LA TOXINE BO­TU­LIQUE

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Sommaire - PAR LAU­RENCE BEUR­DE­LEY

\ En poin­tillé, les dif­fé­rents points d’in­jec­tion de la toxine bo­tu­lique sur le vi­sage, afin de frei­ner le mou­ve­ment des muscles et at­té­nuer ain­si les rides et leur for­ma­tion.

Faut-il avoir peur de la toxine bo­tu­lique ?

“Non bien sûr, à condi­tion de sa­voir jus­qu’où al­ler. Un peu, beau­coup, pas­sion­né­ment, à la fo­lie ? Ce qui est ter­ri­ble­ment né­faste pour ce type de trai­te­ment, en­core su­jet à pré­ju­gés, est l’exa­gé­ra­tion des quan­ti­tés in­jec­tées. Elles ont pour ef­fet ces vi­sages fi­gés aus­si peu ex­pres­sifs que des mo­mies. Il faut sa­voir que l’ac­tion de la toxine bo­tu­lique est li­mi­tée dans le temps. Il n’y a pas de risque d’al­ler­gie.”

Com­ment pro­cé­dez-vous ?

“Lors de la pre­mière consul­ta­tion j’ana­lyse l’en­semble des traits du vi­sage à par­tir du haut en al­lant vers le bas afin de dé­fi­nir le bon pro­to­cole de cor­rec­tion en fonc­tion du ou des pro­blèmes po­sés, pou­vant être trai­tés avec des in­jec­tions de toxine bo­tu­lique.”

Trai­tez-vous de la même fa­çon les femmes et les hommes ?

“Non car les hommes ont sou­vent des muscles plus épais. Pour eux, j’aug­mente de 50 % les doses de toxine bo­tu­lique que j’in­jecte dans la gla­belle (rides du lion), par exemple. Parce que les hommes ont un front plus grand, par­fois dé­gar­ni, je pré­vois da­van­tage de points d’in­jec­tion et je re­monte très haut sur le front. Il faut tou­jours prendre en consi­dé­ra­tion l’âge du pa­tient et ses dé­si­rs. On n’in­jecte pas les mêmes doses à un pa­tient de 60 ans et à un pa­tient de 30 ans. Plus le pa­tient vieillit, plus je ré­duis les doses pour le muscle fron­tal. Un front trop lisse à 50 ou 60 ans peut être dé­ran­geant. De plus, si le front est trai­té trop for­te­ment (la plu­part des pa­tients pensent l’in­verse), il y a tou­jours le risque d’alour­dir les pau­pières, de don­ner l’air fa­ti­gué et de ré­tré­cir le re­gard. Le contraire de l’ef­fet es­comp­té.”

Com­ment agis­sez-vous sur les rides in­ter­sour­cillières ?

“Pour les rides dites de la gla­belle, ou rides gla­bel­laires, l’in­jec­tion se fait en cinq points. Un point cen­tral dans le muscle pro­ce­rus et deux points la­té­raux dans le cor­ru­ga­teur. Une in­jec­tion trop basse dans le muscle cor­ru­ga­teur peut, par dif­fu­sion au muscle re­le­veur de la pau­pière, en­traî­ner une chute de la pau­pière.”

Com­ment re­don­nez-vous de l’éclat au re­gard ?

“On at­té­nue les rides de la patte d’oie et on ouvre le re­gard en in­jec­tant des doses de toxine bo­tu­lique au ni­veau du muscle pé­ri-or­bi­taire de fa­çon à in­hi­ber le to­nus du muscle pé­rior­bi­taire qui est un muscle as­sez puis­sant et qui a ten­dance avec le temps à se contrac­ter, en­traî­nant une fer­me­ture de l’oeil. Il existe un point pour éle­ver la queue du sour­cil au ni­veau de l’ex­tré­mi­té ex­terne du sour­cil. Mais lorsque la pau­pière est lourde il est par­fois illu­soire de vou­loir ou­vrir le re­gard. C’est le cas éga­le­ment chez l’homme.”

Peut-on agir sur le nez ?

“On re­lève la point du nez qui a ten­dance à tom­ber avec l’âge en pra­ti­quant une in­jec­tion de toxine bo­tu­lique à la base de la co­lu­melle. Les pe­tites rides qui ap­pa­raissent dans la par­tie su­pé­rieure des ailes du nez sont ap­pe­lées ‘Bun­ny lines’. Elles se forment quand on sou­rit. Elles se cor­rigent par 1 ou 2 points points d’in­jec­tion au ni­veau de la par­tie su­pé­rieure du muscle trans­ver­sal du nez.”

Com­ment ef­fa­cer les plis d’amer­tume ?

“Les per­sonnes ayant un vi­sage très mo­bile ont sou­vent les plis d’amer­tume (sous les com­mis­sures des lèvres) pro­non­cés. C’est dû à l’ac­ti­vi­té des DAO (muscles abais­seurs de l’angle de la bouche) qui en ma­jorent l’as­pect. Le fait de frei­ner leurs mou­ve­ments avec des in­jec­tions de toxine bo­tu­lique les amé­liore.”

