A New York, Co­lomb sur la route de De Bla­sio

L'Opinion - - La Une - Gilles Sen­gès @Gille­senges

PLUS QUE DANS LE RESTE DES ETATS-UNIS, le « Co­lum­bus Day » , qui cé­lèbre chaque deuxième lun­di d’oc­tobre la dé­cou­verte de l’Amé­rique par Christophe Co­lomb, le 10 oc­tobre 1492, est par­ti­cu­liè­re­ment fê­té à New York. Y ré­side, en ef­fet, la plus im­por­tante com­mu­nau­té d’Amé­ri­cains d’ori­gine ita­lienne du pays.

Leur nombre est es­ti­mé à 600 000 dans la mé­tro­pole et à 3 mil­lions dans tout l’Etat. A leurs yeux, le na­vi­ga­teur gé­nois est une icône. Leur pa­rade dans Big Apple vaut celle des des­cen­dants de la verte Erin le jour de la Saint- Pa­trick, le 17 mars. Après les vio­lences ra­ciales de l’été à Char­lot­tes­ville, Bill de Bla­sio, le maire pro­gres­siste de New York, dont la mam­ma est née en Cam­pa­nie, a cru bon d’écou­ter ceux qui vou­laient ajou­ter à la liste des per­son­na­li­tés confé­dé­rées, le gé­né­ral Lee en tête, dont il fal­lait dé­bou­lon­ner les sta­tues, le nom de Christophe Co­lomb l’es­cla­va­giste.

Il a ain­si ins­tal­lé, dé­but sep­tembre, une com­mis­sion pour sa­voir si les mo­nu­ments new-yor­kais cé­lé­brant des per­son­nages his­to­riques étaient « en ligne avec les va­leurs de la ville ».

Ce­la lui vaut, au­jourd’hui, d’être trai­té de « faux ita­lien » par ses « com­pa­triotes ». Les leaders de la com­mu­nau­té ont bou­dé sa ré­cep­tion, jeu­di soir, à la ré­si­dence et il n’a pas été in­vi­té di­manche à dé­fi­ler dans le Bronx. Il risque d’être hué, ce lun­di, dans les rues de Man­hat­tan. Même s’il est lar­ge­ment en tête dans les son­dages avec de 58 à 64 % des in­ten­tions de vote, la po­lé­mique n’in­ter­vient pas au meilleur mo­ment. Bill de Bla­sio joue sa ré­élec­tion à la mai­rie le 7 no­vembre et l’his­toire de la ville montre que le vote ita­lo-amé­ri­cain compte.

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