née. L’ex­tra­or­di­naire pou­voir des cel­lules souches leur vient de leur ca­pa­ci­té à se dif­fé­ren­cier pour de­ve­nir n’im­porte quelle autre cel­lule se­lon l’en­vi­ron­ne­ment dans le­quel elles sont pla­cées. Soit cel­lule mus­cu­laire, ner­veuse, os­seuse, car­diaque, ce qui ex­plique leur mé­ta­mor­phose et l’éven­tail de leurs pos­si­bi­li­tés. Les cel­lules souches res­tantes sont conser­vées à la Swiss Stem Cell Foun­da­tion pen­dant trente ans. Le pa­tient pour­ra les uti­li­ser à son gré, pour le trai­te­ment de cer­taines ma­la­dies ou pour ré­ité­rer la pro­cé­dure de ré­ju­vé­na­tion après cinq ans. Quelques rou­geurs peuvent ap­pa­raître à la suite de l’acte. L’ef­fet de ce pro­to­cole in­no­vant se voit après deux mois, le temps né­ces­saire à la fa­bri­ca­tion du col­la­gène, de l’élas­tine, de l’acide hya­lu­ro­nique. Une seule séance suf­fit. Les résultats ont été scien­ti­fi­que­ment dé­mon­trés par des ana­lyses écho­gra­phiques de la peau. Celle-ci de­vient plus dense, plus souple, plus lu­mi­neuse, plus lisse, moins ri­dée. Les taches brunes s’es­tompent. En­fin, l’ap­pa­ri­tion de nou­veaux signes de vieillis­se­ment est net­te­ment re­tar­dée. \ Comp­ter 18 000 €. For­fait com­pre­nant le sto­ckage des cel­lules souches pen­dant trente ans. Fo­re­ver La­ser Ins­ti­tut. www.fo­re­ver-beau­ty.com

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