Eu­ro­péennes 2019: LREM ne veut pas d’al­liance ex­clu­sive

L’ADLE de­vrait consti­tuer le socle d’un nou­veau groupe po­li­tique

L'Opinion - - Ministre ? Non Merci ! - Isa­belle Mar­chais (à Bruxelles) t @IMar­chais

Le congrès de l’Al­liance des dé­mo­crates et des li­bé­raux pour l’Eu­rope (ADLE) se tien­dra du 8 au 10 no­vembre à Ma­drid. Le dé­lé­gué gé­né­ral de La Ré­pu­blique en marche, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, et le pré­sident du groupe ADLE au Par­le­ment eu­ro­péen, Guy Ve­rhof­stadt, pré­parent une dé­cla­ra­tion po­li­tique qui pour­rait an­non­cer le lan­ce­ment en 2019 d’une grande pla­te­forme po­li­tique.

LES TRAC­TA­TIONS se pour­suivent en vue des eu­ro­péennes. Se­lon le site Po­li­ti­co, Em­ma­nuel Ma­cron et son ho­mo­logue néer­lan­dais Mark Rutte au­raient conclu un ac­cord de prin­cipe, en concer­ta­tion avec d’autres Pre­miers mi­nistres de la fa­mille li­bé­rale, afin de nouer une al­liance entre La Ré­pu­blique en marche (LREM) et l’Al­liance des dé­mo­crates et des li­bé­raux pour l’Eu­rope (ADLE). Les deux di­ri­geants se voient ré­gu­liè­re­ment, sans pour au­tant être tou­jours d’ac­cord sur les grands su­jets eu­ro­péens.

« Le VVD (Par­ti po­pu­laire li­bé­ral et dé­mo­crate néer­lan­dais, NDLR) est l’un des par­tis avec les­quels nous dis­cu­tons pour voir ce que l’on peut construire en­semble, mais nous ne nouons pas d’al­liance ex­clu­sive avec les par­tis en Eu­rope », ré­pond Pieyre-Alexandre An­glade, dé­pu­té LREM des Fran­çais du Be­ne­lux. « Nous ne sommes pas dans une lo­gique d’ac­cord d’ap­pa­reil. L’ADLE consti­tue le socle de ce que nous vou­lons construire mais nous vou­lons l’élar­gir à d’autres par­tis, qu’on peut trou­ver au PPE, chez les so­cio-dé­mo­crates ou chez les éco­lo­gistes », ajoute ce­lui que l’on dé­peint comme le Mon­sieur Eu­rope de la Ma­cro­nie.

Des dis­cus­sions ont ain­si lieu en Po­logne avec la Plate-forme ci­vique (PO) et en Grèce avec la Nou­velle dé­mo­cra­tie, tous deux membres du PPE, mais aus­si avec les so­cia­listes au­tri­chiens et ita­liens. Et ce n’est pas fi­ni. Mais pour LREM, qui part de zé­ro, ne dis­pose d’au­cun élu au Par­le­ment sor­tant, le tra­vail s’an­nonce fas­ti­dieux.

Al­liances. Un scé­na­rio en deux étapes est pré­vu. Dé­but 2019, LREM de­vrait pré­sen­ter ses al­liances. Puis, après les élec­tions, elle es­père at­ti­rer des élus qui pour­raient être in­té­res­sés, sur­tout si l’ADLE – dont le nom est ap­pe­lé à chan­ger – en­re­gistre une pro­gres­sion qui pour­rait lui per­mettre de re­de­ve­nir, sous une nou­velle forme, le troi­sième groupe de l’As­sem­blée. « Ce se­rait bien d’avoir un grand groupe au centre du pay­sage po­li­tique, qui soit pro-eu­ro­péen et pro­gres­siste », es­time l’eu­ro­dé­pu­tée néer­lan­daise so­ciale-li­bé­rale So­phia in’t Veld (D66). LREM y se­rait la dé­lé­ga­tion la plus im­por­tante avec, se­lon les pro­jec­tions, quinze à vingt dé­pu­tés.

Après une dé­cla­ra­tion po­li­tique, at­ten­due pour le Congrès de l’ADLE de no­vembre à Ma­drid, une pla­te­forme com­mune se­rait éla­bo­rée par LREM et ses sou­tiens en vue des élec­tions : elle de­vrait être por­tée non pas par un chef de file unique, compte te­nu du peu d’ap­pé­tence d’Em­ma­nuel Ma­cron pour le pro­ces­sus du Spit­zen­kan­di­dat, mais par une équipe de per­son­na­li­tés. On de­vrait y re­trou­ver le pré­sident du groupe ADLE au Par­le­ment eu­ro­péen Guy Ve­rhof­stadt, la com­mis­saire à la Concur­rence Mar­grethe Ves­ta­ger ou le Pre­mier mi­nistre Xa­vier Bet­tel.

Reste à sa­voir ce que fe­ra Mark Rutte, au­quel cer­tains prêtent l’am­bi­tion de prendre la tête du Conseil eu­ro­péen mais qui, bien an­cré à son fau­teuil de Pre­mier mi­nistre, n’a au­cun in­té­rêt à se dé­voi­ler trop tôt.

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