Pierre Lion est pas­sion­né de ca­drans so­laires

An­cien maire de la com­mune, Pierre Lion voue une grande pas­sion pour les ca­drans so­laires. Il en a ins­tal­lé un dans l’école.

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS -

Ron­feu­ge­rai.

De­puis la ren­trée de sep­tembre, les en­fants de l’école de Ron­feu­ge­rai ont un ca­dran so­laire sur le sol de leur cour de ré­créa­tion, spé­cia­le­ment conçu par Pierre Lion, an­cien maire de la com­mune, pour leur ap­prendre à lire l’heure au so­leil.

Ac­com­pa­gné de Ni­cole Du­val, maire, Pierre Lion est ve­nu à l’école, à l’oc­ca­sion de l’équi­noxe de prin­temps, comme il l’avait dé­jà fait à l’équi­noxe d’au­tomne et au sol­stice d’hi­ver.

Ai­dé par les en­sei­gnantes, Anne Gon­za­lez et So­phie Li­hou, Pierre Lion a ex­pli­qué la ro­ta­tion de la terre au­tour du so­leil, la ligne de mi­di par rap­port au mé­ri­dien de Green­wich, et grâce à la tige, ap­pe­lée style, ayant un angle de 48°46, cor­res­pon­dant à la la­ti­tude du lieu, il a fait de­vi­ner aux en­fants l’heure au so­leil sur la ligne équi­noxe du prin­temps.

Pierre Lion ex­plique que « j’ai ins­tal­lé le ca­dran so­laire à l’école pour que mon sa­voir ne soit pas per­du, que les en­fants se posent des ques­tions et que ce­la leur reste en images. C’était im­por­tant aus­si pour moi, de des­si­ner la rose des vents, pour que les en­fants se re­pèrent. Ils gar­de­ront les in­for­ma­tions en mé­moire et ce­la les ai­de­ra même à com­prendre com­ment fonc­tionne un GPS. »

Der­nière montre à l’âge de 20 ans

La pas­sion de Pierre Lion pour les ca­drans so­laires est une his­toire fa­mi­liale, « il y a des ca­drans so­laires à La Car­neille, da­tés de 1812, 1822…, faits par un de mes an­cêtres, Jean Le­gal­lois, qui était hor­lo­ger à La Car­neille. Il était le grand­père de mon ar­rière-grand- père ma­ter­nel. Je per­pé­tue la tra­di­tion avec les moyens mo­dernes. »

Pierre Lion a 8 ca­drans so­laires dis­sé­mi­nés dans son jar­din et sur les murs de sa mai­son « par­tout où je suis, ce­la me per­met de voir l’heure du so­leil. Ma der­nière montre, j’avais 20 ans.

Pierre Lion est in­ta­ris­sable sur le su­jet, « avant un ca­dran so­laire avait un bâ­ton plan­té dans le sol, main­te­nant il est pa­ral­lèle à l’axe du monde. Le prin­cipe du ca­dran so­laire re­pose sur la pro­jec­tion de l’ombre d’une tige, ap­pe­lée style ou an­cien­ne­ment Gno­mon, sur un sup­port gra­dué, la table, le so­leil ef­fec­tuant une ré­vo­lu­tion ap­pa­rente toutes les 24 heures. Les plus cou­rants sont les ca­drans ho­ri­zon­taux, pla­cés sur des co­lonnes dans les jar­dins, et les ca­drans ver­ti­caux mé­ri­dio­naux, à la fa­çade des mai­sons et églises. Le ca­dran vertical doit son nom au fait qu’il re­garde le mi­di. Il est ef­fec­ti­ve­ment pla­cé sur un mur vertical orien­té vers le sud, dans un plan per­pen­di­cu­laire au plan mé­ri­dien. Mal po­si­tion­né, il de­vient un ob­jet in­utile. »

La plu­part des ca­drans so­laires ont une de­vise gra­vée, « la de­vise as­so­ciée au ca­dran lui donne sa per­son­na­li­té. Sur les ca­drans mo­dernes, elle est moins sou­vent en la­tin, mais tou­jours em­preinte de phi­lo­so­phie. Elle peut être ti­rée d’une oeuvre lit­té­raire ou for­mer une maxime sen­ten­cieuse. »

Créer un site in­ter­net

Sur les ca­drans so­laires de Pierre Lion, on peut lire, « sou­viens-toi de vivre », « sol om­ni­bus lu­cet » (le so­leil brille pour tout le monde), « l’hi­ron­delle re­vient, le temps fuit », « Sem­per Ami­cis Ho­ra » (il est tou­jours l’heure pour les amis), « je suis juste, soyez-le aus­si », « don­ne­moi le so­leil, je te don­ne­rai l’heure », « fai­sons-le bien tant que nous avons le temps », « la mai­son est triste sans so­leil »….

« À la Car­neille, sur le ca- dran so­laire de 1812 de mon an­cêtre, il est ins­crit : « so­lis or­tu usque ad oc­ca­sun lau­da­bile no­men do­mi­ni » (Que du le­ver du so­leil jus­qu’à son cou­cher, le nom du Sei­gneur soit bé­ni). »

« On re­la­ti­vise notre exis­tence par rap­port à l’uni­vers. L’étude des ca­drans so­laires est un thème plu­ri­dis­ci­pli­naire et per­met d’ap­pro­fon­dir la géo­gra­phie les ma­thé­ma­tiques, la géo­mé­trie, le des­sin, d’abor­der l’as­tro­no­mie, le sys­tème so­laire et la mé­ca­nique cé­leste et pour­quoi pas un peu de phi­lo­so­phie », com­mente Pierre Lion.

Des­si­na­teur in­dus­triel à la re­traite, Pierre Lion se consacre à sa pas­sion et veut trans­mettre ses connais­sances, « j’ai­me­rai faire un site in­ter­net pour don­ner tout ce que je sais et que cha­cun puisse construire son propre ca­dran so­laire. Pour ce­la il me fau­drait de l’aide pour dé­ve­lop­per une ap­pli­ca­tion pour que ce soit ac­ces­sible à tout un cha­cun. »

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