SE­CRETS DE FEMMES

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Guide - PAR LAU­RENCE BEUR­DE­LEY

CA­THE­RINE DE GOURSAC

Ques­tion beau­té, les pe­tites rides ne choquent pas le doc­teur Ca­the­rine de Goursac. Il en est même de char­mantes. “Une belle per­sonne est une femme qui a l’air dy­na­mique, en forme et en bonne san­té. En deux mots, une femme qui a bonne mine, un vi­sage re­po­sé, une at­ti­tude to­nique. Je pré­co­nise à mes pa­tientes de se re­gar­der de loin pour voir l’im­pres­sion qu’elles donnent aux autres”, ra­conte-t-elle. Mé­de­cin es­thé­tique, membre du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’As­so­cia­tion fran­çaise de mé­de­cine es­thé­tique et ex­perte en pro­to­coles an­ti-âge, elle se fo­ca­lise sur la tex­ture de la peau, l’éclat du teint. Le plus im­por­tant à ses yeux. À 57 ans, la sienne, souple et ve­lou­tée, a la fraî­cheur et la lu­mi­no­si­té d’une peau de 20 ans, un teint uni­forme (pas de taches, pas de cou­pe­rose, pas d’as­pé­ri­tés, au­tant de stig­mates dus à l’âge). Avoir un bon rythme de vie, se cou­cher tôt, bien se nour­rir (préférer les pro­duits frais du mar­ché aux em­bal­lages de su­per­mar­ché), évi­ter le ta­bac, l’al­cool, les UV et la pol­lu­tion, avoir “l’in­té­rieur qui fonc­tionne bien” car ce­la se re­flète sur le vi­sage, tels sont les prin­cipes de base du doc­teur Ca­the­rine de Goursac, qu’elle s’ap­plique à elle-même. À titre per­son­nel, elle fait chaque an­née un bi­lan bio­lo­gique qui per­met la cor­rec­tion des ca­rences (par la prise de vi­ta­mine D, de zinc et de pro­bio­tiques qui vont en­se­men­cer l’éco­sys­teme in­tes­ti­nal) et l’op­ti­mi­sa­tion des hor­mones. Se­lon les résultats, elle ajuste son trai­te­ment sub­sti­tu­tif de la mé­no­pause. Au pro­gramme, tes­to­sté­rone (hor­mone du dé­sir) sous forme de gel, DHEA (hor­mone de la jeunesse) en com­pri­més, pré­gné­no­lone (pour ré­veiller une mé­moire dé­faillante) en com­pri­més, et mé­la­to­nine (an­ti­stress pour bien dor­mir). Ques­tion cos­mé­tique ? Elle uti­lise des crèmes spé­ci­fiques : an­ti­pig­men­tante, an­ti-oxy­dante, an­ti­cou­pe­rose, ex­fo­liante, hy­dra­tante et à la vi­ta­mine C, toutes dis­tri­buées en phar­ma­cie. Ques­tion es­thé­tique ? Elle sous­crit à des actes de mé­de­cine es­thé­tique et des trai­te­ments ayant des ef­fets bé­né­fiques tant sur le phy­sique que sur le psy­chique. Au cours de l’an­née, deux à trois pee­lings lé­gers pour éclair­cir le teint, quatre séances de ra­dio­fré­quence pour sti­mu­ler le derme et un trai­te­ment aux ul­tra­sons fo­ca­li­sés pour re­des­si­ner le contour du vi­sage, les pau­pières tom­bantes et les sour­cils.En com­plé­ment, elle se pres­crit de l’acide hya­lu­ro­nique plus ou moins ré­ti­cu­lé et de la toxine bo­tu­lique. Ef­fi­caces pro­duits an­ti­rides, in­jec­tés à pe­tites doses dans les points stra­té­giques, ils comblent et lissent les traits. Ques­tion chi­rur­gie es­thé­tique ? Elle pour­ra en­vi­sa­ger un lif­ting. “Si la ptôse est trop im­por­tante, il n’y a pas d’autre méthode.” Ques­tion poids ? Ca­the­rine de Goursac avoue une pe­tite faille : “Je fais tout le temps at­ten­tion, en fait je suis au ré­gime conti­nu, mais je ne me re­fuse pas de pe­tits plai­sirs gour­mands.” Ques­tion âge ? Elle a une méthode pour com­pen­ser : l’ou­blier. Et pour bien vieillir ? “Être op­ti­miste, pen­ser éner­gie sont les clés du vieillir en beau­té. C’est sur­tout une phi­lo­so­phie de vie. Les at­ti­tudes né­ga­tives marquent le vi­sage”, es­time-t-elle. Il faut se dire que tout est pos­sible, que l’on n’est ja­mais trop vieux pour en­tre­prendre, et ne pas ré­pé­ter son âge à lon­gueur de jour­née. S’oc­cu­per de soi sans culpa­bi­li­té ni ob­ses­sion est une bonne ap­proche, comme cher­cher l’ef­fort sur le plan phy­sique. Nous sommes trop sé­den­taires. “Sur le plan in­tel­lec­tuel, je pres­cris de faire faire de la gym à son cer­veau et des exer­cices de mé­moire quo­ti­dien­ne­ment”, dit-elle. Et d’ajou­ter : “Avoir une vie af­fec­tive et amou­reuse agréable, n’est-ce pas l’es­sen­tiel ?”

