SEINS : RE­TROU­VER L’HAR­MO­NIE

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Sommaire -

L’hy­per­tro­phie mam­maire se dé­fi­nit comme un vo­lume des seins trop im­por­tant par rap­port à la mor­pho­lo­gie. Elle peut être due à un ex­cès de glande – dans ce cas il faut vé­ri­fier la con­tra­cep­tion orale – ou à un ex­cès de graisse – dans ce cas il est conseillé de perdre du poids avant une quel­conque in­ter­ven­tion. Cette hy­per­tro­phie peut avoir des consé­quences psy­cho­lo­giques, phy­siques et fonc­tion­nelles pour les femmes qui en souffrent. Des dou­leurs cer­vi­cales ou du dos, une gêne pour pra­ti­quer cer­tains sports, sans par­ler des dif­fi­cul­tés ves­ti­men­taires qui em­poi­sonnent la vie. Une plas­tie mam­maire est l’in­di­ca­tion pres­crite dans ce cas de fi­gure.

Pour qui est in­di­quée cette in­ter­ven­tion ?

“Une plas­tie mam­maire peut être réa­li­sée dès la fin de la crois­sance mam­maire et pen­dant toute la du­rée de la vie. Gros­sesses et al­lai­te­ments se­ront tou­jours en­vi­sa­geables mais il est im­por­tant d’at­tendre au moins six mois après l’in­ter­ven­tion afin d’évi­ter un élar­gis­se­ment des ci­ca­trices.

À quel âge est-il pré­fé­rable de se faire opé­rer ?

Dès que la poitrine est sta­bi­li­sée. En gé­né­ral à par­tir de 18 ans, très ra­re­ment avant 16 ans. Et à la mé­nau­pose qui en­gendre sou­vent une hy­per­tro­phie mam­maire avec glande mas­to­sique et dense.

Y a-t il des contre-in­di­ca­tions ?

“Oui s’il y a contre-in­di­ca­tion à l’anes­thé­sie gé­né­rale, s’il y a des risques de ci­ca­trices ché­loïdes, si une gros­sesse est pré­vue dans l’an­née à ve­nir.”

Faut-il pré­pa­rer sa peau avant ?

“Il faut im­pé­ra­ti­ve­ment ar­rê­ter le ta­bac un mois avant l’opé­ra­tion. Il est aus­si pré­fé­rable d’avoir une peau bien hy­dra­tée.”

Com­ment se dé­roule l’opé­ra­tion ?

“L’in­ter­ven­tion sous anes­thé­sie gé­né­rale consiste en l’abla­tion du tis­su glan­du­laire en ex­cès mais en conser­vant un vo­lume har­mo­nieux par rap­port à la sil­houette. Il faut aus­si prendre en compte les sou­haits de la pa­tiente. La glande est re­mon­tée et re­mo­de­lée. La peau en ex­cès est en­le­vée ce qui as­sure un jo­li galbe mam­maire. Les berges cu­ta­nées in­ci­sées sont en­suite su­tu­rées et les su­tures don­ne­ront les fu­tures ci­ca­trices. Les tis­sus en­le­vés sont sys­té­ma­ti­que­ment adres­sés à un la­bo­ra­toire pour un exa­men au mi­cro­scope. En fin d’in­ter­ven­tion un pan­se­ment mo­de­lant en forme de sou­tien-gorge, est réa­li­sé. En fonc­tion de l’im­por­tance de l’hy­per­tro­phie, l’in­ter­ven­tion peut du­rer de deux à trois heures.”

Où sont pla­cées les ci­ca­trices ?

“Il faut pré­voir deux ci­ca­trices, ou trois si l’hy­per­tro­phie est im­por­tante, si la peau est peu élas­tique, si la base mam­maire est large. Les trois ci­ca­trices forment un­tin­ver­sé avec trois com­po­santes: pé­ri-aréo­laire sur le pour­tour de l’aréole, entre la peau brune et la peau blanche, ver­ti­cale, entre le pôle in­fé­rieur de l’aréole et le sillon sous-mam­maire, ho­ri­zon­tale, dis­si­mu­lée dans le sillon sous-mam­maire. Si l’hy­per­tro­phie et la ptose sont mo­dé­rées, une méthode dite ‘ver­ti­cale’ peut être en­vi­sa­gée. Elle fait l’éco­no­mie de la ci­ca­trice trans­ver­sale dans le sillon sous-mam­maire et ré­duit la­ran­çon ci­ca­tri­cielle. Les su­tures sont ef­fec­tuées avec des fils ré­sor­bables.”

