MEILLEURE PAUSE SHOP­PING

CA­Fé(S) KIT­SU­Né

L'officiel Shopping - - Traductions -

En 2015, Pa­ris a été le té­moin de l’ir­ré­sis­tible ex­pan­sion de Mai­son Kit­su­né. En dé­but d’an­née, la mar­que­la­bel de mu­sique a ou­vert les portes d’un ma­ga­sin rue Con­dor­cet, dans le quar­tier très hip de South Pi­galle, sui­vi d’un se­cond, l’été der­nier, dans le non moins pri­sé No­Ma (pour Nord Ma­rais). Et pour ac­com­pa­gner ses deux nou­velles adresses, un concept dé­jà culte dans la ca­pi­tale : les Ca­fés Kit­su­né. Après ce­lui du Pa­lais-Royal, ces nou­veaux ve­nus viennent por­ter à 3 le nombre de cof­fee shops si­gnés Kit­su­né à Pa­ris. Le der­nier-né, ni­ché au sous-sol de la bou­tique des Filles-du-Cal­vaire et di­rec­te­ment ac­ces­sible par la rue Ame­lot, est un es­pace de 35 places as­sises où l’on re­trouve la re­cette qui a fait le suc­cès des ca­fés de la marque : gâ­teaux dé­li­cieux, jus et ca­fés pré­pa­rés par des ba­ris­tas ex­perts. L’en­droit idéal pour re­prendre des forces entre deux séances shop­ping. la re­cherche de te­nues de soi­rée chics et confor­tables pour les dî­ners et cock­tails aux­quels je dois me rendre. J’ajoute ce­pen­dant quelques dif­fi­cul­tés en lui de­man­dant uni­que­ment des pièces qui ne se froissent pas dans la va­lise, au vu de la fré­quence de mes voyages, et en lui no­ti­fiant ma ré­ti­cence à por­ter des cou­leurs vives.

Le len­de­main, mon té­lé­phone sonne : une per­so­nal shop­per m’a été at­tri­buée. Isa­belle Herve-Pe­nard se re­trouve face à ma mes­sa­ge­rie et me de­mande de la rap­pe­ler pour que je lui donne da­van­tage d’in­for­ma­tions sur moi. Je ne trouve mal­heu­reu­se­ment pas le temps pour la contac­ter et me rend di­rec­te­ment au ren­dez-vous quelques jours plus tard...

Au 10 de la rue de Mo­ga­dor, Isa­belle m’at­tend de­vant une en­trée VIP que je n’avais ja­mais re­mar­quée au­pa­ra­vant. Nous n’em­prun­tons pas les es­ca­la­teurs comme tout le monde mais un as­cen­seur pri­vé d’époque qui nous mène au der­nier étage du ma­ga­sin. La Suite a tout de l’ap­par­te­ment pa­ri­sien idéal. Vue im­pre­nable sur les toits de Pa­ris et le Sa­cré-Coeur, dé­co­ra­tion in­té­rieure si­gnée India Mah­da­vi, oeuvres d’art sé­lec­tion­nées par le ga­le­riste Em­ma­nuel Per­ro­tin, bi­blio­thèque rem­plie de beaux livres, et ma­ca­rons Pierre Her­mé sur la table basse... Grâce à ce joyeux name-drop­ping, la Pa­ri­sienne n’est pas dé­pay­sée, et la tou­riste a l’im­pres­sion de vivre à la Fran­çaise.

Une mise en beau­té par une ma­quilleuse du stand Dior m’at­tend dès mon ar­ri­vée. Comme je cherche une gar­de­robe mon­daine, elle me pré­pare comme je le fe­rais si je sor­tais ce soir. J’en pro­fite pour m’ex­cu­ser au­près d’Isa­belle, que je n’ai donc pas rap­pe­lée avant notre ren­dez-vous. « J’ai be­soin du maxi­mum d’in­for­ma­tions sur la cliente en amont, car je ne peux pas lui ap­por­ter tout le ma­ga­sin », m’ex­plique-t-elle. « Il faut faire des sélections justes, car sou­vent la cliente n’a pas plus de 2 heures de­vant elle. » Heu­reu­se­ment, Isa­belle avait fi­ni par ac­ti­ver son plan B : me « Goo­gler ».

Je dé­couvre le dres­sing qu’elle m’a concoc­tée en une jour­née avec sa col­lègue Ca­mille. Comme de­man­dé, il se com­pose uni­que­ment de noir, de gris, de blanc, de bleu nuit et de ka­ki. Les ma­tières choi­sies semblent dif­fi­ci­le­ment frois­sables, et la hau­teur des ta­lons (pas plus de 12 cm) a été res­pec­tée. Tout y est : la robe Alaïa de mes rêves, le pan­ta­lon paille­té re­pé­ré chez Isa­bel Marant quelques se­maines plus tôt et que je n’avais pas osé es­sayer, cette jupe à agrafes Ba­len­cia­ga qui se garde à vie... Ma sty­liste d’un jour a quand même dis­crè­te­ment glis­sé un pan­ta­lon im­pri­mé, au cas où je sou­hai­te­rais faire ex­cep­tion (j’avais pré­ci­sé ne ja­mais en por­ter).

On me de­mande de sé­lec­tion­ner 4 ou 5 te­nues, que je passe une par une der­rière un pa­ravent. Isa­belle s’agite pour ac­ces­soi­ri­ser chaque en­semble, pro­pose dif­fé­rentes com­bi­nai­sons et me pousse à re­vê­tir des pièces que je n’au­rais pas for­cé­ment re­gar­dé si j’avais été seule. Elle semble connaître toutes les col­lec­tions par coeur : elle m’ex­plique qu’elle re­çoit ré­gu­liè­re­ment des for­ma­tions de la part des grandes mai­sons comme Fendi ou Ba­len­cia­ga, des­ti­nées à lui don­ner toutes les cartes en main pour mieux par­ler du pro­duit une fois face à la cliente. Deux heures plus tard, j’ai une nou­velle garde-robe du soir, que je n’ai plus qu’à mettre dans ma va­lise.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.