Avec le ra­chat de Bru­net, Or­tec en passe de de­ve­nir une li­corne

Le ra­chat fait pro­gres­ser de 140 millions d’euros son chiffre d’af­faires et d’un mil­lier le nombre de ses sa­la­riés

L'Opinion - - L’argent Des Députés Ne Fait Pas Leur Bonheur - Em­ma­nuelle Du­cros @em­ma_­du­cros

Or­tec est une en­tre­prise d’in­gé­nie­rie fa­mi­liale ins­tal­lée à Aix-en-Pro­vence. Elle réa­lise en­vi­ron un mil­liard d’euros de chiffre d’af­faires, dont 40 % hors de France, prin­ci­pa­le­ment grâce à une pa­lette de ser­vices dé­diés au monde de l’in­dus­trie. Une im­por­tante ac­qui­si­tion an­non­cée ce mar­di 25 juillet lui fait fran­chir un nou­veau cap. OR­TEC ? 10 000 SA­LA­RIÉS, bien­tôt 11 000 avec le ra­chat an­non­cé ce mar­di 25 juillet du groupe de gé­nie élec­trique Bru­net. Mais qui a en­ten­du par­ler de cette en­tre­prise fa­mi­liale, qui va dé­pas­ser cette an­née 1,1 mil­liard d’euros de chiffre d’af­faires ? « Peu de monde, c’est vrai, ex­plique An­dré Ei­nau­di, le PDG. Nous sommes une en­tre­prise peu connue, qui pour­tant n’a pas à rou­gir de ce qu’elle fait. Mais nous avons be­soin d’être plus connus pour at­ti­rer de jeunes in­gé­nieurs et aus­si des per­son­nels d’ex­pé­rience. »

Tra­vaux d’en­ge­nee­ring. La re­prise du groupe Bru­net, jus­qu’ici dé­te­nu par le fonds d’in­ves­tis­se­ment Prag­ma Ca­pi­tal, va sans doute ai­der Or­tec à fran­chir ce cap et, peut-être, à être re­con­nu comme la li­corne qu’elle est en passe de de­ve­nir. Or­tec est di­vi­sé en quatre ac­ti­vi­tés. La pre­mière rend des ser­vices glo­baux dans le do­maine de l’environnement. « Un peu comme Suez ou Veo­lia, mais à des­ti­na­tion des in­dus­tries, pour les­quelles nous ef­fec­tuons des tâches de dé­pol­lu­tion ou d’en­tre­tien nu, et non des col­lec­ti­vi­tés », ex­plique le PDG An­dré Ei­nau­di. Or­tec dé­ve­loppe aus­si une ac­ti­vi­té de chau­dron­ne­rie, de tuyau­te­rie et de mises aux normes, no­tam­ment pour le sec­teur nu­cléaire, les raf­fi­ne­ries, ou des in­dus­tries plus tra­di­tion­nelles comme des pa­pe­te­ries ou des su­cre­ries. Cette même ac­ti­vi­té est dé­ve­lop­pée aus­si à l’in­ter­na­tio­nal, sur­tout pour le sec­teur pé­tro­lier et ga­zier et les mines. « Nous réa­li­sons beau­coup de main­te­nance d’ins­tal­la­tions ga­zières, de raf­fi­ne­ries, nous sommes pré­sents dans une ving­taine de pays. Ce­la fait de nous une des en­tre­prises fran­çaises les plus pré­sentes sur le conti­nent afri­cain ! », se ré­jouit An­dré Ei­nau­di.

En­fin, un quart de l’ac­ti­vi­té pro­vient de tra­vaux d’en­ge­nee­ring, qui em­ploient aus­si un quart des ef­fec­tifs. Les clients sont de grands groupes fran­çais de tous les sec­teurs, et no­tam­ment de l’aé­ro­nau­tique puis­qu’Or­tec a ra­che­té, il y a deux ans et de­mi un im­por­tant bu­reau d’études spé­cia­li­sé dans les do­cu­men­ta­tions tech­niques pour Air­bus, Sa­fran ou Thales. « Pour ré­su­mer, le point com­mun de nos ac­ti­vi­tés est réel­le­ment le ser­vice, les études et les tra­vaux dans le do­maine mé­ca­nique au sens large », ré­sume An­dré Ei­nau­di.

Et qu’est ce que le ra­chat d’un groupe comme Bru­net (un mil­lier de sa­la­riés, 140 millions d’euros de chiffre d’af­faires), spé­cia­li­sé dans le gé­nie élec­trique, cli­ma­tique et le cou­rant faible peut ap­por­ter à Or­tec ? « Nous l’en­vi­sa­geons comme une pas­se­relle entre nos dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés, ex­plique An­dré Ei­nau­di. Nous al­lons pouvoir com­plé­ter notre offre avec des choses que nous sous­trai­tions jusque-là. Nous al­lons aus­si pouvoir tou­cher de nou­veaux clients qui étaient hors de notre spectre, dans le sec­teur ter­tiaire, l’im­mo­bi­lier, les hy­per­mar­chés ou des PME plus pe­tites, quand nous avons af­faire à des clients de grande taille comme Exxon ou Sol­vay. Or, Bru­net, c’est un por­te­feuille de près de 15 000 clients ! »

Pour An­dré Ei­nau­di, l’en­jeu est aus­si d’amor­tir le choc des ac­ti­vi­tés consa­crées au pé­trole et au gaz. « Nous avons été très af­fec­tés par la chute des prix du ba­ril, qui nous a fait perdre près de 100 millions d’euros de chiffre d’af­faires en deux ans. Nous vou­lons di­ver­si­fier notre mo­dèle pour être moins dé­pen­dants de ce genre d’à-coups. » Pour au­tant, le ra­chat très fran­co-fran­çais de Bru­net ne si­gni­fie pas, pour Or­tec, un re­pli sur la France. C’est un amor­tis­seur mo­men­ta­né.

« Nous conce­vons vrai­ment notre dé­ve­lop­pe­ment comme al­lant à la fois dans la di­rec­tion fran­çaise et in­ter­na­tio­nale. Notre ac­qui­si­tion dans le sec­teur aé­ro­nau­tique nous a per­mis d’ins­tal­ler des bases en Inde ou au Ca­na­da. Nous étu­dions d’autres op­por­tu­ni­tés, aux EtatsU­nis, en Co­lom­bie, et nous fai­sons aus­si par­tie de ces com­pa­gnies qui sont en veille ac­tive pour al­ler tra­vailler pour le sec­teur pé­tro­lier ira­nien », conclut le PDG.

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