Le FN sou­met ses adhé­rents à la ques­tion

Le FN adresse à ses adhé­rents un grand ques­tion­naire. Par­mi les ques­tions, la sor­tie (ou non) de l’eu­ro

L'Opinion - - La Une - Béa­trice Hou­chard @be­hache3

Les trois porte- pa­role du Front na­tio­nal, Sé­bas­tien Che­nu, Jor­dan Bar­del­la et Ju­lien San­chez, pré­sentent mar­di ma­tin la « grande consul­ta­tion des adhé­rents » du FN. Il s’agit d’une liste de quelque 80 ques­tions, qui doivent per­mettre de sa­voir no­tam­ment qui sont les adhé­rents, quatre mois avant le congrès de Lille, quel pro­gramme ils veulent et s’ils sont d’ac­cord pour chan­ger le nom du par­ti de Ma­rine Le Pen.

C’EST PAR­TI ! LE QUES­TION­NAIRE du Front na­tio­nal, des­ti­né à pré­pa­rer le congrès des 10 et 11 mars 2018 à Lille, va ar­ri­ver dans les boîtes aux lettres des adhé­rents. De com­bien d’adhé­rents ? Mys­tère. Ma­rine Le Pen avait par­lé de 100 000 il y a quelques mois, puis de 80 000 le 29 oc­tobre sur BFMTV, avant d’avouer une se­maine plus tard, sur France 3, qu’elle n’en sa­vait rien. Les ré­ponses au ques­tion­naire, qui doivent ar­ri­ver au siège du FN jus­qu’au 1er dé­cembre, pas­se­ront sous l’oeil d’un huis­sier. On de­vrait donc connaître le vrai chiffre et sa­voir qui di­sait vrai, des « phi­lip­po­tistes » as­su­rant que les cartes d’adhé­rents re­ve­naient par cen­taines de­puis l’élec­tion pré­si­den­tielle ou des « ma­ri­nistes » af­fir­mant qu’il n’en était rien.

Les adhé­rents vont de­voir ré­pondre aux quelque 80 ques­tions de cette « grande consul­ta­tion », que l’Opi­nion s’est pro­cu­rée. « Cons­trui­sez avec nous le nou­veau Front ! » écrit en in­tro­duc­tion Ma­rine Le Pen. « Notre for­ma­tion po­li­tique, pour­suit- elle après avoir rap­pe­lé son re­cord de voix au se­cond tour de la pré­si­den­tielle, doit au­jourd’hui évo­luer, s’adap­ter à cette nou­velle dynamique élec­to­rale, se pré­pa­rer à as­su­mer, de­main, l’exer­cice du pou­voir. »

Dans les deux pre­mières par­ties, les adhé­rents doivent dire en une ving­taine de ques­tions qui ils sont (âge, si­tua­tion familiale, ni­veau d’études), s’ils s’in­forment plu­tôt par In­ter­net, la té­lé­vi­sion ou la presse écrite ( « Quel jour­nal ou ma­ga­zine li­sez-vous ré­gu­liè­re­ment ? ») puis pré­ci­ser leur en­ga­ge­ment po­li­tique. Ils doivent ain­si se si­tuer sur l’axe droite-gauche et dire s’ils jugent « en­core po­li­ti­que­ment per­ti­nent » cet axe ou s’ils pré­fèrent « le cli­vage pa­triote-mon­dia­liste ».

Ques­tion mo­né­taire. Suivent une ving­taine d’items sur l’or­ga­ni­sa­tion in­terne du par­ti, avec des ques­tions sur ce qu’ils at­tendent du pro­chain congrès : « re­dé­fi­ni­tion de la stra­té­gie ? », « du pro­jet ? », « émer­gence de nou­veaux vi­sages ? », « ré­forme de l’or­ga­ni­sa­tion ? » ou « da­van­tage de dé­mo­cra­tie in­terne ? » En­fin, la ques­tion que tout le monde at­tend : « Se­riez-vous fa­vo­rable à un changement de nom du Front na­tio­nal ? ». Et à un changement de lo­go (ré­pondre par oui ou par non). Des « pro­po­si­tions de nou­veau nom » sont sou­hai­tées.