MAR­TINE DE RICHEVILLE

Tout ce qu’elle dit, elle le fait. Mar­tine de Richeville, qui a conçu le fa­meux re­mo­de­lage qui porte son nom, a une cer­taine idée de la beau­té. “Chaque per­sonne, dit-elle, quels que soient sa mor­pho­lo­gie, son âge, ses contraintes, pos­sède une beau­té qui lui est propre. Sa­voir ac­cep­ter son âge est le se­cret pour vieillir en beau­té. On peut être belle à toute époque de sa vie. La beau­té est une ques­tion d’at­ti­tude, de com­por­te­ment. Elle se su­blime dans l’ex­pres­sion de ses émo­tions, dans la lu­mière que l’on dé­gage, dans l’es­time que l’on a de soi.” Ce­la n’em­pêche pas Mar­tine de Richeville de suivre avec sa­gesse des prin­cipes cos­mé­ti­coes­thé­tiques et de se sou­mettre à une dis­ci­pline nu­tri­tive. “Le meilleur des

mé­di­ca­ments est une saine ali­men­ta­tion. Je ne suis pas dans la frus­tra­tion. Il faut sa­voir se faire plai­sir.” Mais elle ne dé­roge pas à sa jour­née dé­tox heb­do­ma­daire, pla­cée sous le signe des jus de fruits et lé­gumes De­tox De­light. Le soir, pas de net­toyage du vi­sage agres­sif mais, après un dé­ma­quillage, elle ap­plique une crème émul­sion­nante sur son vi­sage qu’elle rince à l’eau. Un lé­ger to­nique com­plète ce soin noc­turne, sui­vi d’un sé­rum fluide équi­li­brant si sa peau est déshy­dra­tée. La nuit, elle laisse sa peau vierge de tout soin gras. Pen­dant le som­meil, on trans­pire, il faut lais­ser les pores éva­cuer les stig­mates de la pol­lu­tion, l’ex­cès de sé­bum. Le ma­tin, mise en beau­té ri­tuelle avec gestes pré­cis, lo­tion et crème de jour per­son­na­li­sées et si­gnées Joëlle Cioc­co, comme tous ses cos­mé­tiques. Elle se ma­quille peu, une crème tein­tée lé­gère, mais ne sort pas sans un rouge à lèvres vif. Les in­jec­tions d’acide hya­lu­ro­nique ou de toxine bo­tu­lique ne sont pas son ob­ses­sion. “Il faut en user à dose ho­méo­pa­thique en res­pec­tant la struc­ture du vi­sage.” Elle prend soin de son corps avec une cer­taine phi­lo­so­phie. Dans son mo­de­lage amin­cis­sant, Mar­tine de Richeville as­so­cie deux concepts à prio­ri op­po­sés : la vi­sion ho­lis­tique qui vient de l’Orient, où corps et es­prit ne font qu’un, et la vi­sion oc­ci­den­tale, où beau­té et min­ceur sont les pierres an­gu­laires du bien-être. Au pro­gramme, hy­dra­ta­tion maxi­mum et mas­sages spé­ci­fiques pour re­lan­cer la cir­cu­la­tion san­guine, lym­pha­tique et éner­gé­tique. Ses ac­ti­vi­tés phy­siques ? Une heure de yo­ga quo­ti­dienne et de la boxe fran­çaise deux fois par se­maine.

