Ré­gu­la­tion des dé­penses des mé­de­cins li­bé­raux : par­tie re­mise

L'Opinion - - 7 Menaces Sur La Croissance Mondiale - M.W.

RÉ­GU­LER LES DÉ­PENSES des mé­de­cins li­bé­raux ? Les plus or­tho­doxes, comme Ber­cy ou la Cour des comptes, en rêvent. Jeu­di, la Cour, dans son rap­port 2018 sur la Sé­cu­ri­té so­ciale, a re­dit que les dé­penses de mé­de­cine de ville dé­pas­saient de plus en plus sys­té­ma­ti­que­ment l’en­ve­loppe an­nuelle qui leur était im­par­tie. Elle a ap­pe­lé de ses voeux la mise en place d’un mé­ca­nisme de ré­gu­la­tion. Les ma­gis­trats fi­nan­ciers constatent en ef­fet que, de­puis 2015, la mé­de­cine li­bé­rale dé­passe chaque an­née son pla­fond de dé­penses. Du coup, pour res­pec­ter l’ob­jec­tif na­tio­nal de dé­penses d’as­su­rance-ma­la­die (On­dam, vo­té chaque an­née par le Par­le­ment), le gou­ver­ne­ment de­mande des ef­forts sup­plé­men­taires à l’hô­pi­tal, creu­sant les dé­fi­cits des éta­blis­se­ments. Ain­si l’an der­nier, le dé­fi­cit de l’As­su­rance-ma­la­die a bais­sé mais ce­lui des hô­pi­taux pu­blics a presque dou­blé, de 439 mil­lions d’eu­ros en 2016 à 835 mil­lions en 2017. « Pris en­semble, les dé­fi­cits com­bi­nés de l’As­su­ran­ce­ma­la­die et des hô­pi­taux pu­blics ont, en réa­li­té, aug­men­té en 2017 par rap­port à 2016 », sou­ligne le pre­mier pré­sident de la Cour des comptes, Di­dier Mi­gaud : de 5,2 mil­liards, on est pas­sé à 5,7 mil­liards d’eu­ros ! La Cour de­mande donc un mé­ca­nisme de ré­gu­la­tion de la mé­de­cine de ville, comme il existe dé­jà pour l’hô­pi­tal (des cré­dits sont mis en ré­serve et ils ne sont pas res­ti­tués aux éta­blis­se­ments si leurs dé­penses sont trop éle­vées). Mais com­ment faire avec les mé­de­cins li­bé­raux ? Bais­ser leurs ta­rifs quand ils dé­passent leur en­ve­loppe an­nuelle ? Ou di­mi­nuer leur ré­mu­né­ra­tion for­fai­taire (en­vi­ron 15 % pour un gé­né­ra­liste) ? Le gou­ver­ne­ment a com­man­dé un rap­port en ce sens mais il ne semble pas prêt à le mettre en oeuvre. « Il n’y au­ra rien sur ce thème dans la loi santé qui se­ra vo­tée en 2019 », as­sure Tho­mas Mes­nier, dé­pu­té LREM et proche de la mi­nistre de la santé, Agnès Bu­zyn.

Il n’est ja­mais bon de contraindre les mé­de­cins li­bé­raux. Sur­tout à l’ap­proche d’échéances élec­to­rales – Alain Jup­pé, le seul à avoir osé ce type de ré­gu­la­tion en 1996, peut en té­moi­gner !

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