Com­ment mi­ni­mi­ser les rides pé­ri-buc­cales ?

“Les rides pé­ri-buc­cales qui ap­pa­raissent lorsque la per­sonne parle peuvent être at­té­nuées par de mi­cro-in­jec­tions de toxine bo­tu­lique. Afin de les lis­ser, je pra­tique quelques points d’in­jec­tion très su­per­fi­cielle sur la lèvre blanche à 1 mm de la lèvre rouge. La du­rée d’ac­tion est de quatre mois. Je le fais sur­tout chez les pa­tientes qui se font trai­ter par la toxine bo­tu­lique très ré­gu­liè­re­ment. Ce­la per­met aus­si d’évi­ter de trop cor­ri­ger la lèvre avec de l’acide hya­lu­ro­nique.”

Com­ment ré­duire les muscles mas­sé­ter, évi­ter le bruxisme ?

“Si­tués sur les faces la­té­rales et pos­té­rieures des joues, ce sont des muscles puis­sants. Quand ils sont trop dé­ve­lop­pés, ils épais­sissent le vi­sage. Pour ré­duire leur as­pect on in­jecte de la toxine bo­tu­lique de chaque cô­té di­rec­te­ment dans le muscle en 1, 2 ou 3 points. Plus le muscle est im­por­tant plus la quan­ti­té de toxine se­ra éle­vée. Il n’est pas rare de de­voir mettre un fla­con (uni­té de dose dis­po­nible en France) de chaque co­té. C’est une de­mande très forte chez les Asia­tiques.”

Com­ment dé­frois­ser les rides ju­gales ?

“Elles se voient d’abord quand on sou­rit, puis, au fil des an­nées, elles sont vi­sibles tout le temps et ré­vèlent l’âge. Quelques doses lé­gères de toxine bo­tu­lique dans celles-ci vont les dé­frois­ser.”

Peut-on trai­ter le bas du vi­sage ?

“Lorsque le sou­rire dé­couvre non seule­ment les dents mais aus­si les gen­cives, ce qu’on ap­pelle le sou­rire gin­gi­val, on peut in­jec­ter de la toxine bo­tu­lique dans le muscle re­le­veur de la lèvre su­pé­rieure en 1 point spé­ci­fique à 3 mm du bord la­té­ral du nez. Ce­la li­mite l’as­cen­sion la­biale ex­ces­sive pour ne dé­cou­vrir que les dents.”

Peut-on amé­lio­rer l’as­pect du men­ton ?

“Avec le temps, cer­tains pa­tients ont une contrac­tion du muscle men­ton­nier, ce qui ma­jore la ride ho­ri­zon­tale du men­ton. On in­jecte de la toxine bo­tu­lique en un point au centre du muscle men­ton­nier ce qui at­té­nue la to­ni­ci­té de ce der­nier et amé­liore en même temps l’as­pect bos­se­lé du men­ton dite en peau d’orange.”

Com­ment ma­gni­fier le cou ?

“Les cordes pla­tys­males de­viennent saillantes lorsque le tis­su cel­lu­laire sous-cu­ta­né s’est atro­phié. Le trai­te­ment s’ef­fec­tue en pin­çant la corde, avec une in­jec­tion de toxine bo­tu­lique tous les 2 cm. Ce­la per­met

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de ré­duire la to­ni­ci­té des cordes et leur as­pect vi­sible. On peut com­plé­ter en agis­sant sur la face la­té­rale du cou avec de pe­tites in­jec­tions de toxine bo­tu­lique dans le muscle peau­cier (le pla­tys­ma) pour ré­duire la ten­sion mus­cu­laire et dé­ga­ger l’ovale du vi­sage.

Est-il pos­sible de ré­gu­ler la trans­pi­ra­tion ex­ces­sive avec des in­jec­tions de toxine bo­tu­lique ?

“Il est pra­ti­qué des in­jec­tions de toxine bo­tu­lique par mul­ti­punc­ture dans les ais­selles (1 fla­con de chaque cô­té), ce qui per­met de ré­duire cette af­fec­tion ter­ri­ble­ment gê­nante. Le ré­sul­tat est spec­ta­cu­laire et dure 6 mois.”

Quel bud­get pré­voir ?

“À titre in­di­ca­tif, un fla­con de toxine bo­tu­lique per­met de trai­ter trois par­ties du vi­sage (front, rides du lion et zones pé­ri-or­bi­taires). Comp­ter en­vi­ron 350 à 400 €. L’ef­fet des in­jec­tions de toxine bo­tu­lique dure de 4 à 6 mois. Ce­la dé­pend de la to­ni­ci­té mus­cu­laire propre à cha­cun. \ Les types de toxine bo­tu­lique dis­po­nibles en France sont : Az­za­lure (La­bo­ra­toire Gal­der­ma), Dy­sport (La­bo­ra­toire Ip­sen) qui agit en 8 jours, Vistabel (La­bo­ra­toire Al­ler­gan) et Bo­cou­ture (La­bo­ra­toire Mertz) qui agit en 2 se­maines.

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