Sa­bine Weyand, né­go­cia­trice de choc pour le Brexit

Elle est de­puis oc­tobre le bras droit de Mi­chel Bar­nier pour les dis­cus­sions avec Londres

L'Opinion - - Syrie : Après Les Frappes, Le Refus De L’escalade - Isa­belle Mar­chais (à Bruxelles) @IMar­chais

Le Royaume-Uni et l’Union eu­ro­péenne en­tament lun­di à Bruxelles une nou­velle séance de tra­vail de trois jours, consa­crée aux ques­tions de l’ac­cord de re­trait qui n’ont pas en­core été ré­glées, à la fron­tière entre l’Ir­lande du Nord et la Ré­pu­blique d’Ir­lande et aux re­la­tions post-Brexit. C’EST PAR­TI ! Le Royaume-Uni et l’Union eu­ro­péenne en­ta­me­ront cette se­maine, au ni­veau tech­nique, les dis­cus­sions sur le cadre de leurs fu­tures re­la­tions. Les deux né­go­cia­teurs en chef ad­joints pour le Brexit se­ront à la ma­noeuvre : Ol­ly Rob­bins pour les Bri­tan­niques et, pour les Vingt- Sept, l’Al­le­mande Sa­bine Weyand. Cette pe­tite brune vive et pé­tillante, qui a ac­quis une vé­ri­table no­to­rié­té outre-Manche, épaule de­puis oc­tobre 2016 le né­go­cia­teur en chef de l’UE Mi­chel Bar­nier. Un tra­vail à temps plein, qui lui laisse peu de ré­pit, tant le su­jet est in­édit et com­plexe.

A Bruxelles, on prend d’ailleurs soin de sou­li­gner que, avant de pen­ser à l’ave­nir, les échanges por­te­ront d’abord, pen­dant ce round de trois jours, sur les points tou­jours ou­verts du fu­tur trai­té de re­trait et sur l’épi­neuse ques­tion de la fron­tière ir­lan­daise. Or, comme le ré­pètent à l’envi les Eu­ro­péens, il n’y au­ra d’ac­cord sur rien, y com­pris la pé­riode tran­si­toire de 21 mois, tant qu’il n’y au­ra pas d’ac­cord sur tout. Pas de quoi ef­frayer Sa­bine Weyand, qui, de­puis son en­trée à la Com­mis­sion en 1994, a no­tam­ment été membre du ca­bi­net de l’an­cien com­mis­saire au Com­merce Pas­cal La­my et di­ri­gé ce­lui de Louis Mi­chel, en charge du Dé­ve­lop­pe­ment et de l’Aide hu­ma­ni­taire, avant de re­joindre la di­rec­tion gé- né­rale du Com­merce. « Elle a par­ti­ci­pé à de nom­breuses né­go­cia­tions com­mer­ciales, et a ac­quis au sein du Se­cré­ta­riat gé­né­ral une com­pré­hen­sion ho­ri­zon­tale de l’ins­ti­tu­tion, ex­plique-t-on dans son en­tou­rage. C’est une ex­cel­lente pro­fes­sion­nelle, qui com­prend très bien les en­jeux des dos­siers, et est ca­pable de se pro­je­ter vers l’ave­nir, sans se perdre dans les dé­tails. » En plus, ajoute ce col­la­bo­ra­teur, « elle est très sym­pa, tou­jours de bonne hu­meur ! ».

Task force. Au cô­té de Mi­chel Bar­nier, dont le tra­vail sur le Brexit est una­ni­me­ment sa­lué, au point que son nom est ré­gu­liè­re­ment ci­té pour suc­cé­der en 2019 à Jean-Claude Jun­cker, Sa­bine Weyand col­la­bore avec une soixan­taine de fonc­tion­naires de la Com­mis­sion, ras­sem­blés dans une task force « ar­ticle 50 », char­gée de co­or­don­ner les tra­vaux de l’Ins­ti­tu­tion sur tous les as­pects liés aux né­go­cia­tions avec le Royaume-Uni et sub­di­vi­sée en sept pe­tits groupes. Une équipe y est plus spé­ci­fi­que­ment char­gée de la stra­té­gie, de la co­or­di­na­tion et de la com­mu­ni­ca­tion, sous la hou­lette d’une Fran­çaise, Sté­pha­nie Ri­so.

Le rythme des tra­vaux entre Bruxelles et Londres va en­core s’in­ten­si­fier dans les pro­chaines se­maines, avec une ses­sion toutes les deux se­maines jus­qu’au Conseil eu­ro­péen de juin. L’ac­cord de re­trait de­vra en ef­fet être fi­na­li­sé au plus tard en oc­tobre 2018 pour pou­voir être ra­ti­fié dans les temps par le Par­le­ment eu­ro­péen et par le Par­le­ment bri­tan­nique et en­trer en vi­gueur le 30 mars 2019, pre­mier jour du Brexit.

En at­ten­dant, les Bri­tan­niques se­ront of­fi­ciel­le­ment in­for­més cette se­maine de la po­si­tion com­mune des Vingt-Sept sur les fu­tures re­la­tions. L’oc­ca­sion pour eux d’en dire en­fin un peu plus sur ce nou­veau « par­te­na­riat aus­si large et ap­pro­fon­di que pos­sible » qu’ils ap­pellent de leurs voeux.

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