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L'Opinion - - The Wall Street Journal - Ja­net Hook et Reid J. Ep­stein

en passe de ga­gner l’élec­tion se­lon les son­dages. Les dé­mo­crates de­meurent op­ti­mistes quant à leurs chances de re­tour­ner les sièges ré­pu­bli­cains en Ari­zo­na et au Ne­va­da, où les der­niers son­dages font état d’un lé­ger avan­tage pour eux. Les dé­pla­ce­ments de Do­nald Trump cette der­nière se­maine ont fait l’im­passe sur ces deux Etats.

Sur le front de la Chambre des re­pré­sen­tants, les deux par­tis sont lar­ge­ment en phase. Les gros « su­per PAC » des deux camps ont ache­té des pu­bli­ci­tés TV dans 46 dis­tricts la der­nière se­maine de cam­pagne. Les dé­mo­crates ont mi­sé sur des ren­ver­se­ments dans les zones à grande ma­jo­ri­té ré­pu­bli­caines comme Ok­la­ho­ma Ci­ty and cer­taines ban­lieues d’At­lan­ta, tan­dis que les ré­pu­bli­cains for­ti­fient les dis­tricts ru­raux du centre de la Vir­gi­nie et le long de la côte de Ca­ro­line du Sud, long­temps consi­dé­rés comme ac­quis.

« Les ré­pu­bli­cains peuvent seule­ment bou­cher les fuites pen­dant que d’autres ap­pa­raissent dans la digue », ob­serve Ken Spain, un an­cien haut res­pon­sable du Na­tio­nal Re­pu­bli­can Congres­sio­nal Com­mit­tee. « Quand on voit émer­ger des scru­tins comme ceux-ci, c’est pro­ba­ble­ment que le ter­rain est mi­né. »

Les res­pon­sables ré­pu­bli­cains, qui es­pèrent conser­ver les 23 sièges d’avance du par­ti à la Chambre, ont cé­dé sept dis­tricts te­nus par le par­ti aux dé­mo­crates, n’in­ves­tis­sant rien en té­lé­vi­sion pour les dé­fendre. Neuf sièges ré­pu­bli­cains de plus à la Chambre, dans les zones pé­ri­ur­baines, sont dé­jà per­dus, se­lon cer­tains.

Ce qui veut dire que les dé­mo­crates doivent rem­por­ter sept dis­tricts en bal­lo­tage sur trois dou­zaines en­vi­ron, pour re­ga­gner le contrôle de la Chambre.

Same­di, le plus gros « su­per PAC » ré­pu­bli­cain, pour les élec­tions à la Chambre, a dé­cla­ré qu’il trans­fé­rait des fonds à la der­nière mi­nute en Alas­ka pour ai­der le dé­pu­té Don Young, ré­élu sys­té­ma­ti­que­ment tous les deux ans de­puis 1972.

Le pay­sage a été trans­for­mé par plus de choses que le lot ha­bi­tuel de sur­prises du mois d’oc­tobre. Par­mi celles-ci : le meurtre de 11 per­sonnes dans une sy­na­gogue de Pitts­burgh, une vague de bombes ar­ti­sa­nales en­voyées par cour­rier aux op­po­sants à Trump, l’ap­pa­ri­tion de la ca­ra­vane de mi­grants, et la ba­taille qui a di­vi­sé l’opi­nion pour la confir­ma­tion du juge Brett Ka­va­naugh à la Cour su­prême.

Contre vents et ma­rées, la plu­part des can­di­dats dé­mo­crates sont res­tés concen­trés sur le prin­ci­pal su­jet por­té par le par­ti : la po­li­tique de san­té, et en par­ti­cu­lier le main­tien de la loi im­po­sant aux com­pa­gnies d’as­su­rance de cou­vrir les pa­tho­lo­gies pré­exis­tantes.

