La raz­zia des in­dus­triels fran­çais en Ita­lie

L'Opinion - - Stx France : Le Drôle De Chantage De Bercy - R.B.

ROME AP­PRÉ­CIE D’AU­TANT MOINS l’ul­ti­ma­tum de Pa­ris à pro­pos de STX France que de­puis le dé­but des an­nées 2000 les in­dus­triels fran­çais ont mul­ti­plié les prises de contrôle d’en­tre­prises ita­liennes. Une vé­ri­table raz­zia. Si le sec­teur du luxe ap­pa­raît le plus pri­sé, il est loin d’être le seul.

Dans l’éner­gie, EDF s’est lan­cé à la conquête de Mon­te­di­son en 2000, en de­vant s’al­lier avec Fiat pour ama­douer les au­to­ri­tés, avant de se re­cen­trer sur

Edi­son, nu­mé­ro trois de l’élec­tri­ci­té et du gaz dont il pos­sède 100 % de­puis 2012. En 2006, c’est BNP Pa­ri­bas qui ra­chète la sixième banque ita­lienne, BNL, pour 9 mil­liards d’eu­ros. La même an­née, Lac

ta­lis s’offre le roi des fro­mages Gal­ba­ni avant de prendre en 2011 le contrôle du cham­pion du lait, Par­ma­lat, une ins­ti­tu­tion créée il y a cent-cin­quante ans, après une ba­taille bour­sière épique.

Contrôle. Dans le domaine du luxe Fran­çois Pi­nault a frap­pé le pre­mier en pre­nant le contrôle de Guc­ci entre 1999 et 2001, sui­vi du ra­chat de Bot­te­ga Ve

ne­ta puis de Brio­ni, de Ser­gio Ros­si et du joaillier Po­mel­la­to. Ber­nard Ar­nault qui convoi­tait aus­si Guc­ci ne tar­de­ra pas à la­ver l’af­front. LVMH achè­te­ra suc­ces­si­ve­ment le mo­deste Emi­lio Puc­ci puis le pres­ti­gieux Fen­di en 2001, le nu­mé­ro trois mon­dial de la joaille­rie, Bul­ga­ri, fon­dé en 1884, payé 4 mil­liards d’eu­ros en 2011, puis le roi des tis­sus en vi­gogne et en ca­che­mire, Lo­ro Pia­na, en­tre­prise fa­mi­liale de­puis six gé­né­ra­tions rache- tée 2 mil­liards en 2013. Quant à Vincent

Bol­lo­ré, non content d’être le pre­mier ac­tion­naire de la pres­ti­gieuse banque

Me­dio­ban­ca qui contrôle le géant de l’as­su­rance Ge­ne­ra­li, il mul­ti­plie les ini­tia­tives de­puis qu’il a pris la tête de Vi­ven­di. Sous sa fé­rule, le géant fran­çais des mé­dias est de­ve­nu à l’au­tomne 2015 l’ac­tion­naire de ré­fé­rence de Te­le­com Ita­lia. En moins de deux ans, avec 24 % seule­ment du ca­pi­tal, Vi­ven­di a réus­si à ob­te­nir la ma­jo­ri­té des sièges au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’opé­ra­teur his­to­rique de la pé­nin­sule et à faire dé­mis­sion­ner le pré­sident et deux di­rec­teurs gé­né­raux suc­ces­sifs, tous ita­liens pour les rem­pla­cer par le pré­sident fran­çais du di­rec­toire de Vi­ven­di et un cadre di­ri­geant bré­si­lien du groupe en poste à Pa­ris de­puis jan­vier der­nier.

On com­prend en­core mieux, à la lu­mière de ces der­niers évé­ne­ments, l’ir­ri­ta­tion du gou­ver­ne­ment ita­lien face aux le­çons don­nées par Bru­no Le Maire. D’au­tant que Vincent Bol­lo­ré a par ailleurs pris 29 % du ca­pi­tal de Me­dia­set, géant de la té­lé­vi­sion en Ita­lie, dont le pre­mier ac­tion­naire n’est autre que la fa­mille Ber­lus­co­ni qui dé­nonce avec vé­hé­mence une ten­ta­tive de prise de contrôle ram­pante. Et ce n’est pas le ra­chat du chaus­seur Ser­gio Ros­si ( 70 mil­lions de chiffre d’af­faires), re­ven­du en dé­cembre par Ke­ring au fonds ita­lien In­ves­tin­dus­trial d’An­dréa Bo­no­mi, can­di­dat mal­heu­reux à la re­prise du Club Med, qui se­ra de na­ture à conso­ler le Pa­laz­zo Chi­gi.

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