A l’uni­ver­si­té : moins po­li­ti­sé, mais pas plus re­pré­sen­ta­tif

Moins de 8 % des étu­diants se sont dé­pla­cés lors des élec­tions des re­pré­sen­tants étu­diants de no­vembre 2016

L'Opinion - - Syndicats : Le Déclin S’accélère - Ra­phaël Proust @ra­phael­proust

« Nous dé­non­çons la mas­ca­rade dont notre uni­ver­si­té est le théâtre », par 58 en­sei­gnants de Pa­ris-Nan­terre sur lo­pi­nion.fr

LONG­TEMPS HÉGÉMONIQUE au sein des uni­ver­si­tés, l’Union des étu­diants de France (Unef ) a per­du du ter­rain ces der­nières an­nées. De­puis sa réuni­fi­ca­tion au dé­but des an­nées 2000, le syn­di­cat était re­de­ve­nu le prin­ci­pal in­ter­lo­cu­teur des gou­ver­ne­ments lors des mou­ve­ments de contes­ta­tion des ré­formes suc­ces­sives de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur. D’autres or­ga­ni­sa­tions s’étaient illus­trées avant de dis­pa­raître, à l’image de la Con­fé­dé­ra­tion étu­diante (Cé) qui avait joué un rôle de pre­mier plan en 2006 lors de la mo­bi­li­sa­tion contre le contrat pre­mière em­bauche (CPE).

Mé­dia­tion. Mais voi­là que, de­puis 2016, l’em­prise de l’Unef sur le syn­di­ca­lisme étu­diant va­cille. Cette an­née-là, l’or­ga­ni­sa­tion s’est fait dou­bler lors des élec­tions au Centre na­tio­nal des oeuvres uni­ver­si­taires et sco­laires (Cnous) au pro­fit de la Fé­dé­ra­tion des As­so­cia­tions Gé­né­rales Etu­diantes (Fage). Re­be­lote en 2017 à l’oc­ca­sion des élec­tions des re­pré­sen­tants étu­diants au Conseil na­tio­nal de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur et de la re­cherche (Cne­ser). Un suc­cès que la Fage at­tri­bue à la na­ture de l’or­ga­ni­sa­tion, moins po­li­ti­sée que sa concur­rente, et à sa stra­té­gie éloi­gnée du syn­di­ca­lisme qui pri­vi­lé­gie la mé­dia­tion au détriment de modes d’ac­tion plus tra­di­tion­nels.

Les contemp­teurs de l’Unef avaient d’ailleurs poin­té du doigt ce manque de re­pré­sen­ta­ti­vi­té ( et donc de lé­gi­ti­mi­té) lors des ma­ni­fes­ta­tions contre la loi El-Khom­ri au prin­temps 2016 aux­quelles l’Unef avait pris part. Son pré­sident de l’époque, William Mar­ti­net, a de­puis quit­té le syn­di­cat pour re­joindre La France in­sou­mise. Cette perte d’in­fluence ne doit pas pour au­tant ca­cher le manque gé­né­ral de re­pré­sen­ta­ti­vi­té des or­ga­ni­sa­tions étu­diantes dû à une par­ti­ci­pa­tion fa­mé­lique aux élec­tions. Moins de 8 % des étu­diants se sont dé­pla­cés lors du scru­tin de no­vembre 2016… Le phé­no­mène n’est pas nou­veau puisque l’abs­ten­tion at­tei­gnait dé­jà entre 85 % et 95 % il y a une quin­zaine d’an­nées.

Cô­té profs, le Syn­di­cat na­tio­nal de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur rat­ta­ché à la Fé­dé­ra­tion syn­di­cale uni­taire ( Snesup- FSU, mar­qué à gauche) est la prin­ci­pale or­ga­ni­sa­tion re­pré­sen­tant les en­sei­gnants-cher­cheurs.

Dans les prin­ci­paux con­seils et co­mi­tés que compte la pro­fes­sion, elle est tou­te­fois ta­lon­née par le Sgen- CFDT, la branche édu­ca­tion du syn­di­cat ré­for­miste di­ri­gé par Laurent Ber­ger. Si la par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions pro­fes­sion­nelles est plus éle­vée que chez les étu­diants, la frag­men­ta­tion entre les dif­fé­rents sta­tuts (per­son­nels tech­niques, ad­mi­nis­tra­tifs, en­sei­gnants, bi­blio­thé­caires, etc.) rend dif­fi­cile la me­sure de la re­pré­sen­ta­ti­vi­té des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.