LA RHI­NO­PLAS­TIE

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Sommaire - PAR LAU­RENCE BEUR­DE­LEY

Pour­quoi se fait-on opé­rer ? Au­jourd’hui y a-t-il plus ou moins d’in­ter­ven­tions ?

“Un nez trop fort, trop large, une bosse un peu mar­quée, une pointe un peu forte sont au­tant d’élé­ments qui peuvent gâ­cher la vie. Se­lon une étude ré­cente, plus d’une per­sonne sur deux est com­plexée par son nez, mais seule une mi­no­ri­té fran­chit le cap de la rhi­no­plas­tie par in­cer­ti­tude du ré­sul­tat, peur d’être trans­for­mé ou de ne plus se re­con­naître. Il y a aus­si les risques que les chi­rur­giens ne sou­hai­taient sou­vent pas prendre : re­des­si­ner le nez chez des per­sonnes de plus de 40-45 ans, avec une éven­tua­li­té ac­crue de frac­tures in­con­trô­lées, cor­ri­ger des nez dé­jà traumatisés ou dé­jà opé­rés moins contrô­lables dans leur de­ve­nir… Ce­pen­dant, les don­nées amé­ri­caines et an­glaises montrent que le nombre de rhi­no­plas­ties ef­fec­tuées chaque an­née aug­mente ré­gu­liè­re­ment. Parce que l’ap­pa­rence de­vient plus im­por­tante. Il faut sou­li­gner que les tech­niques de rhi­no­plas­tie sont de plus en plus na­tu­relles avec des suites très lé­gères.”

Com­ment se passe la pre­mière consul­ta­tion ? Que re­gar­dez-vous d’abord ? Don­nez-vous tout de suite l’in­di­ca­tion opé­ra­toire ?

“La pre­mière consul­ta­tion est un mo­ment es­sen­tiel qui dure sou­vent entre 45 et 60 mi­nutes. J’in­ter­roge le pa­tient sur ses at­tentes, ana­lyse avec lui son nez et son vi­sage, car le nez doit être en har­mo­nie avec le reste du vi­sage. J’exa­mine l’in­té­rieur du nez pour éva­luer la fonc­tion res­pi­ra­toire na­sale et les élé­ments in­ternes qu’il faut cor­ri­ger lors de la rhi­no­plas­tie. Le risque de dé­té­rio­rer la res­pi­ra­tion est très im­por­tant sans cette ana­lyse pré-opé­ra­toire. Puis j’ef­fec­tue des si­mu­la­tions informatiques sur les pho­tos prises de face, de pro­fil, de trois-quarts, vu du nez d’en bas, d’en haut, en consul­ta­tion. Ce­la per­met de sa­voir pré­ci­sé­ment ce que sou­haite le pa­tient et si la de­mande est réa­liste et sou­hai­table. Mon rôle est d’ex­pli­quer ce qui est pos­sible. Il m’ar­rive de faire com­prendre qu’une rec­ti­fi­ca­tion dé­si­rée n’ira ni avec le vi­sage ni avec la peau. Grâce aux tech­niques ac­tuelles de rhi­no­plas­tie struc­tu­relle, la cor­rec­tion du nez se contrôle au mil­li­mètre, et le ré­sul­tat des si­mu­la­tions peut être ap­pro­ché au plus près. J’ai une marge opé­ra­toire de 1 mm. Le but de la consul­ta­tion est de dia­lo­guer. Elle se ter­mine tou­jours par une longue in­for­ma­tion : je montre des cas de nez si­mi­laires que j’ai opé­rés, avec les suites, l’évo­lu­tion dans le temps, afin que mes pa­tients puissent sa­voir exac­te­ment à quoi s’at­tendre.”

Vous ar­rive-t-il de re­fu­ser d’opé­rer ?

“Je n’opère que la moi­tié des pa­tients qui viennent consul­ter. En ef­fet, cer­tains ont des de­mandes ir­réa­listes, ex­ces­sives… mais sur­tout des pro­blèmes psy­cho­lo­giques et fo­ca­lisent ces dif­fi­cul­tés sur l’ap­pa­rence de leur nez. La dys­mor­pho­pho­bie est une ma­la­die psy­cho-so­ma­tique des temps mo­dernes, qui touche près d’un tiers des pa­tients consul­tant pour une rhi­no­plas­tie. Notre rôle est de les dé­pis­ter, de les in­for­mer et de les orien­ter vers un pra­ti­cien spé­cia­liste de cette ques­tion. Par ailleurs, j’ef­fec­tue quo­ti­dien­ne­ment des rhi­no­plas­ties se­con­daires, ou rat­tra­page de rhi­no­plas­ties im­par­faites.”

À quel âge se faire opé­rer ?

“On peut opé­rer dès que le nez a fi­ni de gran­dir, c’est-à-dire à la fin de la pu­ber­té. Pour ma part, je pré­fère m’as­su­rer de la ma­tu­ri­té psy­cho­lo­gique des jeunes qui viennent consul­ter avant de les opé­rer, même s’ils sont ma­jeurs.”

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