Quelles sont les suites opé­ra­toires ?

“Elles sont en gé­né­ral peu dou­lou­reuses, ne né­ces­sitent que la prise d’an­tal­giques simples. Un oe­dème et des ec­chy­moses, ain­si qu’une gêne quand on lève les bras sont fré­quem­ment ob­ser­vés. Le pre­mier pan­se­ment est re­ti­ré le jour de la sor­tie de la cli­nique et rem­pla­cé par un pan­se­ment plus lé­ger as­so­cié à un sou­tien-gorge de conten­tion. Ce der­nier de­vra être por­té pen­dant en­vi­ron un mois nuit et jour après l’in­ter­ven­tion. La sor­tie de cli­nique a lieu en gé­né­ral le jour même ou le len­de­main de l’in­ter­ven­tion. Je re­vois la pa­tiente en consul­ta­tion dans les jours qui suivent. Une conva­les­cence et un ar­rêt de tra­vail d’une du­rée de huit à quinze jours sont à pré­voir. Le sport est dé­con­seillé pen­dant un à deux mois.”

Quand le ré­sul­tat se voit-il ?

“La pre­mière éva­lua­tion est faite à la fin du pre­mier mois. Le ré­sul­tat pré­cis ne peut être ju­gé qu’à par­tir d’un an après l’in­ter­ven­tion. Les­seins ont alors

\ En cas d’hy­per­tro­phie mam­maire im­por­tante, une prise en charge par­tielle par la sécurité so­ciale peut être en­vi­sa­gée pour des frais d’hos­pi­ta­li­sa­tion.

le plus sou­vent un galbe har­mo­nieux, sy­mé­trique ou très proche de la sy­mé­trie, et na­tu­rel. Au-de­là de l’amé­lio­ra­tion lo­cale, une plas­tie mam­maire a en gé­né­ral un re­ten­tis­se­ment fa­vo­rable sur l’équi­libre du poids, la pra­tique spor­tive et donc l’état psy­cho­lo­gique. Il convient sim­ple­ment d’avoir la­pa­tience d’at­tendre le dé­lai né­ces­saire à l’at­té­nua­tion des ci­ca­trices et d’ob­ser­ver pen­dant un an une bonne sur­veillance. Les seins opé­rés sont des seins qui res­tent na­tures et sen­sibles, no­tam­ment aux va­ria­tions hor­mo­nales.”

LE LIF­TING MAM­MAIRE

En vieillis­sant, les seins perdent de leur su­perbe et s’af­faissent. “La ptose mam­maire est un af­fais­se­ment glan­du­laire et une dis­ten­sion cu­ta­née. Le sein est en po­si­tion trop basse et fré­quem­ment ‘désha­bi­té’ dans sa par­tie su­pé­rieure. La ptose peut exis­ter d’em­blée mais sur­vient le plus sou­vent après un amai­gris­se­ment im­por­tant ou une gros­sesse avec al­lai­te­ment. Elle peut être iso­lée. On parle alors de ptose pure. Elle peut aus­si être as­so­ciée à un cer­tain de­gré d’hy­per­tro­phie mam­maire”, constate de doc­teur Oli­vier Claude.

À qui est des­ti­né le lif­ting des seins ?

“Il peut être ef­fec­tuée à par­tir de 18 ans et pen­dant toute la du­rée de la vie. En gé­né­ral chez les jeunes femmes lap­tose est due à un amai­gris­se­ment, ou une gros­sesse avec al­lai­te­ment. Elle est ag­gra­vée si la peau est peu élas­tique. Une gros­sesse ul­té­rieure est bien évi­dem­ment pos­sible ain­si qu’un al­lai­te­ment, mais on il est conseillé d’at­tendre au moins six mois après l’in­ter­ven­tion.”

Y a-t il des contre-in­di­ca­tions à l’opé­ra­tion ?

“Oui, les mêmes que pour la plas­tie.”

Faut-il pré­pa­rer sa peau avant ?

“Oui, il est im­por­tant d’avoir une peau bien hy­dra­tée, et sur­tout d’ar­rê­ter le ta­bac un mois avant l’opé­ra­tion et un­mois après.”

Où sont pla­cées les ci­ca­trices ?

