Le­bailly Fils s’as­so­cie à un ex­ploit spor­tif in­édit

La me­nui­se­rie Le­bailly Fils par­ti­cipe à la construc­tion d’un ba­teau de com­pé­ti­tion. Le skip­per réa­li­se­ra un cir­cuit in­édit à la voile du­rant 7 mois en so­li­taire et sans es­cale.

L'Orne Combattante (FL) - - FLERS ET SON PAYS -

C’est un dé­fi spor­tif sans précédent dans le monde de la voile au­quel l’en­tre­prise Le­bailly Fils, de Ca­li­gny, s’as­so­cie !

Elle va par­ti­ci­per à la construc­tion du ba­teau du skip­per au­tri­chien, Nor­bert Sed­la­cek, qui veut être le pre­mier ma­rin à réa­li­ser un tour du monde par les deux pôles, en so­li­taire et sans es­cale.

Un pé­riple de 7 mois en mer

Un pé­riple in­édit de 34 000 milles, soit plus de 60 000 km, que le skip­per compte réa­li­ser en 7 mois.

Ce cir­cuit « hors du com­mun » né­ces­site la construc­tion d’un « ba­teau hors norme » , as­sure Fran­çois Le­bailly, gé­rant de Le­bailly Fils. C’est là que le sa­voir- faire de l’en­tre­prise de Ca­li­gny entre en jeu.

La me­nui­se­rie s’est em­bar­quée dans ce pro­jet bap­ti­sé An­tAr­tic-Lab par l’in­ter­mé­diaire de l’Ate­lier Vincent Le­bailly Yacht De­si­gn, ca­bi­net d’ar­chi­tec­ture na­vale, ba­sé à Ber­nières-sur-Mer, dans le Cal­va­dos. Son gé­rant, Vincent Le­bailly, est le fils de Fran­çois Le­bailly. Il s’oc­cupe de la concep­tion de ce ba­teau de com­pé­ti­tion en étroite col­la­bo­ra­tion avec Ma­rion Kock, de­si­gner et com­pagne du skip­per.

Pour la réa­li­sa­tion, l’ar­chi­tecte na­val a pu na­tu­rel­le­ment comp­ter sur la so­cié­té de son père qui dis­pose des com­pé­tences tech­niques et hu­maines.

De­puis quelques mois, en ef­fet, Le­bailly Fils a di­ver­si­fié ses ac­ti­vi­tés en se lan­çant dans le sec­teur du nau­tisme, une des pas­sions de Fran­çois Le­bailly. L’en­tre­prise tra­vaille dé­jà pour les chan­tiers Wrigh­ton, et plus par­ti­cu­liè­re­ment sur l’agen­ce­ment in­té­rieur de leur mo­dèle phare, le Bi-Loup 109.

La com­pé­ti­tion, en re­vanche, c’est nou­veau pour l’en­tre­prise de Ca­li­gny ! Elle va réa­li­ser des pièces de la coque du ba­teau et son iso­la­tion.

Un tra­vail de pré­ci­sion

Elle in­ter­vien­dra aus­si sur les élé­ments d’amé­na­ge­ment in­té­rieur. Mais contrai­re­ment au BiLoup, « c’est as­sez sommaire. Il faut avant tout que ce soit ef­fi­cace » , ex­plique Phi­lippe Roul­leaux, di­rec­teur tech­nique qui s’in­ves­tit dans ce pro­jet avec son fils, Sé­bas­tien Roul­leaux, di­rec­teur ad­mi­nis­tra­tif.

Le­bailly Fils va aus­si fa­bri­quer le moule de sup­port qui don­ne­ra la forme à la coque du ba­teau. « C’est un tra­vail de pré­ci­sion et de l’or­ga­ni­sa­tion » , confie Fran­çois Le­bailly. Les dé­coupes se font au mil­li­mètre.

Les pièces se­ront ap­por­tées en­suite aux Sables-d’Olonne où le ba­teau se­ra as­sem­blé.

Ce mo­dèle, sem­blable à ceux qui par­ti­cipent au Ven­dée Globe, la cé­lèbre course en so­li­taire, fe­ra 18,28 m de long, soit 60 pieds. « Sa par­ti­cu­la­ri­té : il se­ra plus éco­lo­gique avec une iso­la­tion en bal­sa, un bois ex­trê­me­ment léger, et la coque se­ra en fibre de ba­salte. C’est de la fibre de roche ce qui est as­sez no­va­teur dans le sec­teur du nau­tisme. L’avan­tage, c’est que c’est re­cy­clable » , pré­cise Fran­çois Le­bailly.

Dé­part en juillet 2018

Le pro­to­type de­vrait être mis à l’eau en juillet 2017. Après quelques ajus­te­ments né­ces­saires et la pé­riode des tests, Nor­bert Sed­la­cek de­vrait par- tir en juillet 2018, des Sa­blesd’Olonne.

Le skip­per, par­ti­cu­liè­re­ment ex­pé­ri­men­té pour se lan­cer dans un tel dé­fi, a no­tam­ment fait deux fois le tour du monde en so­li­taire, une pre­mière fois sur un ba­teau de 8 m et la deuxième en com­pé­ti­tion lors du Ven­dée Globe. Il a aus­si ef­fec­tué le tour de l’An­tarc­tique avec un ba­teau fa­bri­qué chez Gar­cia, à Con­dé­sur-Noi­reau. Il pro­jette même d’être au dé­part du Ven­dée Globe, en 2020, pour prou­ver les qua­li­tés de son mo­no­coque.

« Notre but est de dé­mon­trer que c’est un ba­teau cos­taud » , ex­plique Phi­lippe Roul­leaux. Un in­ves­tis­se­ment pour Le­bailly Fils qui es­père des re­tom­bées en termes pu­bli­ci­taires. Et pour­quoi pas, plus tard, dé­cli­ner une nou­velle gamme de mo­no­coque pour la­quelle l’en­tre­prise tra­vaille­rait ?

En at­ten­dant, c’est une nou­velle aven­ture et une fier­té pour Le­bailly Fils que son nom soit as­so­cié à un dé­fi spor­tif de cette en­ver­gure. La me­nui­se­rie plus que cen­te­naire conti­nue d’in­no­ver. Avec ses 43 sa­la­riés, elle est spé­cia­li­sée dans le bois, l’alu­mi­nium, l’acier ou le mé­tal et mène des chan­tiers aus­si bien pour les par­ti­cu­liers que pour les pro­fes­sion­nels. Elle ajoute une nou­velle corde à son arc.

Un dé­fi tech­nique et hu­main à suivre…

M. M.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.