Une pro­messe non te­nue qui pour­rait coû­ter cher à l’ex-mi­nistre

L'Opinion - - Donald Trump, What Else ? - M.D.

SI VOUS AVEZ COM­PRIS QUELQUE CHOSE au pay­sage po­li­tique lyonnais, c’est qu’on vous l’a mal ex­pli­qué. Des sym­pa­thi­sants so­cia­listes ou Les Ré­pu­bli­cains écla­tés entre plu­sieurs groupes à la Ville et à la mé­tro­pole, des ex­trêmes qui pour­raient s’in­vi­ter au se­cond tour et un groupe d’élus « in­dé­pen­dants » qui vient de quit­ter avec fra­cas l’al­liance nouée en 2015 avec Gé­rard Col­lomb sans dire vers qui il va se tour­ner à pré­sent.

Cette as­so­cia­tion de maires de pe­tites com­munes, plu­tôt de droite, s’ap­pelle « Sy­ner­gies Ave­nir ». Avec 30 élus au con­seil de la mé­tro­pole, il consti­tue la 3e force po­li­tique de l’Hé­mi­cycle, der­rière les 32 so­cia­listes et les 40 LR, qui, bien que lar­ge­ment re­pré­sen­tés, ne pré­sident pas l’ins­ti­tu­tion. La faute à l’ha­bi­le­té de Gé­rard Col­lomb. L’an­cien mi­nistre de l’In­té­rieur s’est at­ti­ré les fa­veurs de Sy­ner­gie en lui ga­ran­tis­sant une large re­pré­sen­ta­ti­vi­té après 2020. Ex­pli­ca­tions.

Nou­veau mode de dé­si­gna­tion. Le prin­cipe est simple : jus­qu’aux pro­chaines élec­tions, chaque com­mune du Grand Lyon dis­pose d’au moins un siège. C’est après que ça se com­plique. En 2020, les élec­teurs dé­si­gne­ront au suf­frage uni­ver­sel des re­pré­sen­tants à la mé­tro­pole non plus dans chaque com­mune mais dans des cir­cons­crip­tions. Avec une consé­quence ma­jeure : cer­tains maires ne sié­ge­ront plus dans l’ins­tance. Pour sau­ver son al­liance avec Sy­ner­gies, Gé­rard Col­lomb avait pro­mis de ré­vi­ser ce nou­veau mode de dé­si­gna­tion. Sa no­mi­na­tion comme mi­nistre de l’In­té­rieur en mai 2017 de­vait fa­ci­li­ter les choses. Peine per­due, Gé­rard Col­lomb n’a ja­mais réus­si à amen­der l’ar­ticle de loi en ques­tion.

« Nous avons tra­vaillé avec des avo­cats, dé­po­sé des re­cours, ho­no­ré des ren­dez-vous au mi­nis­tère de l’In­té­rieur. Rien n’y a fait », s’em­porte Marc Gri­vel, maire de Saint-Cy­rau-Mont-d’Or et pré­sident du groupe « Sy­ner­gies-Ave­nir ». L’al­liance avec Gé­rard Col­lomb a vo­lé en éclats. « Comment vou­lez-vous qu’on conti­nue de tra­vailler avec quel­qu’un qui nous a mis de­hors ? Notre groupe risque de pas­ser de trente à une quin­zaine d’élus. Alors, non, on ne se rap­pro­che­ra pas de M. Col­lomb », as­sure Marc Gri­vel.

L’ap­point de ces élus « in­dé­pen­dants » at­tire les convoi­tises. Toutes les forces po­li­tiques vantent leur proxi­mi­té d’idées avec « Sy­ner­gies Ave­nir » ou leur sym­pa­thie pour les pe­tites com­munes de la mé­tro­pole. « Il faut re­don­ner la pa­role aux ter­ri­toires. On ne peut rien faire sans les maires », clame Alexandre Vin­cen­det pour Les Ré­pu­bli­cains. « Qui peut en­core croire aux pro­messes de Gé­rard Col­lomb ? La mé­tro­pole est en train de de­ve­nir comme l’Union eu­ro­péenne, une ins­tance qui ne re­pré­sente plus les ha­bi­tants », sou­ligne Mu­riel Coa­ti­vy du Ras­sem­ble­ment na­tio­nal. Quant à Da­vid Ki­mel­feld, l’ac­tuel pré­sident de la mé­tro­pole, il as­sure que les élus de « Sy­ner­gie Ave­nir » font la part des choses entre la pro­messe non te­nue de Gé­rard Col­lomb et la bonne en­tente que lui en­tre­tient avec eux au quo­ti­dien. On ne se fâche pas avec des élus qui pour­raient faire bas­cu­ler d’un cô­té ou de l’autre le Grand Lyon.

SI­PA PRESS

Le pré­sident de la mé­tro­pole de Lyon, Da­vid Ki­mel­feld (à gauche), et Gé­rard Col­lomb en­cadrent Em­ma­nuel Ma­cron pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle 2017.

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