De plus en plus des ma­chines à tout faire

L'Opinion - - News - Em­ma­nuelle Du­cros @em­ma_­du­cros

PEN­DANT DES AN­NÉES, Drone Volt ( qui por­tait alors un autre nom) s’est conten­té d’être un dis­tri­bu­teur en France de drones pro­duits par le lea­der mon­dial du sec­teur, le chi­nois DJI. Avant de se rendre compte que ces pe­tits ap­pa­reils ré­pon­daient sur­tout aux be­soins du ci­né­ma et de la té­lé­vi­sion. « Dès qu’on es­sayait de les char­ger un peu plus qu’avec une ca­mé­ra, ils per­daient leur sens de l’équi­libre et se cra­shaient » , ex­plique Oli­vier Gual­do­ni, l’ac­tuel PDG de l’en­tre­prise Drone Volt

a ren­contre avec un des di­ri­geants de Cy­ber­gun, un des lea­ders mon­diaux des armes fac­tices, va dé­ci­der la so­cié­té à pas­ser à l’étape su­pé­rieure. Elle entre alors en Bourse, d’abord au mar­ché libre en avril 2015 puis sur Al­ter­next en dé­cembre. Le but était de fi­nan­cer le dé­ve­lop­pe­ment de ses propres pro­duits. « Tout le monde veut des drones, ex­plique Oli­vier Gual­do­ni. Sur­tout dans le sec­teur in­dus­triel. Ils sont sy­no­nymes de high-tech, d’une forme de res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment et aus­si de la prise en compte d’un éco­sys­tème. La de­mande est très éle­vée. » Drones cos­tauds. Certes, Drone Volt pro­pose en­core des drones bar­dés de ca­mé­ras pour réa­li­ser des images en réa­li­té vir­tuelle à 360 de­grés, qui plaisent beau­coup à Hol­ly­wood ; mais le groupe ré­pond sur­tout à des de­mandes plus pro­saïques mais aus­si bien plus tech­niques. « Nous avons conçu une gamme de drones à base de car­bone su­per- so­lide, bap­ti­sée Her­cule, ca­pable de sup­por­ter des charges utiles au dé­col­lage de 5, 10 ou 50 kg. Ils peuvent donc tra­vailler avec des ou­tils lourds », dit Oli­vier Gual­do­ni. Drone Volt a dé­ci­dé de dé­lais­ser les mar­chés de l’agri­cul­ture ou du ci­né­ma, sa­tu­rés, pour vrai­ment se concen­trer sur l’in­dus­trie. « Nous pro­po­sons d’abord des drones qui font de la sur­veillance. Ils sont re­liés au sol par un câble de 90 mètres, mais ce­la leur donne un im­mense champ de vi­sion, d’au­tant que leur ca­mé­ra a un zoom sus­cep­tible d’agran­dir 30 fois l’image ; on peut lire une plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion à 400 mètres. Ces drones, par exemple, peuvent ser­vir en pé­riode de crise, séisme ou ca­tas­trophe na­tu­relle, pour éva­luer les dé­gâts ou ré­ta­blir des connexions ré­seaux », ex­plique le PDG.

Le sys­tème est mis en place en un quart d’heure à peine ! Les in­dus­tries pé­tro­chi­miques, les sites dan­ge­reux peuvent aus­si y trou­ver un in­té­rêt.

Drones peintres. L’autre mar­ché de Drone Volt, c’est le BTP. Pein­ture, net­toyage à haute pres­sion sur les toits, ins­pec­tion… « Les drones peuvent réa­li­ser des mis­sions très di­verses, à la de­mande des clients. Là, nous avons réel­le­ment une fonc­tion d’in­gé­nie­rie, tra­vaillons réel­le­ment pour nos clients, nous ima­gi­nons se­lon leurs be­soins. Le champ des pos­sibles est im­mense, se ré­jouit Oli­vier Gual­do­ni, d’au­tant qu’ils se­ront de plus en plus au­to­nomes. Les drones iront de plus en plus faire, avec pré­ci­sion et per­for­mance, des mis­sions dan­ge­reuses pour les hu­mains. »

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