« J’ai ap­pris à ne plus de m’en faire et à ai­mer la bombe »

L'Opinion - - La Une - Jean-Do­mi­nique Mer­chet @jdo­mer­chet

VOUS SOU­VE­NEZ-VOUS du ma­jor Kong dans Doc­teur Fo­la­mour, le film de Stan­ley Ku­brick ( 1964) ? Ce pi­lote dé­jan­té d’un B-52 ter­mi­nait sa mis­sion de bom­bar­de­ment sur la Rus­sie à che­val sur un mis­sile nu­cléaire, agi­tant son cha­peau tel un cow-boy au ro­déo. Pour bur­lesque qu’elle soit, la scène re­trouve une cer­taine ac­tua­li­té grâce au pré­sident Trump. A peine était-il le­vé ce mer­cre­di ma­tin que le pré­sident des Etats-Unis twee­tait ce­ci : « La Rus­sie pro­met d’abattre tous les mis­siles ti­rés sur la Sy­rie. Tiens-toi prête, Rus­sie, car ils ar­rivent beaux, nou­veaux et “in­tel­li­gents”. Vous ne de­vriez pas vous as­so­cier à un ani­mal qui tue son peuple avec du gaz et qui aime ça. » « Waaaa­hoooo­waaaaah­haaaa ! », comme di­sait le ma­jor Kong. Sauf que nous sommes dans le monde réel. Le tweet de Trump ré­pon­dait à une dé­cla­ra­tion d’un di­plo­mate russe qui af­fir­mait la veille au soir : « En cas de frappe amé­ri­caine, les mis­siles se­ront abat­tus et même les sources d’où pro­viennent ces mis­siles se­ront prises pour cibles », fai­sant ré­fé­rence aux avions et aux ba­teaux sus­cep­tibles de lan­cer des mis­siles de croi­sière.

Il se trouve que la France est, elle aus­si, en plein mi­lieu de cette tem­pête. En termes plus choi­sis, le pré­sident Ma­cron pré­ci­sait mar­di soir que la France an­non­ce­rait sa dé­ci­sion de frap­per, ou non, « dans les pro­chains jours ». Mais contrai­re­ment aux fan­fa­ron­nades de Trump vis-à-vis de la Rus­sie, il pré­ci­sait qu’une frappe fran­çaise « n’au­rait pas vo­ca­tion à tou­cher des al­liés du ré­gime » – la Rus­sie et l’Iran – ni même « à s’at­ta­quer à qui que ce soit » – com­prendre : Ba­char et les siens – mais seule­ment à « s’at­ta­quer aux ca­pa­ci­tés chi­miques dé­te­nues par le ré­gime ».

Et avant de sa­voir, dans un grand fra­cas de mis­siles, si Ba­char a bien fran­chi la ligne rouge fixée par Ma­cron, sou­ve­nons­nous du sous-titre du film de Ku­brick : « How I lear­ned to stop wor­rying and love the bomb » (com­ment j’ai ap­pris à ne plus m’en faire et à ai­mer la bombe). Un tweet de @real­do­nald­trump ?

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