Jean-Luc Mé­len­chon a vu la Vierge dans le dra­peau eu­ro­péen

L'Opinion - - La Une - Ra­phaël Proust @ra­phael­proust

EN FAI­SANT FIN JUIN LA VI­SITE de l’hé­mi­cycle de l’As­sem­blée na­tio­nale avec les nou­veaux dé­pu­tés in­sou­mis, Jean-Luc Mé­len­chon s’était ému de la pré­sence du dra­peau eu­ro­péen sur le per­choir. « On est obli­gé de sup­por­ter ça ? C’est la Ré­pu­blique fran­çaise ici, pas la Vierge Ma­rie », avait-il alors mau­gréé. La se­maine der­nière, le groupe de La France in­sou­mise a même dé­po­sé, en vain, un amen­de­ment vi­sant à le sup­pri­mer de l’en­ceinte par­le­men­taire. L’ini­tia­tive a sus­ci­té une ré­ac­tion in­di­gnée d’Em­ma­nuel Ma­cron qui, mar­di à Franc­fort, a an­non­cé qu’il af­fir­me­rait of­fi­ciel­le­ment lors du pro­chain som­met eu­ro­péen que la France « re­con­naît le sta­tut de l’hymne et du dra­peau eu­ro­péen ».

Mais que vient faire la Vierge Ma­rie dans cette his­toire ? Se­lon Jean- Luc Mé­len­chon, la ban­nière aux 12 étoiles « ex­prime une vi­sion confes­sion­nelle » de l’UE. Ce se­rait donc au nom de « l’at­ta­che­ment à la plus simple exi­gence laïque » et non du fait que ce dra­peau « pré­tend être ce­lui de l’Eu­rope » que le dé­pu­té des Bouches-du-Rhône s’op­pose à sa pré­sence, a-t-il af­fir­mé mer­cre­di. Le chef de file des In­sou­mis fait ré­fé­rence à Ar­sène Heitz, l’un des concep­teurs du dra­peau, qui a ra­con­té, trente ans après son in­tro­duc­tion, s’être ins­pi­ré de la mé­daille mi­ra­cu­leuse re­pré­sen­tant la Vierge au rec­to et flan­quée de 12 étoiles au ver­so, un nombre sym­bo­lique pour les chré­tiens qui rap­pelle les apôtres ou les tri­bus d’Is­raël. Mais d’autres voient aus­si dans ce nombre un sym­bole d’har­mo­nie, de per­fec­tion ou d’uni­té, pouvant aus­si bien ren­voyer aux 12 tra­vaux d’Her­cule ou aux 12 mois de l’an­née…

Ce n’est pas uni­que­ment par sou­ci de laï­ci­té que Jean-Luc Mé­len­chon s’op­pose au fait que le Pré­sident « im­pose » le dra­peau eu­ro­péen. « La France a vo­té contre son adop­tion sans am­bi­guï­té », as­sure-til en ré­fé­rence au « non » au ré­fé­ren­dum de 2005 sur le Trai­té consti­tu­tion­nel eu­ro­péen. L’ins­pi­ra­tion chré­tienne de l’em­blème n’a pour­tant guère fait l’ob­jet de dé­bat à l’époque.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.