LA CONSUL­TA­TION : UNE Dé­CI­SION à DEUX

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Guide - PAR LAU­RENCE BEUR­DE­LEY

« La pre­mière consul­ta­tion est longue. On peut la dé­fi­nir en termes de temps et d’écoute. Il est pri­mor­dial d’y consa­crer la du­rée né­ces­saire, ex­plique le Dr Phi­lippe Kes­te­mont, chi­rur­gien de la face et du cou. Pour moi, c’est une fa­çon de com­prendre la dé­marche de mon pa­tient, de cer­ner ses mo­ti­va­tions, de per­ce­voir ce qui phy­si­que­ment le dé­range, donc mo­tive sa dé­ci­sion. Je ne me po­si­tionne pas d’em­blée sur la pos­si­bi­li­té d’un acte opé­ra­toire. Le mé­de­cin ne doit pas gui­der son pa­tient vers ses idées, mais per­ce­voir son dé­sir. Mon prin­cipe peut pa­raître ‘agres­sif’ aux yeux de cer­tains. Je pré­fère être prag­ma­tique. Je prends des pho­tos de face, de trois-quarts et de pro­fil de mon pa­tient, je peux aus­si lui de­man­der d’en ap­por­ter d’an­ciennes, puis, en­semble, nous ana­ly­sons les images. Je l’in­ter­roge sur ce qu’il trouve ‘moche’, ce qu’il n’aime pas en lui. Par­fois, cer­tains souffrent de dys­mor­pho­pho­bie et pré­tendent avoir tous les dé­fauts du monde, ce qui n’a pas lieu d’être. Je me sou­viens du cas d’une jeune femme très mince, très fine, qui était convain­cue d’avoir un double men­ton. Ce pro­ces­sus per­met de ‘le­ver le masque’, de re­po­si­tion­ner le dé­bat sur un mode réel, même si par­fois s’ob­ser­ver sous tous les angles est violent. Ce n’est qu’après avoir lais­sé par­ler mon pa­tient que je prends le re­lais, et donne un avis mé­di­cal. Je pra­tique une chi­rur­gie d’amé­lio­ra­tion, pas de trans­for­ma­tion, donc mé­fiance si il ou elle me de­mande de le (la) trans­for­mer. Toute trans­for­ma­tion, même ‘po­si­tive’, est à pros­crire.”

Cette conver­sa­tion, cet échange entre le pra­ti­cien et son pa­tient sont pri­mor­diaux, car c’est une fa­çon de s’ap­pré­cier l’un l’autre. Pour le pa­tient, c’est un moyen d’éva­luer la per­son­na­li­té, le ca­rac­tère du chi­rur­gien. Si vous ne res­sen­tez pas lors de la pre­mière ren­contre une im­pres­sion fa­vo­rable, al­lez en voir un autre. Ce dia­logue sur le ton de la fran­chise est es­sen­tiel aus­si pour le spé­cia­liste, il s’as­sure ain­si que son pa­tient est dé­ter­mi­né et ne su­bit au­cune in­fluence. En chi­rur­gie es­thé­tique, il y a une règle ab­so­lue à res­pec­ter : on se fait opé­rer pour soi et non pour ou à cause de quel­qu’un. Le mé­de­cin doit donc aus­si cer­ner l’état d’es­prit de son pa­tient. Ne ja­mais opé­rer quel­qu’un qui est dvé­pres­sif est une obli­ga­tion pour un pra­ti­cien. C’est au cours de la se­conde consul­ta­tion que l’on entre dans le vif du su­jet. La dé­ci­sion d’opé­rer se prend en com­mun. Le chi­rur­gien pose l’in­di­ca­tion opé­ra­toire, ex­plique la pro­cé­dure chi­rur­gi­cale et les mo­da­li­tés d’hos­pi­ta­li­sa­tion, les suites post­opé­ra­toires et les pos­sibles mais très rares com­pli­ca­tions. Un de­vis pré­cis (c’est une obli­ga­tion de la part du pra­ti­cien) est éta­bli. Il com­prend ses ho­no­raires, ceux de l’anes­thé­siste, de l’aide opé­ra­toire, le prix de l’hos­pi­ta­li­sa­tion et de la salle d’opé­ra­tion, des pro­thèses si be­soin. Ce consen­te­ment éclai­ré ne vous en­gage en rien. Vous avez quinze jours pour ré­flé­chir. Il ne faut pas se pré­ci­pi­ter, même après la se­conde consul­ta­tion, ni blo­quer une in­ter­ven­tion entre des évé­ne­ments im­por­tants, per­son­nels ou pro­fes­sion­nels. Il faut donc avoir du temps de­vant soi, au­cune contrainte, au­cune obli­ga­tion. Il faut sim­ple­ment se dire : “Je m’oc­cupe de moi.”

Le fa­meux nombre d’or.

“Nous avons un rôle de con­seil et d’ac­com­pa­gne­ment”, as­sure le Dr Ju­lien Car­ré, mé­de­cin es­thé­tique dont les pa­tientes sont, dit-il, “très en de­mande de ra­jeu­nis­se­ment”. Sou­vent, le dé­sir de re­trou­ver le vi­sage

“CE N’EST QU’APRèS AVOIR LAIS­Sé PAR­LER MON PA­TIENT QUE JE PRENDS LE RE­LAIS, ET DONNE UN AVIS Mé­DI­CAL.” DR PHI­LIPPE KES­TE­MONT

de leurs 20 ans pousse les femmes à vou­loir l’im­pos­sible. “J’in­ter­viens en ex­pli­quant que toute cor­rec­tion est ba­sée sur le res­pect du fa­meux nombre d’or. La règle est simple, af­firme-t-il. Si elle est trans­gres­sée, le vi­sage se­ra dé­for­mé. Je suis très strict sur la cor­rec­tion des lèvres. Qu’im­porte si cer­taines vont voir ailleurs.” À l’ins­tar du pra­ti­cien, qui sou­met au pa­tient un der­nier ques­tion­naire dé­taillé (sur le plan phy­sique et psy­cho­lo­gique), ce­lui-ci doit se mu­nir d’une liste de ques­tions à po­ser. Ain­si, le dia­logue s’ins­taure, l’in­di­ca­tion opé­ra­toire ou mé­di­cale se pré­cise. L’at­tente du pa­tient est mieux cer­née par le mé­de­cin, qui peut à son tour bien faire com­prendre ce qu’il est pos­sible ou non de faire. “Je pense qu’en tant que spé­cia­liste je dois four­nir à celles et ceux qui me font confiance des ar­gu­ment ob­jec­tifs, fac­tuels, car­té­siens pour mo­ti­ver une prise en charge de ma part, et donc pas­ser de l’émo­tion­nel au fac­tuel en res­tant pra­ti­cien, af­firme le Dr Éric Es­sayagh, mé­de­cin es­thé­tique. J’ex­plique tou­jours ma méthode, qui consiste à tou­jours res­pec­ter la beau­té na­tu­relle.” \ Sur ce site se trouve le ré­per­toire de tous les chi­rur­giens-plas­ti­ciens qua­li­fiés. www.chi­rur­giens-plas­ti­ciens.in­fo

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