Les can­di­dats à la pré­si­dence du Me­def tentent de convaincre les fai­seurs de roi

Plu­sieurs fé­dé­ra­tions et an­tennes ter­ri­to­riales or­ga­nisent l’audition des neuf can­di­dats en cam­pagne pour suc­cé­der à Pierre Gat­taz

L'Opinion - - Syrie : Après Les Frappes, Le Refus De L’escalade - Fanny Gui­no­chet @fan­ny­gui­no­chet

Ce lun­di, la com­po­si­tion du conseil exé­cu­tif du Me­def change. Pierre Gat­taz va sou­mettre une nou­velle liste aux membres. D’après nos in­for­ma­tions, deux can­di­dats font leur en­trée, Pierre Bra­jeux et Pa­trick Mar­tin. Geof­froy Roux de Bé­zieux reste, en tant que per­son­na­li­té qua­li­fiée. Alexandre Sau­bot, en re­vanche, ne siège plus au conseil exé­cu­tif de­puis qu’il a dé­mis­sion­né de ses man­dats pa­tro­naux pour se lan­cer dans la course à la pré­si­dence du Me­def. LE MA­RA­THON EST LAN­CÉ. Fé­dé­ra­tions et Me­def ter­ri­to­riaux or­ga­nisent leurs au­di­tions des pos­tu­lants à la suc­ces­sion de Pierre Gat­taz. Les for­mats va­rient, par­fois il s’agit de simples pré­sen­ta­tions où les can­di­dats se suc­cèdent, par­fois des dé­bats per­mettent de confron­ter les points de vue. Alors qu’il n’y a ja­mais eu au­tant de par­ti­ci­pants – presque une di­zaine —, la lo­gis­tique n’est pas simple. Il s’agit de mettre au même ni­veau des « pe­tits » com­pé­ti­teurs, comme l’en­tre­pre­neur Fa­brice Le Sa­ché ou la seule femme en cam­pagne, Do­mi­nique Car­lach, avec les deux prin­ci­paux pré­ten­dants, Geof­froy Roux de Bé­zieux et Alexandre Sau­bot. Si cer­taines au­di­tions sont ou­vertes à la presse, le plus sou­vent elles res­tent fer­mées aux jour­na­listes. Car, comme l’ex­plique à La Tri­bune Frédéric Motte, le pré­sident du Me­def Hauts- de-France et l’un des neuf concur­rents, dans l’univers feu­tré du pa­tro­nat « tout se joue plu­tôt en off et à fleu­rets mou­che­tés. Dans un pre­mier temps, ceux qui vont vo­ter, ce sont les 45 membres du conseil exé­cu­tif. Pour l’ins­tant, per­sonne ne se pro­nonce. »

En at­ten­dant le choix of­fi­ciel qui au­ra lieu le 11 juin, la com­po­si­tion de cette ins­tance qui fait of­fice de « gou­ver­ne­ment » du Me­def se­ra mo­di­fiée ce lun­di, confor­mé­ment aux sta­tuts de l’or­ga­ni­sa­tion pa­tro­nale. L’équi­libre des forces pro­met de ne pas trop chan­ger entre ter­ri­toires et grandes fé­dé­ra­tions ou entre ser­vices et in­dus­trie mais, se­lon nos in­for­ma­tions, Pierre Bra­jeux, pré­sident du Me­def 92, en course dans la cam­pagne, de­vrait faire son en­trée sur pro­po­si­tion de Pierre Gat­taz. Tout comme Pa­trick Mar­tin, à la tête du Me­def Rhône-Alpes-Au­vergne, éga­le­ment en lice, qui ne sié­geait plus au conseil exé­cu­tif.

Chez les pos­tu­lants, l’opé­ra­tion sé­duc­tion bat donc son plein. Cer­tains, comme JeanC­harles Simon, ont pris le soin de bâ­tir une pla­te­forme de plus d’une cen­taine de pro­po­si­tions pré­cises – celles de l’an­cien DG du Me­def sont dis­rup­tives et li­bé­rales. D’autres cultivent vo­lon­tai­re­ment le flou et l’am­bi­guï­té. Ain­si, Geof­froy Roux de Bé­zieux, le seul à s’être dé­jà pré­sen­té (en 2013, il avait fait cam­pagne avant de se ral­lier à Pierre Gat­taz), se contente- t- il de don­ner des grandes lignes de ce que doit être, pour lui, le Me­def de de­main. Ses pro­pos concernent tout au­tant une forme « de pa­trio­tisme éco­no­mique qu’il faut ac­cen­tuer » que la né­ces­si­té de pen­ser « nu­mé­rique » ou en­core l’image du Me­def qu’il convient de mo­der­ni­ser.

