San­té, bioé­thique, pau­vre­té... Agnès Bu­zyn ou le don d’ubi­qui­té

L'Opinion - - News - M.W.

A DON­NER LE TOUR­NIS ! Jus­qu’ici, la mi­nistre des So­li­da­ri­tés et de la San­té, Agnès Bu­zyn, n’a pas chô­mé, mais ce n’est rien à cô­té de ce qui l’at­tend l’an­née pro­chaine… Les lois san­té et bioé­thique ar­rivent au Par­le­ment au pre­mier se­mestre 2019, la loi re­traite quelque part dans l’an­née, la loi dé­pen­dance en fin d’an­née, le tout agré­men­té, à comp­ter de sep­tembre 2019 de son troi­sième pro­jet de loi de fi­nan­ce­ment de la Sé­cu… Le plan pau­vre­té se­ra lui dé­po­sé au Par­le­ment dé­but 2020. Agnès Bu­zyn qui a dé­jà un champ mi­nis­té­riel ex­trê­me­ment large, va de­voir pas­ser beau­coup de temps au Par­le­ment.

Par­faite in­con­nue du grand pu­blic à sa no­mi­na­tion, cette émi­nente pro­fes­seur de mé­de­cine a fait ses preuves, ave­nue Du­quesne. Elle a re­noué le dia­logue, rom­pu sous Ma­ri­sol Tou­raine, avec les pro­fes­sion­nels de san­té, qui l’ap­pré­cient. « On peut dis­cu­ter et échan­ger avec elle, elle est à l’écoute, c’est agréable », confie un syn­di­ca­liste. Elle a fait avan­cer de nom­breux chan­tiers lais­sés en ja­chère, comme la mise en place de l’obli­ga­tion vac­ci­nale ou la gé­né­ra­li­sa­tion de la té­lé­mé­de­cine. Et elle a aus­si et sur­tout construit sa stra­té­gie na­tio­nale de san­té, son plan de trans­for­ma­tion du sys­tème de san­té, la ré­no­va­tion des études de mé­de­cine, le plan pau­vre­té, etc.

Pro­grès po­li­tique. Sur le plan stric­te­ment po­li­tique, elle a fait des pro­grès. Si elle a pu faire quelques gaffes mé­mo­rables – avec une men­tion spé­ciale pour son « bon­jour Mes­sieurs les re­trai­tés », à l’adresse des dé­pu­tés –, elle est res­pec­tée dans l’Hé­mi­cycle. Is­sue de la so­cié­té ci­vile, rien ne la pré­des­ti­nait pour­tant à tan­cer des dé­pu­tés LR ou de La France in­sou­mise. « A la re­gar­der faire, j’ai même l’im­pres­sion qu’elle aime ce­la », confie un proche. En­core un peu ti­mide pour dé­fendre l’en­semble du spectre de la po­li­tique gou­ver­ne­men­tale, elle est ir­ré­pro­chable sur ses dos­siers et n’hé­site pas à af­fron­ter les plus ru­gueux des in­ter­vie­weurs, à l’image d’un Jean-Jacques Bour­din qui en a fait chu­ter plus d’un. « A cô­té d’une Fran­çoise Nys­sen, comme elle is­sue de la so­cié­té ci­vile, le contraste est sai­sis­sant », note un se­cré­taire d’Etat. Bref, elle fait le job et est ap­pré­ciée par le Pré­sident et le Pre­mier mi­nistre. Ja­mais son nom n’a été ci­té lors des re­ma­nie­ments. Elle est à son poste et n’en convoite au­cun autre, comme aime à le rap­pe­ler Edouard Phi­lippe. Mais à chaque re­ma­nie­ment, les ru­meurs bruissent et on lui prête un fu­tur se­cré­taire d’Etat. « Si ce n’est pas pour ce­lui qui se joue ac­tuel­le­ment, ce se­ra pour le pro­chain », pro­nos­tique un conseiller mi­nis­té­riel.

C’est presque mé­ca­nique : vu le nombre de textes qu’elle a à dé­fendre l’an pro­chain, il y a né­ces­sai­re­ment un mo­ment où on l’at­ten­dra au même mo­ment et au Sé­nat et à l’As­sem­blée na­tio­nale… Et, Agnès Bu­zyn n’a pas le don d’ubi­qui­té. Un se­cré­taire d’Etat à la dif­fé­rence d’un Haut-com­mis­saire par exemple – comme JeanPaul De­le­voye aux re­traites – est membre du gou­ver­ne­ment et peu ré­pondre au nom de ce der­nier aux par­le­men­taires. Il peut sou­la­ger son mi­nistre sur son temps par­le­men­taire, no­tam­ment pour les au­di­tions en com­mis­sion, les pro­po­si­tions de loi de l’op­po­si­tion, les réunions di­verses, etc.

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