“Il faut pré­voir une, deux ou trois ci­ca­trices, en fonc­tion de l’in­di­ca­tion opé­ra­toire. En cas de ptose im­por­tante, la ci­ca­trice à la forme d’un T in­ver­sé avec les trois mêmes com­po­santes que pour la plas­tie mam­maire: pé­ria­réo­laire, ver­ti­cale entre le pôle in­fé­rieur de l’aréole et le­sillon sous-mam­maire, et ho­ri­zon­tale dis­si­mu­lée dans le sillon sous mam­maire. La lon­gueur de la ci­ca­trice ho­ri­zon­tale est pro­por­tion­nelle à l’im­por­tance de la ptose. Si la ptose mam­maire est mo­dé­rée, le chi­rur­gien uti­lise une méthode dite ‘ver­ti­cale’ qui per­met de sup­pri­mer la ci­ca­trice trans­ver­sale dans le sillon sous-mam­maire et de ré­duire la ran­çon ci­ca­tri­cielle à ses com­po­santes pé­ri-aréo­laire et ver­ti­cale. Dans cer­tains cas de ptose mam­maire très mo­dé­rée, il est pos­sible d’uti­li­ser une tech­nique qui per­met de cor­ri­ger l’af­fais­se­ment avec une seule ci­ca­trice au­tour de l’aréole.”

Com­ment se dé­roule l’in­ter­ven­tion ?

“L’in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale sous anes­thé­sie gé­né­rale peut du­rer d’une heure trente à deux heures trente. Elle a pour but de re­mettre l’aréole et le ma­me­lon en bonne po­si­tion, de­re­con­cen­trer et de re­mon­ter la glande et de re­ti­rer la peau ex­cé­den­taire afin d’ob­te­nir des seins har­mo­nieux, gal­bés et hauts. En fin d’in­ter­ven­tion un pan­se­ment mo­de­lant en forme de sou­tien-gorge est confec­tion­né avec des bandes élas­tiques. Lorsque la ptose est as­so­ciée à une in­suf­fi­sance de vo­lume (hy­po­pla­sie mam­maire), il peut être sou­hai­table de mettre en place, dans le même temps opé­ra­toire, une pro­thèse, ce qui re­donne au sein un jo­li vo­lume. Dans ce cas, il est pos­sible de re­ti­rer l’ex­cès de peau au­tour de l’aréole et de li­mi­ter la ci­ca­trice à un cercle pé­ri-aréo­laire. Les su­tures sont faites avec des fils ré­sor­bables.”

Com­plé­tez-vous le lif­ting mam­maire par un autre geste opé­ra­toire ?

“Je peux pra­ti­quer un lipofilling de graisse au­to­logue. Plus que pour les seins, ce pro­to­cole est utile au dé­col­le­té. Il per­met un ra­jeu­nis­se­ment et un em­bel­lis­se­ment op­ti­mal des seins.”

Quelles sont les suites opé­ra­toires ?

“Elles sont peu dou­lou­reuses et ne né­ces­sitent que la prise d’an­tal­giques simples. Un oe­dème et des ec­chy­moses, ain­si qu’une gêne à le­ver les bras sont ob­ser­vés. Le pre­mier pan­se­ment re­ti­ré au bout de 24 à 48 heures est rem­pla­cé par un pan­se­ment plus lé­ger. La sor­tie a lieu 24 à 48 heures après l’in­ter­ven­tion, puis la pa­tiente est re­vue en consul­ta­tion dans les jours sui­vant. Les fils de su­ture, s’ils ne sont pas ré­sor­bables, sont re­ti­rés entre le hui­tième et le ving­tième jour après l’in­ter­ven­tion.”

Quelles sont les pré­cau­tions à prendre après ?

“Le port du sou­tien-gorge de conten­tion est conseillé pen­dant en­vi­ron un mois, nuit et jour, après l’in­ter­ven­tion. Il faut ar­rê­ter sys­té­ma­ti­que­ment le ta­bac pen­dant un mois mi­ni­mum avant et après l’opé­ra­tion, ce qui amé­liore la ci­ca­tri­sa­tion. L’uti­li­sa­tion de pan­se­ments patch en si­li­cone évite les ci­ca­trices hy­per­tro­phiques voire ché­loï­diennes.”

Quand re­prend-t-on une vie nor­male ?

“Il convient d’en­vi­sa­ger une conva­les­cence et un ar­rêt de tra­vail d’une du­rée de sept à dix jours. Et d’at­tendre un à deux mois pour re­prendre une ac­ti­vi­té spor­tive.”

Quand le ré­sul­tat dé­fi­ni­tif se voit-il ?

“Il ne peut être ju­gé qu’à par­tir d’un an après l’in­ter­ven­tion. Les seins ont ac­quis un galbe har­mo­nieux et na­tu­rel, sy­mé­trique ou très proche de la sy­mé­trie.”

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