Der­nière et longue par­tie : le fond du pro­gramme, avec quatre ques­tions sur l’Eu­rope, cinq sur « im­mi­gra­tion/laï­ci­té », sept sur « em­ploi/so­cial », 3 sur « éducation/ci­toyen­ne­té, 11 sur « fa­mille/so­cié­té », 2 sur l’éco­lo­gie et 1 sur les ins­ti­tu­tions. Sur l’eu­ro, la ques­tion est double : « Etes-vous fa­vo­rable à ce que la France aban­donne la mon­naie unique afin de re­trou­ver sa sou­ve­rai­ne­té mo­né­taire ? » et « Etes-vous fa­vo­rable ce que la ques­tion mo­né­taire ne soit plus pré­sen­tée comme prio­ri­taire au sein de notre pro­gramme éco­no­mique ? » Une ma­nière, si les adhé­rents suivent, de faire marche ar­rière sans en avoir l’air.

Il est de­man­dé à ces adhé­rents s’ils sont « d’ac­cord pour li­mi­ter dras­ti­que­ment l’im­mi­gra­tion en la ra­me­nant à un ni­veau in­com­pres­sible », s’ils sont fa­vo­rables aux me­nus de sub­sti­tu­tion dans les can­tines et à ce que l’im­mi­gra­tion fasse tou­jours par­tie des « thèmes prin­ci­paux » du par­ti. Sont en­suite abor­dés éner­gie nu­cléaire, 35 heures, contrats ai­dés, nombre de fonc­tion­naires, re­traite à 60 ans, sup­pres­sion de l’ISF sur les biens im­mo­bi­liers, port de l’uni­forme, sé­lec­tion à l’uni­ver­si­té, « ser­vice mi­li­taire et/ou ci­vique », sou­tien « à la fa­mille et à la na­ta­li­té », etc.

Per­pé­tui­té in­com­pres­sible. Sur le ma­riage ho­mo­sexuel, qui avait di­vi­sé le FN au mo­ment de la Ma­nif pour tous, deux ques­tions : « Etes­vous fa­vo­rable à ce que le FN conti­nue de dé­fendre l’idée que le ma­riage doit être ré­ser­vé aux couples for­més d’un homme et d’une femme ? » et « à ce que le par­ti pro­pose un contrat d’union ci­vile pour les couples de même sexe ? », qui fi­gu­rait dans le pro­gramme pré­si­den­tiel de Ma­rine Le Pen. Le ques­tion­naire aborde en­suite PMA, GPA, soins pal­lia­tifs, eu­tha­na­sie et en­fin peine de mort : « Etes-vous d’ac­cord pour rem­pla­cer, dans notre pro­gramme, le ré­ta­blis­se­ment de la peine de mort par la peine de pri­son à per­pé­tui­té in­com­pres­sible ? »

Pour cer­taines ques­tions, les ré­ponses semblent fa­ciles à de­vi­ner. Pour d’autres, si tout le monde joue le jeu, on pour­rait avoir des sur­prises. Par exemple, avec ces quatre ques­tions ou­vertes : « Pen­sez-vous que le FN doit conclure des ac­cords avec d’autres per­son­na­li­tés po­li­tiques ? » ; « Quelles sont la ou les per­son­na­li­tés du FN que vous sou­hai­te­riez voir prendre plus de res­pon­sa­bi­li­tés ? » ; « En de­hors du FN, quelle est votre per­son­na­li­té po­li­tique ou his­to­rique de ré­fé­rence (vi­vante ou non, fran­çaise ou étran­gère) ? » et « En de­hors du FN, de quelle per­son­na­li­té po­li­tique ou de quel mou­ve­ment vous sen­tez-vous le plus proche ? » On at­tend avec gour­man­dise les ré­ponses.

SIPA PRESS

« Cons­trui­sez avec nous le nou­veau Front ! », ha­rangue Ma­rine Le Pen dans le ques­tion­naire en­voyé aux adhé­rents du FN.

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