UNE BELLE BOUCHE

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Sommaire - PAR LAU­RENCE BEUR­DE­LEY

Par­tout il re­garde le vi­sage des femmes, dans la vie et dans les ma­ga­zines. Cette ob­ser­va­tion al­liée à quelques an­nées d’études et d’ex­pé­rience ont per­mis au Dr Her­vé Bru­net, der­ma­to­logue à Pa­ris, de com­prendre et d’éva­luer les trans­for­ma­tions que su­bit la bouche en vieillis­sant. “On note un amin­cis­se­ment der­mique de la lèvre blanche avec un apla­tis­se­ment des crêtes phil­trales et l’ap­pa­ri­tion de pe­tites rides sur la lèvre su­pé­rieure. Le contour des lèvres est moins des­si­né. La lèvre rouge perd de son vo­lume tout au long de la vie, puis la lèvre blanche s’al­longe. Ces signes ap­pa­raissent pro­gres­si­ve­ment vers 30-40 ans. Les peaux les plus fines et celles qui sont très ex­po­sées au so­leil sont concer­nées plus tôt. Les plis d’amer­tume (rides des com­mis­sures des lèvres don­nant à la bouche en as­pect triste) com­mence à s’ins­tal­ler.” C’est à par­tir de 50 ans que la ré­sorp­tion os­seuse au­tour des dents en­traîne une diminution de l’ar­ti­cu­lé den­taire, ag­gra­vant l’as­pect de lèvres pin­cées. Cha­cune des pro­cé­dures est ap­pli­quée en fonc­tion de l’âge. “Je ne fais pas les mêmes in­jec­tions d’acide hya­lu­ro­nique à une femme de 20 ans qu’à une femme de 60 ans. Une bouche trop pul­peuse à 60 ans est gê­nante.” Entre 20 et 30 ans , l’arc de Cu­pi­don est bien des­si­né. Les lèvres sont na­tu­rel­le­ment pul­peuses. Elles ont en­core les ron­deurs et la gour­man­dise des bouches en­fan­tines. Les mo­di­fier, les ac­cen­tuer, les ré­our­ler n’est pas le pre­mier sou­ci des jeunes femmes. “L’im­por­tant pour leur conser­ver cet état de grâce qui est le pri­vi­lège de la jeunesse est de bien les hy­dra­ter avec un baume à lèvres, dit le Dr Her­vé Bru­net. Com­po­sé d’un corps gras, il crée un film pro­tec­teur em­pê­chant leur déshy­dra­ta­tion. Si la lèvre est trop fine, on peut lui don­ner pro­gres­si­ve­ment un peu de vo­lume, mais on ne passe pas d’une lèvre fine à une lèvre pul­peuse en une seule séance. Ce­la doit se faire pro­gres­si­ve­ment pour être har­mo­nieux.”

À 30 ANS

Le pre­mier geste est de re­pul­per les lèvres rouges, car les femmes veulent ga­gner en sen­sua­li­té. Il faut res­pec­ter l’équi­libre des pro­por­tions entre la lèvre su­pé­rieure et l’in­fé­rieure. Il y a plu­sieurs stan­dards. Le stan­dard clas­sique est 1/3 pour la lèvre su­pé­rieure et 2/3 pour la lèvre in­fé­rieure. “La de­mande ac­tuelle évo­lue vers un rap­port à 50/50, c’est la bouche ‘slave’, mais elle ne rem­porte pas mon adhé­sion. Elle s’op­pose à l’ef­fet na­tu­rel re­cher­ché en cor­rec­tion es­thé­tique”, af­firme le pra­ti­cien. La tech­nique consiste à in­jec­ter de l’acide hya­lu­ro­nique peu ré­ti­cu­lé (Emer­vel Lips de Gal­der­ma) en deux points à par­tir de la lèvre blanche su­pé­rieure en di­ri­geant l’ai­guille vers la lèvre rouge. L’acte est ef­fec­tué de la même ma­nière à par­tir de la lèvre blanche in­fé­rieure vers la lèvre rouge in­fé­rieure. “Ce­la donne un vo­lume sub­til et re­dé­fi­nit lé­gè­re­ment l’arc de Cu­pi­don et le contour des lèvres, tout en gar­dant un ef­fet na­tu­rel”, in­dique le Dr Bru­net. L’ef­fet dure de six à douze mois. Une deuxième in­jec­tion quatre à six mois plus tard per­met de ren­for­cer la pre­mière et de du­rer un an et par­fois plus. \ Le prix : 350 € en­vi­ron.

