La Nor­man­die de toutes les cou­leurs avec Gilles Ri­gou­let

L'Orne Combattante (FL) - - TINCHEBRAY -

Tin­che­bray Bo­cage cé­lèbre la réuni­fi­ca­tion des deux Nor­man­dies. Après l’ex­po­si­tion consa­crée à Heu­la, la Mai­son de Pays et la Mé­di@tech Syl­via et Hu­bert Bas­sot pro­posent des pho­to­gra­phies. Cette fois-ci, l’ar­tiste est Gilles Ri­gou­let, pho­to­graphe nor­mand, ori­gi­naire de l’Eure. Ses cli­chés se­ront ac­cro­chés jus­qu’au 8 mai pro­chain.

Ven­dre­di 18 mars, le pho­to­graphe pré­sen­tait ses oeuvres au pu­blic lors du ver­nis­sage de l’ex­po­si­tion. Il était ac­com­pa­gné d’Alain Ja­ro­cins­ki, pho­to­graphe au­to­di­dacte et pré­sident de l’as­so­cia­tion « Le Mois de la Pho­to en Bo­cage »

La sei­zième édi­tion de « Le Mois de la Pho­to en Bo­cage » s’in­ti­tule « Fi­gures ». Elle pré­sente des scènes de la vie quo­ti­dienne, des voyages. 40 ar­tistes sont as­so­ciés à cette ini­tia­tive, avec 250 ex­po­si­tions à tra­vers la Nor­man­die. « 2016 est le dé­but d’une aven­ture, celle de notre grande ré­gion. Gilles Ri­gou­let a sillon­né les 5 dé­par­te­ments. Il a su sai­sir leurs lu­mières et leurs par­ti­cu­la­rismes. Le Mois de la Pho­to a éla­bo­ré avec lui l’ex­po­si­tion Nor­man­die. Elle a trou­vé un écho avec la com­mune de Tin­che­bray Bo­cage qui avait les mêmes pré­oc­cu­pa­tions. Mettre l’ac­cent sur cet évé­ne­ment ré­gio­nal a été l’une des prio­ri­tés »

Pre­mier pho­to­graphe at­ti­tré du Monde

Gilles Ri­gou­let a dé­bu­té dans la presse en 1975. Il a été le pre­mier pho­to­graphe at­ti­tré du Monde dans les an­nées 80. Il a col­la­bo­ré avec ce jour­nal pen­dant plus de 20 ans.

En 1985, il a réa­li­sé un supplément du Monde « Por­trait d’un quo­ti­dien » avec Hen­ri Car­tier Bres­son.

Les pho­tos de Gilles Ri­gou­let ont été pré­sen­tées en 1986 par Ro­bert Dois­neau dans un port­fo­lio de la re­vue Pho­to Ma­ga­zine. Du­rant une tren­taine d’an­nées, il a col­la­bo­ré aux pu­bli­ca­tions de presse na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale : Géo, Grands re­por­tages, Elle, Sun­day Times, La Re­pu­bli­ca, la Stam­pa, El Pais, etc…

Site my­thique

En pa­ral­lèle, Gilles Ri­gou­let a dé­ve­lop­pé un tra­vail d’au­teur de Street Pho­to­gra­phy en Eu­rope, Amé­rique du Nord ou Asie. Pen­dant 25 ans, il a réa­li­sé un « Pay­sage en Mou­ve­ment », une re­cherche ex­po­sée sous le titre « Car­net de Voyage » pour Louis Vuit­ton ou Bon Mar­ché de Pa­ris en 2004. En 2011, c’est à lui que l’on doit l’ex­po­si­tion « Les Fran­çais vus du train » réa­li­sé pour la SNCF. Agnès B lui a ou­vert les portes de sa ga­le­rie en 2014. En 2015, ses cli­chés noir et blanc réa­li­sés à la pis­cine Mo­li­tor sont ex­po­sés pour la ré­ou­ver­ture de ce site my­thique.

En 2016, les Bo­cains ont l’op­por­tu­ni­té de faire sa connais­sance. 60 de ses pho­to­gra­phies re­pré­sen­tant la Nor­man­die sont vi­sibles. Pa­tiem­ment, le pho­to­graphe a ex­pli­qué son tra­vail, sa pas­sion, sa tech­nique, ré­pon­dant aux ques­tions du pu­blic.

Une fausse idée de la pho­to­gra­phie

L’avè­ne­ment du nu­mé­rique conduit la plu­part des per­sonnes à croire que la pho­to­gra­phie est simple et ra­pide « il n’y a rien de plus er­ro­né af­firme Gilles Ri­gou­let. La pho­to­gra­phie est le ré­sul­tat de tra­vail, de pa­tience. Der­rière cha­cune des pho­tos que vous voyez ici ex­po­sées, il y en a des mil­liers, cha­cune est un su­jet, un su­jet com­plet. Chaque fois, ce sont des heures, des se­maines, voire des mois de tra­vail »

En ar­gen­tique

L’ar­tiste re­père un lieu, il y re­vient à dif­fé­rentes heures du jour « c’est comme une pein­ture, la lu­mière du soir ou du ma­tin donne une autre in­ten­si­té à la pho­to­gra­phie. Et puis lorsque l’on a trou­vé l’en­droit ou l’ob­jet, il faut en­core trou­ver le point d’où se­ra prise la pho­to­gra­phie. Tout prend du temps. Il faut sa­voir être pa­tient pour réa­li­ser la pho­to ex­cep­tion­nelle. C’est dif­fi­cile à com­prendre de nos jours, vu le rap­port des gens à la pho­to­gra­phie à tra­vers l’ip­hone. Ils prennent des pho­tos de tout et de rien, à toute vi­tesse, de chaque ins­tant. Je conti­nue de tra­vailler en ar­gen­tique.

Ce­la mé­rite ré­flexion, on ne prend pas n’im­porte quelle pho­to lorsque l’on dis­pose de 9 ou 10 prises. Moi, je re­viens 4 ou 5 fois sur le site que je veux prendre en pho­to jus­qu’à ce que j’ob­tienne la per­fec­tion ».

L’ar­tiste ne cherche pas un cu­mul de pho­to­gra­phies « il me faut le bon éclai­rage, les bons per­son­nages. Je pense ma pho­to, je l’ai en tête avant de faire la prise.

Chaque pho­to en ar­gen­tique est une pho­to unique, c’est une ma­tière qui se mé­rite »

Ex­po­si­tion à La Mai­son de Pays : lun­di, mar­di, jeu­di et ven­dre­di de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures à 17 h 30. Di­manche de 15 heures à 18 heures.

Ex­po­si­tion Mé­di@tech : Lun­di, mar­di, jeu­di, ven­dre­di de 13 h 30 à 18 h 30, mer­cre­di et sa­me­di de 10 h 30 à 18 h 30.

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