« J’ai été to­ta­le­ment dé­pas­sé par ce qui se pas­sait »

L'Opinion - - Stx France : Le Drôle De Chantage De Bercy - Cy­ril La­car­rière @cy_­la­car­riere

Cet été, une sé­rie de per­son­na­li­tés ra­content à l’Opi­nion les cou­lisses d’un de leur tweet. Con­gra­tu­la­tions ou po­lé­miques, ex­plo­sions de fol­lo­wers ou dis­grâce, pe­tites et grandes his­toires de Twit­ter. C’ÉTAIT IL Y A SIX ANS, une éter­ni­té en temps In­ter­net et en­core da­van­tage dans la chro­no­lo­gie Twit­ter, où 500 mil­lions de mes­sages sont pos­tés quo­ti­dien­ne­ment. Mais en 2011, Twit­ter n’est pas en­core ce lieu pri­vi­lé­gié où se ren­contrent jour­na­listes, po­li­tiques, mé­dias et di­ri­geants. Alors quand un ga­min de 22 ans lance que Do­mi­nique Strauss-Kahn vient d’être ar­rê­té à New York, rien d’éton­nant à ce que les ré­ac­tions soient très pru­dentes. « Elles ont même été très mo­queuses, ra­conte Jo­na­than Pi­net, l’au­teur du tweet. Je sen­tais que c’était énorme, mais j’ai craint quelques mi­nutes que l’in­for­ma­tion ne soit pas avé­rée et d’être obli­gé de faire un mea-culpa. » Il n’en au­ra pas be­soin.

Une fois la tem­pête dé­clen­chée, son nom va mettre quelques heures à émer­ger. A l’époque il n’est sui­vi que par 300 per­sonnes, ce qui mi­ni­mise son in­fluence. En deux se­maines, c’est le jack­pot, il en compte 3 000 de plus ! « Je cher­chais à ga­gner quelques fol­lo­wers, je ne m’at­ten­dais pas à ce que ce­la at­teigne ce ni­veau », s’amuse le jeune homme qui vit au­jourd’hui à Londres, où il tra­vaille pour une start-up amé­ri­caine. « Sans en­ga­ge­ment po­li­tique », pré­cise-t-il.

Car à l’époque, cer­tains crient au com­plot. Jo­na­than Pi­net est alors mi­li­tant UMP et c’est Ar­naud Das­sier, co­fon­da­teur du site ré­per­to­rié à droite At­lan­ti­co, qui re­père son mes­sage et le re­lais sur Twit­ter. Jo­na­than Pi­net est même ac­cu­sé d’avoir pos­té son tweet avant l’ar­res­ta­tion de DSK. « Ils se sont trom­pés sur le dé­ca­lage ho­raire… », plai­sante au­jourd’hui l’au­teur du mes­sage.

« J’ai été to­ta­le­ment dé­pas­sé par ce qui se pas­sait et j’ai dû at­tendre que la tem­pête passe pour re­prendre une ac­ti­vi­té nor­male sur Twit­ter. » Au-de­là de la seule car­rière du di­rec­teur du FMI, ce tweet noc­turne va chan­ger la place de Twit­ter dans le pay­sage mé­dia­tique fran­çais. « Il y a eu un avant et un après af­faire DSK », re­con­naît Jo­na­than Pi­net. Il y a bien sûr eu son propre mes­sage, mais éga­le­ment les « live tweet » de­puis la salle d’au­dience newyor­kaise où com­pa­rais­sait le cé­lèbre pré­ve­nu. « En 2011, per­sonne ne réa­li­sait la force de ce ré­seau. » Plus per­sonne n’en doute dé­sor­mais.

Jo­na­than Pi­net avait an­non­cé sur Twit­ter l’ar­res­ta­tion de Do­mi­nique Strauss-Kahn en 2011. DR

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