Wen­del pour­suit le mé­nage dans son por­te­feuille

La so­cié­té d’in­ves­tis­se­ment conti­nue ses ces­sions, avec la vente cette se­maine d’une par­tie de ses titres Bu­reau Ve­ri­tas

L'Opinion - - Opposition : La Grande Panne - Mu­riel Motte @mu­riel­motte

Alors que les ten­sions montent sur les mar­chés fi­nan­ciers, Wen­del ré­duit un peu plus son pro­fil de risque. Sa tré­so­re­rie re­pré­sente au­jourd’hui plus de 20 % de son ac­tif brut. S’AL­LÈGE EN­CORE. La so­cié­té d’in­ves­tis­se­ment avait dé­jà cé­dé trois lignes de son por­te­feuille cette an­née. Elle vient d’ajou­ter la vente de 4,73 % du ca­pi­tal de Bu­reau Ve­ri­tas. Pré­sent de­puis 1995 au tour de table du lea­der mon­dial de la cer­ti­fi­ca­tion, Wen­del en conser­ve­ra le contrôle avec 35,8 % du ca­pi­tal et 51,9 % des droits de vote. L’opé­ra­tion, réa­li­sée à un cours équi­valent à ce­lui de la pré­cé­dente ces­sion d’un bloc de titres en 2015, lui rap­porte 400 mil­lions d’eu­ros, qui viennent gros­sir sa tré­so­re­rie. « Nous sommes à un mo­ment du cycle éco­no­mique et fi­nan­cier où il nous semble per­ti­nent d’amé­lio­rer en­core notre pro­fil de risque, com­mente An­dré Fran­çois-Pon­cet, pré­sident du di­rec­toire de­puis un an. Le prix des ac­tifs reste cher, nous le voyons sur les dos­siers d’in­ves­tis­se­ment que nous étu­dions. Nous es­ti­mons que c’est le bon mo­ment pour réa­li­ser des ajus­te­ments. »

Moins de lignes en por­te­feuille, moins d’ex­po­si­tion à la Bourse : Wen­del pour­suit sa mue. De­puis le dé­but de l’an­née, le groupe a re­ven­du ses par­ti­ci­pa­tions dans trois en­tre­prises non co­tées. Le ma­ro­cain Sa­ham Group, pour 125 mil­lions d’eu­ros ; le fa­bri­quant d’équi­pe­ments de bou­lan­ge­rie Mé­ca­therm (83 mil­lions d’eu­ros nets pour We­del). En­fin, la ces­sion du spé­cia­liste d’em­bal­lage de pro­tec­tion CSP Tech­no­lo­gie à l’amé­ri­cain Ap­tar Group lui a rap­por­té 342 mil­lions de dol­lars (en­vi­ron 300 mil­lions d’eu­ros) de li­qui­di­tés.

Au­jourd’hui, Wen­del ne compte plus que dix par­ti­ci­pa­tions, dont deux co­tées, Bu­reau Ve­ri­tas et Saint-Go­bain. Ce « choc de sim­pli­fi­ca­tion », dixit An­dré Fran­çois-Pon­cet, de­vrait se pour­suivre. Le re­li­quat de ses titres dans le géant des ma­té­riaux a lui aus­si vo­ca­tion à être re­ven­du d’ici à 2020. En­trée au ca­pi­tal de Saint-Go­bain en 2007, la hol­ding de la fa­mille hé­ri­tière des maîtres de forges n’en pos­sède plus au­jourd’hui que 2,6 %. En juin 2017, elle avait réus­si à cé­der 3,6 % alors que l’ac­tion du lea­der mon­dial de l’ha­bi­tat ca­ra­co­lait au­tour de 50 eu­ros. Elle n’en vaut plus que 32 au terme d’une chute qui s’est ac­cé­lé­rée de­puis un an (-36 %).

Se mettre à l’abri de la vo­la­ti­li­té de la Bourse, c’est jus­te­ment l’autre ob­jec­tif de Wen­del. El­le­même co­tée, la so­cié­té su­bit les affres des mar­chés. Son cours a re­cu­lé de 22 % cette an­née. A moins de 112 eu­ros, elle af­fiche une forte décote par rap­port à son ac­tif net ré­éva­lué (172,70 eu­ros fin août). Dans son étude du mois der­nier, l’anaWENDEL lyste d’Od­do BHF ju­geait dé­jà cette décote ex­ces­sive au re­gard du pro­fil de risque, et af­fi­chait un ob­jec­tif de cours de 169 eu­ros.

La Bourse pour­rait peut-être sa­luer un pro­chain in­ves­tis­se­ment de Wen­del. Sa der­nière ac­qui­si­tion d’en­ver­gure a été bou­clée dé­but 2017 avec le ra­chat du sud-afri­cain Tse­bo, lea­der des ser­vices aux en­tre­prises sur le conti­nent. A force de ces­sions, la tré­so­re­rie de la so­cié­té d’in- ves­tis­se­ment re­pré­sen­te­rait en­vi­ron 21 % de l’ac­tif brut, de quoi « dis­po­ser d’une flexi­bi­li­té ac­crue pour pour­suivre le dé­ve­lop­pe­ment de son por­te­feuille », sou­ligne son pré­sident.

Le plan stra­té­gique à cinq ans (2017-2020) ré­pé­tait la vo­ca­tion de Wen­del à « in­ves­tir sur le long terme, comme ac­tion­naire ma­jo­ri­taire ou de pre­mier rang dans des so­cié­tés prin­ci­pa­le­ment non co­tées, ayant des po­si­tions de lea­der afin d’ac­cé­lé­rer leur crois­sance et leur dé­ve­lop­pe­ment ».

Pro­blème, les cibles de choix valent cher. Rien qu’en Eu­rope, les fonds de pri­vate equi­ty qui ont mul­ti­plié les le­vées de fonds dis­posent de près de 200 mil­liards de dol­lars de ca­pi­taux à in­ves­tir. Cette « poudre sèche » fait grim­per le prix des ac­tifs à des mul­tiples d’ac­qui­si­tion souvent su­pé­rieurs aux ni­veaux de 2007-2008. Dans ce contexte, il est ef­fec­ti­ve­ment plus ten­tant de vendre que d’ache­ter.

La so­cié­té su­bit les affres des mar­chés. Son cours a re­cu­lé de 22 % cette an­née

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.