LA CH­TE­LAINE D’ALN­WICK

L'officiel - - FRONT ROW -

Vi­site gui­dée de la for­te­resse mé­dié­vale de­ve­nue cé­lèbre grâce à Har­ry Pot­ter avec sa dy­na­mique pro­prié­taire. La du­chesse de Nor­thum­ber­land a re­don­né vie au châ­teau de famille et créé le jar­din aus­si contro­ver­sé que vi­si­té.

Par

Par une fraîche ma­ti­née de fin d'été, une Range Ro­ver se gare dans la cour pri­vée du châ­teau d'aln­wick. Une très belle femme, brune, la cin­quan­taine dy­na­mique, en des­cend, en jeans et sa­ha­rienne, un large sou­rire illu­mine son vi­sage écla­tant de na­tu­rel. Jane Per­cy nous sa­lue. Her grace, comme l'ap­pelle son en­tou­rage, ar­rive tout droit d'écosse. “Pen­dant la haute sai­son, où nous ou­vrons le châ­teau aux vi­sites, nous dé­mé­na­geons dans l'une de nos pro­prié­tés à une heure d'ici, m'ex­plique-t-elle. Je me suis le­vée aux au­rores pour pas­ser la jour­née avec vous !” La ran­çon du suc­cès, chaque an­née près d'un mil­lion de vi­si­teurs passe la porte de la for­te­resse, pro­prié­té de la famille Per­cy de­puis plus de sept-cents ans, et vi­site le jar­din éri­gé par Jane Per­cy. Mais rien ne dis­po­sait la dou­zième du­chesse de Nor­thum­ber­land – et pre­mière ro­tu­rière à por­ter ce titre – à en faire le pro­jet de sa vie. Née Jane Ri­chard dans une famille bour­geoise d'édim­bourg – son père pré­si­dait la bourse écos­saise –, elle rêve de de­ve­nir pa­ti­neuse sur glace et s'en­traîne toute son en­fance avant de réa­li­ser qu'elle n'est pas au ni­veau. À 13 ans, elle part en pen­sion dans le Kent, et c'est au cours d'une soi­rée où elle s'en­nuie ferme qu'elle a le coup de foudre pour ce­lui qui de­vien­dra son ma­ri. Elle a 16 ans, Ralph Per­cy en a 17. Le jeune homme est à Eton et n'a pas, mal­gré un li­gnage d'ex­cep­tion, un des­tin du­cal tout tra­cé. Se­cond fils du dixième duc de Nor­thum­ber­land et pe­tit-fils du hui­tième duc de Buc­cleuch, Ralph sait, comme tous les nu­mé­ros deux, qu'il va de­voir tra­vailler. Son grand frère Hen­ry, filleul de la reine Éli­sa­beth II, se pré­pare quant à lui à hé­ri­ter des terres (400 km2) et des re­ve­nus de l'un des plus riches du­chés d'angleterre. En 1979, Jane et Ralph convolent et s'éta­blissent dans le sud du pays, où le jeune ma­rié cu­mule un emploi et des études de ma­na­ge­ment le soir. Le couple est rap­pe­lé sur les terres fa­mi­liales par le duc – pressent-il la fai­blesse de son aî­né ? – et s'ins­talle au mi­lieu des an­nées 1980 dans un cot­tage sur la pro­prié­té. Ralph s'ha­bi­tue à trai­ter les af­faires fa­mi­liales et Jane donne nais­sance à leurs quatre en­fants: la­dy Ca­the­rine, George, l'hé­ri­tier du titre de duc, la­dy Me­lis­sa et lord Max. En 1988, son beau-père dé­cède et Hen­ry de­vient duc. Pas pour long­temps : il meurt quelques an­nées plus tard, à 42 ans, d'une crise car­diaque, sans doute pro­vo­quée par les ex­cès com­bi­nés d'al­cool, de ta­bac et d'am­phé­ta­mines. En 1995, Ralph et Jane Per­cy de­viennent res­pec­ti­ve­ment dou­zième duc et du­chesse de Nor­thum­ber­land, ils n'ont pas 40 ans. Jane Per­cy va vite en­ta­mer sa ré­vo­lu­tion à Aln­wick, le plus grand châ­teau ha­bi­té d'angleterre après Wind­sor et dont elle est in­ca­pable de don­ner le nombre de pièces ! Elle sou­haite le rendre ren­table et a le pro­jet d'y construire un ma­gni­fique jar­din : “Per­sonne ne par­lait ja­mais d'ar­gent, j'ai osé la pre­mière don­ner des chiffres, an­non­cer des bud­gets. Mon ma­ri m'a sui­vie et le pu­blic a ai­mé.” Vingt ans et quelques contro­verses plus tard (la vente d'un Ra­phaël de leur col­lec­tion, en 2003, a fait cou­ler beau­coup d'encre, et cer­tains

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