À 40 ANS

“Je ré­pète le pro­to­cole dé­crit ci-des­sus pour re­don­ner un har­mo­nieux vo­lume aux lèvres. Mais je com­mence à trai­ter les plis d’amer­tume, ce qui per­met de re­mon­ter en même temps les coins de la bouche.” Si les plis sont peu mar­qués, l’in­jec­tion d’acide hya­lu­ro­nique est faite à l’ai­guille en plan su­per­fi­ciel, à un de­mi-cen­ti­mètre des coins des lèvres afin que le pro­duit se ré­par­tisse vers le haut et vers le bas, ce qui per­met d’ou­vrir les angles de la bouche. Si les plis sont très mar­qués, une se­conde in­jec­tion d’acide hya­lu­ro­nique en plan plus pro­fond est pra­ti­quée à la ca­nule. L’ef­fet

dure de six mois à un an. \Emer­vel Lips de Gal­der­ma 350 € pour une se­ringue Pour pré­pa­rer les épi­dermes douillets, le Dr Bru­net ap­plique une de­mi-heure avant l’acte une crème anes­thé­siante à la li­do­caine (do­sée à 30 %).

À 50 ANS ET PLUS

“MIEUX VAUT UNE SOUSCORRECTION QUE DES LèVRES TROP GON­FLéES. IL NE FAUT PAS TROP RE­DES­SI­NER LE CONTOUR DES LèVRES ET L’ARC DE CU­PI­DON APRèS 50 ANS.”

“Je suis le même pro­ces­sus que le cas dé­crit ci-des­sus en ce qui concerne les lèvres rouges, mais avec une grande dé­li­ca­tesse. Il ne faut pas ten­ter de trop gon­fler la bouche, ni de trop en res­tau­rer le contour s’il est de­ve­nu in­exis­tant. Je pré­fère trai­ter l’en­tou­rage, c’est-à-dire en prio­ri­té la lèvre blanche su­pé­rieure et le fa­meux plis­sé so­leil ou ‘code barre’.” Com­ment ? “Si les ri­dules sont peu mar­quées, je fais deux séances à un mois d’in­ter­valle de Res­ty­lane Skinboosters (La­bo­ra­toire Gal­der­ma), et je traite en même temps les rides ju­gales ou du men­ton.” Ces in­jec­tions se font as­sez su­per­fi­ciel­le­ment, à l’aide d’une pe­tite ca­nule. “Si les rides sont plus pro­non­cées, j’uti­lise un acide hya­lu­ro­nique plus ré­ti­cu­lé (Emer­vel Classic de Gal­der­ma) en nap­page dis­cret à la ca­nule. Si le contour des lèvres était à l’ori­gine bien mar­qué, je le re­des­sine sans exa­gé­ra­tion, à l’ai­guille ou à la ca­nule, avec quelques gouttes de ce même acide hya­lu­ro­nique.” (350 € pour une se­ringue, 600 € en­vi­ron pour deux se­ringues.) L’ef­fet dure au moins un an. Les crêtes phil­trales si­tuées sous le nez s’es­tompent avec le temps et peuvent être cor­ri­gées par une in­jec­tion à l’ai­guille d’acide hya­lu­ro­nique Emer­vel Classic (Gal­der­ma). S’il reste quelques cas­sures cu­ta­nées, elles se cor­rigent en in­fil­trant quelques gouttes de ce même pro­duit, avec des mi­niai­guilles, les mêmes que celles uti­li­sées en mé­so­thé­ra­pie. L’ef­fet dure un an en moyenne. \ Le prix est de 600 € en­vi­ron. Le risque est de vou­loir ab­so­lu­ment trai­ter toutes les ri­dules, et d’in­jec­ter trop de pro­duit, ce qui donne des bouches su­rin­jec­tées. Il vaut mieux lais­ser quelques fines ri­dules, ce qui se­ra en har­mo­nie avec le reste du vi­sage. Dans cer­tains cas, le pra­ti­cien pres­crit une thé­ra­pie com­bi­née. Deux à trois séances de la­ser CO2 pour mi­ni­mi­ser les ri­dules sur la lèvre blanche su­pé­rieure. On le fait une fois dans sa vie. Quelques gouttes de toxine bo­tu­lique (Az­za­lure, La­bo­ra­toire Gal­der­ma), pla­cées à 1 mm de la lèvre rouge sur la lèvre blanche, ci­sèlent le ré­sul­tat, qui dure quatre mois. “Je traite les lèvres avec de la toxine bo­tu­lique en même temps que le reste du vi­sage.” \ Entre 350 et 400 € pour l’en­semble du vi­sage La toxine est sur­tout in­di­quée en com­plé­ment des in­jec­tions d’acide hya­lu­ro­nique pour les ri­dules qui ap­pa­raissent lors du mou­ve­ment de la bouche.

\ À par­tir de 40 ans, on peut re­don­ner du vo­lume aux lèvres et trai­ter les plis d’amer­tume.

\ Dans cer­tains cas, il est pré­fé­rable de trai­ter l’en­tou­rage de la bouche : lèvre blanche su­pé­rieure et plis­sé so­leil.

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