PHI­LIP BURCHARD, à LA POINTE DE LA RE­CHERCHE

L’officiel Medecine et Chirurgie Esthetique - - Guide -

L’AM­BI­TION PRE­MIÈRE de ce po­ly­glotte al­le­mand est de se pla­cer à l’avant-garde de la mé­de­cine es­thé­tique, et, pour ce faire, de dé­cor­ti­quer les com­por­te­ments des pa­tients pour mieux ré­pondre à leurs at­tentes. Une stra­té­gie ga­gnante puisque, en quelques an­nées, le la­bo­ra­toire al­le­mand, qui com­mer­cia­lise Ra­diesse, Be­lo­te­ro, Bo­cou­ture et Ul­the­ra s’est his­sé sans tam­bours ni trom­pettes à la troi­sième place du po­dium.

L’of­fi­ciel : Vous êtes les seuls à me­ner de vastes en­quêtes au ni­veau mon­dial et à vous in­té­res­ser d’aus­si près à l’as­pect so­cié­tal de l’es­thé­tique et du vieillis­se­ment. Com­ment ces études* vous ont-elles éclai­rés ?

Phi­lip Burchard : De­puis trois ans, nous avons dé­ci­dé de nous concen­trer en prio­ri­té sur la mé­de­cine es­thé­tique. D’où la né­ces­si­té de faire des études de mar­ché afin de com­prendre pour­quoi les pa­tients ont beau­coup d’hé­si­ta­tions avant de fran­chir le pas, sur­tout en France, pour­quoi ils changent fa­ci­le­ment de mé­de­cin même s’ils en sont sa­tis­faits, leur com­por­te­ment face au vieillis­se­ment, à la pres­sion so­ciale et aux prix…

L’O. : Vous in­ves­tis­sez 15 % de votre chiffre d’af­faires dans la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment (R&D). Quels sont les pro­jets les plus abou­tis ? Nous sor­ti­rons à la fin de l’an­née en Eu­rope Cell­fi­na, un ap­pa­reil pour éli­mi­ner la cel­lu­lite en une seule séance. Pas les amas grais­seux, mais les fos­settes, contre les­quelles on ne ANNABEL MACGOWAN pou­vait pas faire grand-chose. Nous avons ob­te­nu l’agré­ment FDA pour cette in­di­ca­tion et nous at­ten­dons l’au­to­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché en France. Concer­nant notre ap­pa­reil à ul­tra­sons fo­ca­li­sés Ul­the­ra, nous tra­vaillons sur d’autres in­di­ca­tions telles que la ro­sa­cée, la trans­pi­ra­tion ex­ces­sive et les va­rices. Nous me­nons ac­tuel­le­ment des études pi­lotes sur le re­lâ­che­ment cu­ta­né des bras. Du cô­té des fillers, nous lan­ce­rons en 2017 Be­lo­te­ro Lips et Re­vive, un pro­duit d’hy­dra­ta­tion cu­ta­née.

L’O. : Quels sont vos plus gros dé­fis au­jourd’hui face à la concur­rence dy­na­mique dans ce sec­teur qui évo­lue ra­pi­de­ment ?

Amé­lio­rer les ré­sul­tats et la pé­ren­ni­té de nos pro­duits en re­cher­chant dif­fé­rentes tech­niques et pro­to­coles. Mais sur­tout, et c’est notre plus gros en­jeu, nous avons créé un fonds de ca­pi­tal pour in­ves­tir dans des tech­no­lo­gies émer­gentes, les star­tups et les centres uni­ver­si­taires de re­cherche. L’ADN de la marque est l’in­no­va­tion ba­sée sur la science.

L’O. : Vous n’êtes pour­tant pas le seuls la­bo­ra­toire de mé­de­cine es­thé­tique à pra­ti­quer cette po­li­tique !

Ce qui nous dif­fé­ren­cie, c’est que nous sommes une en­tre­prise fa­mi­liale fon­dée en 1908 et que nous en sommes à la qua­trième gé­né­ra­tion. Nous sommes dri­vés par les be­soins des mé­de­cins et des pa­tients, et pas par les mar­chés fi­nan­ciers. Nous ne sommes pas sous pres­sion à court terme comme les so­cié­tés co­tées en bourse, ce qui nous pro­tège et nous per­met de faire des in­ves­tis­se­ments sur le long terme, en toute in­dé­pen­dance.

L’O. : Votre so­cié­té em­ploie 62 % de femmes pour 38 % d’hommes, ce que l’on voit ra­re­ment. Qu’est-ce que les femmes ap­portent de plus ?

Leur ap­proche est dif­fé­rente, elles cherchent le consen­sus dans le ma­na­ge­ment, aiment le tra­vail en équipe et as­sument leur créa­ti­vi­té dans de nom­breux do­maines. Nous avons deux femmes au co­mi­té exé­cu­tif, ain­si que des di­rec­trices dans plu­sieurs fi­liales, no­tam­ment en Asie et en Rus­sie, mais aus­si en France et au Be­ne­lux. Il faut les ai­der à per­cer le pla­fond de verre ; c’est à nous de les en­cou­ra­ger à as­su­mer leur force. /*Face Va­lue, Cen­tral Sta­tion

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