Les pro­po­si­tions du pa­tro­nat eu­ro­péen pour in­ves­tir da­van­tage en Afrique

L'Opinion - - News - P.A.

« IL FAUT AMÉ­LIO­RER LE CADRE PRO­PICE aux in­ves­tis­se­ments et rompre avec le vieux mo­dèle de do­na­teur-bé­né­fi­ciaire dans la re­né­go­cia­tion de l’ac­cord de Co­to­nou », plaide Etienne Gi­ros, pré­sident du Conseil eu­ro­péen des Af­faires pour l’Afrique et la Mé­di­ter­ra­née (Eb­cam). Ce di­ri­geant, qui a fait une longue car­rière au sein du groupe Bol­lo­ré, re­com­mande de don­ner à ce nou­veau par­te­na­riat une di­men­sion plus im­por­tante pour les sec­teurs pri­vés.

Pré­vues dans le cadre de l’ac­cord de Co­to­nou, les consul­ta­tions avec le sec­teur pri­vé sont res­tées vir­tuelles et peu concrètes en rai­son d’une dé­fiance éprou­vée par la Com­mis­sion en­vers le monde de l’en­tre­prise. « La plate-forme de dia­logue UE-Sec­teur pri­vé (EU-Afri­ca Bu­si­ness Fo­rum) est res­tée sans ré­sul­tats concrets ni in­fluence tan­gible sur les condi­tions d’exer­cice du sec­teur pri­vé sur le ter­rain », sou­ligne une note ré­cente de l’Eb­cam adres­sée à la Com­mis­sion de Bruxelles.

Pour­tant l’UE est au­jourd’hui le pre­mier in­ves­tis­seur étran­ger en Afrique, son prin­ci­pal par­te­naire com­mer­cial et son pre­mier par­te­naire dans le do­maine du dé­ve­lop­pe­ment et de l’aide hu­ma­ni­taire. « Nous de­vons nous in­ter­ro­ger sur l’im­pact réel de cet im­mense ef­fort consen­ti par les Etats membres de l’UE », sou­ligne une autre note du Me­def, le pa­tro­nat fran­çais.

L’Eb­cam comme le Me­def mi­litent d’abord pour une ac­cé­lé­ra­tion du pro­ces­sus d’in­té­gra­tion ré­gio­nale afin de conclure des zones de li­breen­tre­prises échange. L’Afrique est la zone moins in­té­grée du monde. Le com­merce in­té­rieur de l’Afrique de l’Ouest est éva­lué à 15 % contre 60 % pour l’Amé­rique du Nord (zone Ale­na) et 69 % pour l’UE.

« La prio­ri­té est de conclure les ac­cords de par­te­na­riat éco­no­mique (APE) entre l’UE et les prin­ci­pales ré­gions afri­caines. Ces ac­cords, qui de­vraient être la base de la fu­ture Zone de libre-échange conti­nen­tale (Zlec) per­met­tront de mettre sur pied des mar­chés ré­gio­naux, ex­plique Pa­trick Se­vaistre, ex­pert eu­ro­péen au­près de l’Eb­cam. Ce­la per­met­tra d’ac­croître la taille des es­paces éco­no­miques et l’in­té­rêt des in­ves­tis­seuses eu­ro­péens. Il faut pa­ral­lè­le­ment dé­ve­lop­per mes in­ter­con­nexions (routes, ports, rail) en Afrique. »

Vo­lets RSE. Sur un conti­nent qui comp­te­ra près de 2,4 mil­liards d’ha­bi­tants en 2050, ce qui sup­pose de créer chaque an­née plus de 20 mil­lions d’em­plois pour les jeunes, le Me­def ap­pelle en­suite à dé­ve­lop­per les em­plois. Et sug­gère à ses de tra­vailler au concept de la ville du­rable alors que l’exode ru­ral se pour­suit don­nant nais­sance à des mé­ga­lo­poles.

Les en­tre­pre­neurs eu­ro­péens ap­pellent aus­si à un ré­équi­li­brage du Fonds eu­ro­péen de dé­ve­lop­pe­ment (FED), pi­lier de co­opé­ra­tion avec 30,5 mil­liards d’eu­ros bud­gé­ti­sés pour la pé­riode 2014-2020.

« L’aide sous forme de dons doit être consa­crée aux si­tua­tions de crises, à la créa­tion d’au­to­ri­tés de ré­gu­la­tion ou en­core à la for­ma­tion, in­dique la note du Me­def. Des ins­tru­ments fi­nan­ciers plus mo­dernes doivent être créés comme mé­ca­nismes de ga­ran­tie s’exer­çant à la pre­mière de­mande... avec une bonne prise en compte des risques géo­gra­phiques et sec­to­riels. »

Les pa­tro­nats eu­ro­péens de­mandent éga­le­ment la mise en place de mé­ca­nismes de fi­nan­ce­ments des pro­jets en fonc­tion de la me­sure de l’em­preinte et de l’im­pact lo­cal : créa­tion d’em­plois, im­plan­ta­tion de suc­cur­sales, fis­ca­li­té, as­so­cia­tion de la po­pu­la­tion au pro­jet, pré­sence du­rable, cri­tères en­vi­ron­ne­men­taux... Ce­la per­met­trait de tracer les fi­nan­ce­ments pour des so­cié­tés européennes adeptes des vo­lets RSE (res­pon­sa­bi­li­té so­cié­tale des en­tre­prises), au dé­tri­ment no­tam­ment des groupes asia­tiques. En­fin, les pa­tro­nats re­com­mandent de fa­vo­ri­ser les par­te­na­riats pu­blics-pri­vés et de mettre en place un mé­ca­nisme d’ar­bi­trage entre l’UE et les ACP pour ré­gler les dif­fé­rends liés aux in­ves­tis­se­ments.

« L’aide sous forme de dons doit être consa­crée aux si­tua­tions de crises, à la créa­tion d’au­to­ri­tés de ré­gu­la­tion ou en­core à la for­ma­tion »

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