« Le sys­tème de san­té et le prix des mé­di­ca­ments sur or­don­nance sont le pro­blème nu­mé­ro un dans le dis­trict », a dé­cla­ré la dé­mo­crate Kim Schrier, une pé­diatre qui se pré­sente à la Chambre dans un dis­trict dif­fi­cile te­nu par les ré­pu­bli­cains, dans les en­vi­rons de Seat­tle. « Les gens ont vrai­ment peur. »

Les ré­pu­bli­cains, quant à eux, se sont adap­tés aux chan­ge­ments fré­quents de prio­ri­tés de Do­nald Trump. Ils ont lar­ge­ment aban­don­né la cam­pagne en fa­veur des baisses d’im­pôts ins­ti­tuées par Do­nald Trump en dé­cembre der­nier, et se sont dé­me­nés pour te­nir un dis­cours co­hé­rent sur l’éco­no­mie amé­ri­caine en plein boom. Les sé­na­teurs ré­pu­bli­cains ont ga­gné des points en sou­te­nant la no­mi­na­tion de Ka­va­naugh, puis Do­nald Trump a dé­tour­né l’at­ten­tion sur l’im­mi­gra­tion illé­gale.

« Trump conclu­ra comme il conclu­ra », dé­clare Scott Reed, le stra­tège po­li­tique de la Chambre de com­merce amé­ri­caine. « Nous ai­me­rions juste que ce­la s’ex­prime plus en termes de suc­cès éco­no­mique, alors que Ka­va­naugh et les risques d’une vic­toire dé­mo­crate prennent le des­sus. »

Les re­pré­sen­tants ré­pu­bli­cains dans les ter­ri­toires très dis­pu­tés – en par­ti­cu­lier dans les dis­tricts de ban­lieue – se re­trouvent à es­sayer de faire de l’élec­tion un ré­fé­ren­dum sur les ques­tions lo­cales plu­tôt que sur le Pré­sident.

« Les in­di­vi­dus des deux cô­tés de l’échi­quier po­li­tique qui ont pro­ba­ble­ment le plus de dif­fi­cul­tés, sont ceux ayant perdu le contact avec leur dis­trict », es­time la re­pré­sen­tante ré­pu­bli­caine de Géor­gie Ka­ren Han­del, qui re­pré­sente un dis­trict dans les en­vi­rons d’At­lan­ta que les dé­mo­crates tentent de re­tour­ner. « Ne soyez pas dis­trait par tout ce va­carme. »

Le vote an­ti­ci­pé est aus­si un jo­ker. Mi­chael Mac­Do­nald, qui étu­die les ten­dances de vote au Uni­ted States Elec­tions Pro­ject de l’Uni­ver­si­té de Flo­ride, a in­di­qué vendre­di que 27 Etats avaient dé­jà re­çu plus de bul­le­tins que lors des élec­tions de mi-man­dat de 2014.

Dans les 30 plus grands com­tés du Texas, où le dé­pu­té dé­mo­crate Be­to O’Rourke or­ga­nise un as­saut certes ins­pi­ré, mais qui a peu de chances de réus­sir, contre son ad­ver­saire ré­pu­bli­cain, le sé­na­teur Ted Cruz, le nombre de suf­frages an­ti­ci­pés a dé­pas­sé le nombre to­tal de suf­frages ex­pri­més lors des élec­tions de mi-man­dat pré­cé­dentes.

La com­bi­nai­son des der­nières ac­tua­li­tés et d’un Pré­sident im­pré­vi­sible met tous les can­di­dats à rude épreuve, y com­pris ceux qui sont nou­veaux en po­li­tique. « On di­rait qu’il y a tou­jours quelque chose qui se passe », confie la dé­mo­crate Cin­dy Axne de l’Io­wa, can­di­date pour la pre­mière fois à un siège à la Chambre, te­nu ac­tuel­le­ment par les ré­pu­bli­cains. « Il se passe trop de choses pour que nous puis­sions par­ler de tout. »

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