SO­PHIE GUILLON

In­ter­ro­gée sur sa vi­sion de la beau­té, So­phie Guillon, di­rec­trice du dé­ve­lop­pe­ment des pro­duits Val­mont, confie : “Sous ce seul mot re­posent des di­zaines de concep­tions qui sont dif­fé­rentes pour tous. La beau­té au sens aca­dé­mique du terme n’a pour moi au­cun in­té­rêt. C’est une beau­té creuse. Pour moi, une femme belle est une femme qui s’as­sume, qui rayonne de confiance. Ce n’est pas celle à la plas­tique ir­ré­pro­chable sur la­quelle les hommes se re­tournent, mais plu­tôt celle qui a ‘du chien’, sur la­quelle les femmes se re­tournent! Mais avec l’âge, la peau mé­rite que l’on en prenne soin. Elle est l’écrin de la per­son­na­li­té.” Ses pra­tiques ré­gu­lières : un pee­ling mé­di­cal plu­sieurs fois dans l’an­née; une cure de mé­so­thé­ra­pie, qui per­met de conser­ver une peau pleine de vi­ta­li­té (trois séances deux fois par an) ; et, bien sûr, tous les jours, les cos­mé­tiques Val­mont choi­sis se­lon leur ap­pli­ca­tion. “C’est ma pas­sion et c’est mon mé­tier, donc dif­fi­cile de ne pas être ac­cro !” Les in­jec­tions d’acide hya­lu­ro­nique peuvent être un pré­cieux al­lié pour conser­ver des vo­lumes gra­cieux au fil des an­nées. Elles donnent d’ex­cel­lents résultats si l’on ne dé­passe pas les li­mites. “Mais je ne suis pas tel­le­ment pour la toxine bo­tu­lique, car je n’ai ja­mais vu d’ef­fet har­mo­nieux sur des per­sonnes ayant sui­vi ce pro­to­cole.” So­phie Val­mont, à la sil­houette ferme et menue, sait com­ment gar­der la ligne. Ses tech­niques ? La li­po­ca­vi­ta­tion pour son ac­tion mé­ta­bo­lique et l’en­der­mo­lo­gie pour son ac­tion mé­ca­nique. “La ra­dio­fré­quence (type Ther­mage) est éga­le­ment très ef­fi­cace quand la si­tua­tion semble per­due.” Ques­tion nu­tri­tion, elle s’oblige à faire les choix ju­di­cieux, sur­tout au res­tau­rant. “J’es­saye d’ap­pli­quer la ‘règle des 4P’, c’est-à-dire li­mi­ter le pain, les pâtes, les pâ­tis­se­ries et les pommes de terre. Je li­mite les fé­cu­lents, que je pré­fère sans glu­ten. Je prends des com­plé­ments ali­men­taires à base de chrome ou de chi­to­san pour maî­tri­ser l’im­pact des sucres et des graisses. Mais mon par­te­naire sil­houette est sur­tout mon coach spor­tif, avec du car­dio trois fois par se­maine.” Le som­meil est aus­si une clé pour res­ter en forme. “Même si mes jour­nées sont bien char­gées, j’es­saye tou­jours de me mé­na­ger du temps pour moi. C’est ce que les an­glo­phones ap­pellent le ‘Me time’. C’est une at­ti­tude faus­se­ment égoïste. Au bout du compte, elle per­met de pas­ser du temps de meilleure qua­li­té avec les autres.” À ses yeux, le lâ­cher-prise est une bonne méthode pour vieillir en beau­té. “Être dans le contrôle per­ma­nent ne per­met pas d’avan­cer”, es­time-t-elle. Son der­nier “truc” pour ou­blier son âge : gar­der des en­vies et des rêves, res­ter en mou­ve­ment, ne pas s’at­ta­cher au chiffre mais à ce qui a été ac­com­pli avant de pas­ser à la pro­chaine étape. “Le seul vrai con­seil que je puisse don­ner est de com­men­cer tôt à prendre soin de sa peau, et de ne ja­mais ar­rê­ter.”

“LA BEAU­Té EST UNE QUES­TION D’AT­TI­TUDE, DE COM­POR­TE­MENT. ELLE SE SU­BLIME DANS L’EX­PRES­SION DE SES éMO­TIONS, DANS LA LU­MIèRE QUE L’ON Dé­GAGE.”

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