L’heure est à la re­prise gé­né­ra­li­sée dans la zone eu­ro

L'Opinion - - News - Gilles Sen­gès @Gille­senges

LA FRANCE N’EST PAS LA SEULE à pou­voir af­fi­cher un cer­tain sou­rire. L’éclair­cie est gé­né­ra­li­sée dans la zone eu­ro où cha­cun n’a de cesse de ré­vi­ser ses pré­vi­sions de crois­sance à la hausse ! Même l’Ita­lie, à la traîne, l’an der­nier, avec une ti­mide pro­gres­sion de 0,9% de son pro­duit in­té­rieur brut (PIB) est ga­gnée par le mou­ve­ment. Dé­but juin, sa banque cen­trale a été ame­née à re­haus­ser par deux fois en cinq jours les pers­pec­tives pour 2017 d’abord de 0,9 à 1 % puis, plus spec­ta­cu­laire en­core, de 1 à 1,3 %, du fait d’un taux de crois­sance de 0,4 % en­re­gis­tré au pre­mier tri­mestre, meilleure que le 0,2 % ini­tia­le­ment an­non­cé. Le gou­ver­ne­ment ita­lien s’en tient pru­dem­ment à une pro­gres­sion de 1,1% du PIB sur l’an­née.

« L’ex­pan­sion éco­no­mique en cours dans la zone eu­ro est de plus en plus so­lide et s’est élar­gie à l’en­semble des sec­teurs et des pays. [...] Les in­di­ca­teurs à court terme tels que ceux ti­rés d’en­quêtes conti­nuent de lais­ser pré­sa­ger une dy­na­mique ro­buste de la crois­sance à brève échéance », sou­ligne la Banque cen­trale eu­ro­péenne (BCE) dans son bulletin de juin. L’ins­ti­tu­tion ex­plique le phé­no­mène par un ren­for­ce­ment de la de­mande in­té­rieure du fait de créa­tions d’em­plois, par le re­bond de l’in­ves­tis­se­ment lié à des condi­tions de fi­nan­ce­ment fa­vo­rables et par une re­prise éco­no­mique sou­te­nue au ni­veau mon­dial.

L’Ita­lie mise à part, la France conti­nue d’ailleurs de res­ter à la traîne de ses grands par­te­naires. Après avoir en­re­gis­tré en 2016 une crois­sance de 1,9 %, la plus haute de­puis cinq ans, l’Al­le­magne conti­nue, en ef­fet, sur sa lan­cée. Pous­sé par une pro­gres­sion conti­nue de la de­mande in­té­rieure et de ses ex­por­ta­tions, son PIB a en­re­gis­tré une pro­gres­sion de 0,6% au pre­mier tri­mestre et le mou­ve­ment ne semble pas en voie de s’ar­rê­ter. « Nous connais­sons un pre­mier se­mestre qui est si so­lide que l’élan conti­nue­ra à se pro­pa­ger sur l’an­née à ve­nir », com­men­tait fin juin l’un des éco­no­mistes de l’ins­ti­tut de conjonc­ture al­le­mand IFO. Ce qui l’a ame­né à re­le­ver de 1,5 à 1,8% sa pré­vi­sion pour 2017, soit lé­gè­re­ment en des­sous de celle de la Bun­des­bank (1,9 %) et de l’OCDE qui voit la crois­sance al­le­mande à 2 % cette an­née ain­si qu’en 2018 !

Plus spec­ta­cu­laire en­core est la si­tua­tion en Es­pagne qui après avoir en­re­gis­tré une hausse (la trei­zième consé­cu­tive) de 0,8 % de son pro­duit in­té­rieur brut, sur jan­vier-mars, a af­fi­ché un

L’Es­pagne a af­fi­ché un bond de 0,9 % sur trois mois, per­met­tant d’ar­ri­ver au ni­veau de PIB d’avant la crise de 2008

bond de 0,9% sur les trois mois sui­vants, per­met­tant d’ar­ri­ver au ni­veau de PIB d’avant la crise de 2008 ! Fin mai, tout en as­su­rant être « très pru­dent », le mi­nis­tère es­pa­gnol de l’Eco­no­mie a re­haus­sé de 2,7 à 3 % et de 2,5 à 2,6 % ses es­ti­ma­tions de crois­sance pour 2017 et 2018 après avoir en­re­gis­tré un taux de 3,2% en 2015 et 2016. Le Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal se montre plus op­ti­miste en­core en ta­blant sur 3,1 % pour cette an­née. Dans son rôle de gar­dien, la BCE sou­ligne tou­te­fois que des freins per­durent dans la zone eu­ro du fait « de la len­teur des ré­formes struc­tu­relles et de l’ajus­te­ment des bi­lans tou­jours en cours dans un cer­tain nombre de sec­teurs ». Il n’em­pêche, comme ne manque pas de le sou­li­gner Phi­lippe Waech­ter, le chef éco­no­miste de Na­tixis As­set Ma­na­ge­ment, dans son blog, « sur le re­nou­veau de la zone eu­ro » que de chan­ge­ments de­puis le dé­but de l’an­née !

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