Pour trois des can­di­dats au moins, l’exer­cice est pé­rilleux car il consiste à en­dos­ser le bi­lan de l’ère Gat­taz, sans quoi leur loyau­té se­rait mise en cause. Ain­si, Frédéric Motte est-il sou­vent in­ter­ro­gé sur ce qu’il a fait pour les ter­ri­toires, lui qui, ces der­nières an­nées, était vice- pré­sident du « pa­tron des pa­trons » sor­tant, en charge de ce dos­sier. L’en­tre­pre­neur du Nord pro­pose de re­voir « la gou­ver­nance de l’or­ga­ni­sa­tion pour mieux re­pré­sen­ter les ré­gions et ter­ri­toires, y com­pris, les Ul­tra­ma­rins ». Idem pour Geof­froy Roux de Bé­zieux, éga­le­ment vice-pré­sident – mais cette fois pen­dant toute la man­da­ture qui s’achève – en charge de la fis­ca­li­té. Le di­ri­geant d’Olivier & Co s’en sort en dé­fen­dant « un Me­def de pro­po­si­tions » après le « Me­def de com­bat », slo­gan de Pierre Gat­taz.

Le po­si­tion­ne­ment semble plus au­da­cieux pour Alexandre Sau­bot, ex-vice-pré­sident de l’or­ga­ni­sa­tion pa­tro­nale et sur­tout pré­sident du pôle so­cial, et né­go­cia­teur du Me­def sur des dos­siers comme l’as­su­rance chô­mage. Si le nu­mé­ro 1 de la fé­dé­ra­tion de la mé­tal­lur­gie (UIMM) a dé­mis­sion­né de ses man­dats « pour se pré­sen­ter en homme libre », il as­sure dé­sor­mais « qu’il faut en fi­nir avec les né­go­cia­tions in­ter­pro­fes­sion­nelles qui im­posent des contraintes aux en­tre­prises en sui­vant l’agen­da gou­ver­ne­men­tal, sans quoi ce­la re­vient à cau­tion­ner ce que veut faire l’exé­cu­tif. Et de pri­vi­lé­gier la né­go­cia­tion sur le ter­rain, par branche ou par en­tre­prise. » Ce dis­cours fait mouche chez les chefs d’en­tre­prise mais est sou­vent per­çu comme un pro­pos de cir­cons­tance, pour ce­lui qui, il y a deux mois à peine, si­gnait un ac­cord sur la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle.

Po­si­tion in­fan­ti­li­sante. Un des prin­ci­paux thèmes de cette cam­pagne est l’ave­nir du pa­ri­ta­risme. Face à Emmanuel Ma­cron qui passe outre les corps in­ter­mé­diaires, le Me­def doit-il ou non res­ter dans les ins­tances co­gé­rées par les syn­di­cats et le pa­tro­nat ? « Il faut se re­cen­trer, sor­tir d’une po­si­tion in­fan­ti­li­sante dans la­quelle nous place le gou­ver­ne­ment », plaide Pa­trick Mar­tin. Pour Alexandre Sau­bot, le Me­def doit quit­ter l’As­su­rance ma­la­die, les caisses d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales ou en­core l’as­su­rance vieillesse. Lar­ge­ment in­suf­fi­sant, pour Olivier Klotz (Me­def Al­sace) ou pour Jean- Charles Simon, qui plaident pour une sor­tie beau­coup plus im­por­tante des ins­tances.

Autre axe fort, ce­lui de la gou­ver­nance et du fi­nan­ce­ment de l’or­ga­ni­sa­tion : Geof­froy Roux de Bé­zieux mi­lite pour que « 100 % des res­sources » du Me­def pro­viennent des co­ti­sa­tions des en­tre­prises, quand Alexandre Sau­bot, sur la même ligne, parle plu­tôt « de l’es­sen­tiel » des res­sources is­sues des adhé­sions.

Les fai­seurs de roi (di­ri­geants de grandes fé­dé­ra­tions, grands pa­trons…) ob­servent avec soin la car­to­gra­phie de cette élec­tion. Mais se gardent bien de se dé­voi­ler. La puis­sante fé­dé­ra­tion du bâ­ti­ment or­ga­nise le 17 mai l’audition des can­di­dats… le même jour que sa ri­vale, l’UIMM !

Pour trois des can­di­dats au moins, l’exer­cice est pé­rilleux car il consiste à en­dos­ser le bi­lan de l’ère Gat­taz, sans quoi leur loyau­té se­rait mise en cause

Le nou­veau pré­sident du Me­def se­ra dé­si­gné le 3 juillet.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.